Conscription : 8 blessés lors d’une manifestation haredi qui dégénère près de Tel Aviv
La police arrête 5 personnes et utilise grenades assourdissantes et matraques, suscitant des critiques de Ben Gvir, pourtant partisan de la fermeté contre d’autres manifestations
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Des manifestants haredim ont bloqué la circulation mercredi matin près de Bnei Brak lors d’une manifestation contre la conscription qui a dégénéré en violences, la police ayant utilisé des grenades assourdissantes et des matraques pour disperser les participants.
Cinq manifestants ont été arrêtés au cours de cette manifestation, qui a bloqué la circulation dans les deux sens sur la Route 4, à l’est de Tel Aviv, en pleine heure de pointe matinale.
Huit manifestants ont été légèrement blessés lors des heurts, a indiqué le service de secouristes Hatzalah au journal Haaretz.
Des policiers ont été filmés en train de déchirer les pantalons de manifestants alors qu’ils les traînaient hors de l’autoroute, lançant des grenades assourdissantes et frappant les protestataires à coups de matraque, des scènes qui ont suscité de vives condamnations de la part des responsables politiques ultra-orthodoxes.
Une rangée de policiers s’est alignée devant un groupe de manifestants assis sur la chaussée, leur a lancé des grenades assourdissantes, puis s’est précipitée sur eux en les frappant à coups de matraque.
Dans une autre vidéo, le commandant du commissariat de Bnei Brak, le commissaire Yuval Shavit, est vu en train de déchirer le pantalon d’un homme ultra-orthodoxe alors qu’il le traîne hors de l’autoroute.
Dans un communiqué, la police a indiqué que plusieurs manifestants s’étaient glissés sous des véhicules pour tenter d’empêcher le dégagement de la route après que la manifestation contre l’arrestation des réfractaires a été déclarée illégale.
הפגנה בכביש 4: עימותים קשים בין המפגינים למשטרה pic.twitter.com/gzFBST7SFa
— כאן חדשות (@kann_news) June 17, 2026
On a pu voir un garçon marcher, le visage ensanglanté, au milieu de cette manifestation chaotique, tandis que des agents bousculaient des hommes ultra-orthodoxes refusant de quitter la chaussée.
במשטרה מתעקשים: הילד לא נפגע מאלימות שוטרים, פניו פגעו בברגים של לוחית רישוי של רכב ובשל כך נפצע https://t.co/dpdZOPVll5
— יואלי ברים yoeli brim (@yoeli_brim) June 17, 2026
À la suite de ces violences, la Faction de Jérusalem, un groupe radical à l’origine de cette manifestation surprise, a menacé de saisir la Haute Cour de justice pour dénoncer une prétendue « application sélective de la loi » à l’encontre des manifestants haredim.
L’organisation a accusé « la police de Ben Gvir » d’avoir agi « avec une violence humiliante et effrénée envers les manifestants, en recourant à des mesures sévères et à des méthodes choquantes qui enfreignent les dispositions légales ».
« Si ce comportement inacceptable persiste, nous avons l’intention de saisir la Haute Cour de justice dans un avenir proche », a déclaré le porte-parole du groupe.
De son côté, Meir Porush (Yahadout HaTorah) a comparé le comportement de la police à la répression observée en Turquie et en République islamique d’Iran, estimant qu’il était indigne « d’un pays gouverné par des Juifs » qui « se prétend également démocratique ».
« Itamar Ben Gvir, réveille-toi ! », a déclaré Aryeh Deri, chef du Shas, accusant à tort la police d’appliquer un double standard envers les manifestants haredim par rapport aux manifestants antigouvernementaux. « Lève-toi maintenant et mets fin aux violences policières contre les érudits de la Torah ! »
De son côté, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui avait par le passé approuvé le recours à une force importante contre des manifestants antigouvernementaux, a publié un communiqué appelant la police à n’utiliser les grenades assourdissantes que dans des « cas exceptionnels ».
L’homme politique ultra-nationaliste a indiqué qu’il organiserait une « réunion d’urgence » afin de s’assurer que les forces de l’ordre n’auront recours à cette mesure que dans des « cas exceptionnels et conformément au règlement de la police ».
« Si leur utilisation ne se limite pas à ces cas, il n’y aura plus de grenades assourdissantes au sein de la police », a-t-il écrit.
L’opposition soudaine du ministre ultranationaliste à l’utilisation des grenades assourdissantes par la police tranche fortement avec son soutien passé aux agents qui avaient eu recours à cet outil de dispersion, susceptible de provoquer des blessures lorsqu’il est lancé directement sur une personne, contre des manifestants antigouvernementaux.
Ben Gvir avait notamment soutenu publiquement les policiers qui avaient lancé des grenades assourdissantes au milieu d’une foule de manifestants antigouvernementaux à Tel Aviv, lors d’une manifestation en mars 2023, entraînant l’hospitalisation de deux personnes.
Le commandant de police présent sur place, le commissaire Meir Suissa, avait ensuite été inculpé puis condamné pour avoir lancé une grenade assourdissante qui avait touché une manifestante au visage, lui causant des blessures et une défiguration faciale qui avaient nécessité une intervention de chirurgie esthétique.
À la suite de cet incident, Ben Gvir avait tenté de promouvoir Suissa en le nommant à la tête du commissariat du sud de Tel Aviv, mais cette décision avait été annulée par le tribunal de district de Jérusalem.
Les manifestations de mercredi se sont inscrites dans une vague de manifestations violentes et perturbatrices contre le renforcement des mesures visant à arrêter les réfractaires au service militaire, et elles sont intervenues moins d’une semaine après que des milliers de haredim ont bloqué les autoroutes et les voies ferrées du centre d’Israël jeudi dernier.
Il y a deux semaines, des dizaines d’extrémistes ultra-orthodoxes ont brisé des vitres et causé des dégâts matériels en tentant de s’introduire dans la maison du président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, au cours d’une émeute.
Auparavant, un groupe de manifestants haredim s’était introduit dans l’enceinte d’un commissariat de police à Beit Shemesh, où ils avaient provoqué des émeutes et des affrontements avec les agents. Et en avril, des membres de la faction radicale de Jérusalem s’étaient introduits au domicile du chef de la police militaire alors que sa famille se trouvait à l’intérieur.
Des radicaux haredim ont également tenté récemment de faire irruption dans le commissariat du quartier russe de Jérusalem.
La Faction de Jérusalem s’est ouvertement vantée d’avoir perturbé les opérations policières menées contre les réfractaires, mais a largement réussi à échapper à toute poursuite judiciaire.
Ariela Karmel a contribué à cet article.
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