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La santé mentale des survivants est une « urgence nationale », dit le père de Roei Shalev

Ronen Shalev, dont le fils s'est suicidé deux ans après le meurtre de sa petite amie, a appelé à un changement du système : "Ce sont 4 000 familles brisées, des survivants qui s'accrochent tant bien que mal à la vie"

Roei Shalev (à droite) et Mapal Adam sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)
Roei Shalev (à droite) et Mapal Adam sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)

Deux jours après le suicide de Roei Shalev, qui avait survécu au massacre commis par le Hamas au festival de musique électronique Nova, le père du défunt a lancé un appel vibrant à la nation dans la journée de dimanche, sommant les autorités d’accorder le statut « d’urgence nationale » à la crise à laquelle sont confrontés les survivants du pogrom du 7-Octobre.

Shalev, dont la petite amie Mapal Adam avait été assassinée sous ses yeux alors qu’il tentait de la protéger lors de la rave-party, le matin du 7 octobre 2023, a été retrouvé mort vendredi soir dans une voiture incendiée sur la Route 2, près de Netanya. Quelques heures auparavant, il avait diffusé un message sur les réseaux sociaux expliquant qu’il « n’en pouvait plus » et dans lequel il demandait pardon. Il n’avait que 30 ans.

Hilly Solomon, son amie proche, avait également été tuée lors de l’attaque sanglante du Hamas sur le site de Nova. La mère de Shalev, qui était apparemment très proche de sa fille, s’était suicidée deux semaines après le 7-Octobre.

« Ne m’en voulez pas, je vous en prie…Personne ne me comprendra jamais, et ce n’est pas grave parce que vous ne pouvez pas me comprendre. Je veux juste que toute cette souffrance cesse. Je suis en vie, mais à l’intérieur, tout est mort », avait écrit Shalev sur les réseaux sociaux vendredi dans la soirée.

Le trentenaire s’est suicidé trois jours seulement après le deuxième anniversaire du meurtre de sa petite amie et de son amie.

« Nous devons médiatiser cette question, nous devons la traiter comme une urgence nationale », a déclaré son père, Ronen Shalev, dans une interview accordée à Ynet qui a été publiée dimanche.

Des personnes se rendent sur le site du festival Supernova, où des centaines de personnes ont été tués et enlevés par le Hamas puis emmenés à Gaza, alors qu’Israël commémore le deuxième anniversaire de l’attaque, près du kibboutz Reim, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le pays doit « promouvoir et mettre en place un système approprié et professionnel spécialement destiné à traiter les familles Nova », a ajouté Shalev. « Je les appelle les familles Nova parce que c’est finalement quelque chose de très large : ce sont des familles entières, y compris les survivants, les parents et les frères et sœurs qui sont amenées à payer le prix fort ».

Shalev a fait remarquer que le festival de musique électronique avait accueilli environ 4 000 personnes – et qu’il n’avait pas été un événement mineur.

« Il y a 4 000 familles brisées, 4 000 survivants qui s’accrochent tant bien que mal à la vie – avec ou sans traitement, avec ou sans soutien – mais qui s’accrochent à la vie avec beaucoup de difficulté », a-t-il souligné.

Évoquant le combat mené par son fils suite à cet événement traumatisant, Shalev a fait savoir que « pour commencer, il n’a pas reçu un traitement suffisant. Il ne le souhaitait probablement pas assez. Cette question doit être portée à l’attention du grand public – et en particulier la nécessité d’encourager les survivants à vouloir se faire soigner ».

« Nombreux sont ceux qui ne le souhaitent tout simplement pas », a-t-il noté. « Ils pensent qu’ils vont bien, qu’ils s’en sortiront ».

Les lieux du Festival Supernova où des centaines d’Israéliens ont été tués et enlevés par des terroristes du Hamas lors de l’assaut du 7 octobre, à proximité du kibboutz Reïm, le 12 octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Ils ne comprennent pas à quel point ils en ont pourtant besoin », a-t-il insisté dans l’interview.

« Il faut beaucoup de sensibilisation et de soutien », a-t-il poursuivi. « Et c’est le cas également pour les parents, pour qu’ils sachent comment expliquer les choses à leurs enfants, pour qu’ils puissent bénéficier d’un traitement ».

« Un traitement aide », a-t-il affirmé. « Ces traitements sauvent des vies ».

Shalev a ensuite expliqué que rien n’avait pu lui laisser penser que son fils envisageait de mettre fin à ses jours : « C’était un enfant plein de vie, le plus heureux du monde… Nous n’avons rien vu venir ».

« Nous savions qu’il ne se sentait pas bien, psychologiquement parlant, depuis quatre jours », a confié Shalev à Ynet, en particulier après les commémorations qui avaient été organisées au sein de l’État juif à l’occasion du deuxième anniversaire du 7 octobre.

Shalev a toutefois répété : « Je n’aurais jamais imaginé que ça en arriverait là ».

La police et les secours sur les lieux où Roei Shalev a été retrouvé mort dans une voiture incendiée près d’Udim, le 10 octobre 2025. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

« Le ministère de la Défense nous a fait savoir qu’il allait être reconnu comme victime des hostilités, ce qui est une bonne chose », a ajouté Shalev – qui a fait remarquer qu’il restait, malgré tout, beaucoup à faire pour les autres survivants et pour les proches des victimes. « Je regarde les autres familles, et il y en a beaucoup qui ont perdu quelqu’un – elles devraient toutes être automatiquement reconnues comme victimes, y compris celles dont les proches se sont suicidés ».

« Le problème, c’est ce deuxième cercle : ceux qui se sont suicidés par la suite, les parents qui se sont donné la mort », a-t-il expliqué. « La mère de Roei s’est également suicidée à cause des événements du 7 octobre, et son statut de victime n’a toujours pas été reconnu. Nous nous battons pour qu’elle le soit, elle aussi. »

La mère de Shalev s’était suicidée deux semaines après le pogrom. Selon la chaîne publique Kan, elle avait également mis le feu à sa voiture.

Une femme réagit devant l’un des mémoriaux dédiés aux victimes des attentats du 7 octobre 2023, sur le site du Nova Festival à Reim, dans le sud d’Israël, à l’occasion du deuxième anniversaire des attentats, le 7 octobre 2025 (Crédit : JOHN WESSELS / AFP).

Plus de 370 personnes ont été massacrées lors de la rave-party – quand des terroristes palestiniens avaient pris d’assaut la frontière entre Gaza et Israël, le 7 octobre 2023, aux premières heures de la matinée. Les hommes armés avaient commis un carnage sur le site du festival de musique électronique et dans les communautés voisines, commettant des atrocités et utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.

Des dizaines de personnes avaient été enlevées et prises en otage à Gaza. Un grand nombre d’entre elles sont encore retenues en captivité, plus de deux ans après le massacre qui avait été à l’origine de la guerre.

L’année dernière, Shirel Golan, une survivante du festival Nova âgée de 22 ans, s’était suicidée après s’être battue, pendant un an, contre un trouble de stress post-traumatique, avait annoncé sa famille.

Un cessez-le-feu a été conclu la semaine dernière pour mettre fin au conflit, et les 48 otages restants, dont vingt seraient encore en vie, devraient faire leur retour en Israël lundi.

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