La taxe de 15 % imposée par Trump sur les importations d’Israël entre en vigueur
Le ministère des Finances tente de minimiser cette mesure, soulignant que ce taux est le plus bas parmi tous les pays qui ont un déficit commercial avec les États-Unis
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Le droits de douane de 15 % imposé par les États-Unis sur les importations en provenance d’Israël est entré en vigueur jeudi. Cette mesure pourrait coûter des milliards de dollars au pays dans le cadre d’un régime de droits de douane internationaux radical imposé par l’administration Trump.
Cette mesure constitue un revers pour Israël, qui avait initialement espéré éviter cette taxe, puis avait cherché à la faire réduire. Le marché des exportations et les recettes fiscales devraient en pâtir, et les dégâts pourraient s’aggraver si le président américain Donald Trump mettait à exécution son projet de taxer lourdement les semi-conducteurs.
Les États-Unis sont le plus proche allié et le premier partenaire commercial d’Israël. En 2024, les États-Unis ont importé pour 22,2 milliards de dollars de biens et services en provenance d’Israël, soit 7,4 milliards de plus que ce qu’ils ont exporté vers ce pays. Le droit de douane de 15 % est le même que celui imposé à l’Union européenne, à la Corée du Sud et au Japon.
Le ministère israélien des Finances a tenté de minimiser cette décision, soulignant que le taux de 15 % était « le plus bas parmi les pays qui ont un déficit commercial avec les États-Unis », ce qui, selon lui, « reflète le dialogue en cours entre Israël et l’administration américaine dans le but de parvenir à un accord amélioré ».
Ces droits de douane font partie d’un nouveau système américain qui concerne les marchandises provenant de plus de 90 pays. Selon Trump, ces droits sont nécessaires pour récupérer l’argent et le respect que d’autres pays ont pris aux États-Unis.
Ses détracteurs, parmi lesquels figurent la plupart des économistes traditionnels, affirment que ces mesures sèmeront le chaos dans l’économie mondiale et se traduiront en grande partie par une hausse des prix pour les consommateurs américains. Elles ont déjà provoqué une incertitude dans l’économie américaine, avec un ralentissement de la croissance et un rapport mensuel sur l’emploi plutôt décevant.
« Je pense que la croissance sera sans précédent », a déclaré Trump mercredi après-midi. Il a ajouté que les États-Unis « percevaient des centaines de milliards de dollars de droits de douane », mais n’a pas pu fournir de chiffre précis concernant les recettes, car « nous ne connaissons même pas le montant final » des taux tarifaires.
Pendant des mois, Israël a tenté de lutter contre cette mesure tarifaire. En avril, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était rendu à la Maison Blanche pour en discuter en personne. Mais lors de cette visite, lorsqu’il a été interrogé sur une éventuelle annulation de la taxe sur les produits israéliens, Trump était resté évasif.
« N’oubliez pas que nous aidons beaucoup Israël », avait alors déclaré Trump depuis le Bureau ovale, en présence de Netanyahu. « Nous donnons 4 milliards de dollars par an à Israël, c’est beaucoup. »
Ces derniers mois, les discussions entre Israël et les États-Unis visaient à ramener ce taux à 10 %, mais elles n’ont pas abouti. Néanmoins, ce taux de 15 % est inférieur aux 17 % initialement annoncés par Trump. L’Association des fabricants israéliens a averti que le taux de 17 % pourrait entraîner la perte de 26 000 emplois en Israël.
Selon Ron Tomer, président de l’association, les exportations israéliennes subiront un manque à gagner annuel de 2 à 4 milliards de dollars.
Une enquête menée par Kobi Zalicha, associé chez Moore Israel – Lion Orlitzky & Co, cabinet comptable qui fournit des services aux entreprises exportatrices vers les États-Unis, estime qu’Israël perdra plus d’un milliard de shekels en recettes fiscales.
« Au moins un tiers des exportateurs vers les États-Unis ont baissé leurs prix sur le marché américain afin de compenser la perte de compétitivité résultant de l’imposition de la taxe », indique l’enquête.
« Bien que la réduction ne soit que de quelques points de pourcentage, cela signifie une baisse des impôts qu’ils doivent à Israël, c’est-à-dire une baisse des impôts qu’ils verseront à l’État. »
Selon lui, ces droits de douane devraient entraîner « des pertes et une baisse des revenus des entreprises ». Il a ajouté que des suppressions d’emplois étaient « très probables ».
Trump a déclaré qu’il prévoyait d’imposer des droits de douane de 100 % sur les semi-conducteurs produits par des entreprises situées en dehors des États-Unis. Selon Tomer, si ces droits de douane s’étendaient aux composants pharmaceutiques et aux semi-conducteurs, 20 000 à 33 000 Israéliens pourraient perdre leur emploi.
L’impact des droits de douane actuellement imposés par les États-Unis sur les exportations technologiques d’Israël, qui représentent 53 % des exportations totales du pays vers les États-Unis, devrait être limité, car ces droits ne s’appliqueront pas aux services, qui représentent environ 70 % de ces exportations. En revanche, les 30 % restants, à savoir les biens matériels (principalement des machines, des équipements industriels et des produits similaires), seront touchés.
Israël bénéficie d’un taux inférieur à celui d’autres pays qui, dans certains cas, ont été pénalisés pour avoir contrarié la volonté de Trump. Les importations en provenance de Taïwan, du Vietnam et du Bangladesh sont taxées à 20 %. L’Inde est soumise à un droit de douane de 50 %, en partie parce qu’elle achète du pétrole russe, ce qui va à l’encontre des exigences des États-Unis, tandis que le Brésil est soumis au même taux, vraisemblablement en raison des poursuites engagées contre l’ancien président Jair Bolsonaro, un allié de Trump.
Trump a récemment déclaré que l’intention du Canada de reconnaître un État palestinien « rendrait très difficile la conclusion d’un accord commercial avec eux ».
L’économiste Shlomo Maoz estime que le droit de douane de 15 % pourrait signifier qu’Israël s’en tire à bon compte.
« S’ils avaient taxé uniquement Israël, nous aurions été durement touchés, car nos exportations vers les États-Unis auraient cessé d’être compétitives », a déclaré Maoz.
« Mais le monde entier est taxé, et le taux est encore plus élevé pour certains pays, les dommages pour nous seront donc relativement faibles. »
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