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Analyse

L’alerte d’une possible attaque contre Eilat accueillie avec scepticisme, pas la menace houthie

Alors que le chef du Shin Bet a, semble-t-il, averti qu'une attaque type 7-Octobre pourrait viser cette ville isolée du sud, des experts estiment que si le groupe terroriste yéménite le voulait, il ne le pourrait probablement pas

Stav Levaton

Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Des partisans des Houthis brandissant une banderole à l'effigie de leur chef, Abdul Malik al-Houthi, lors d'un rassemblement contre Israël et la guerre entre les États-Unis et l'Iran, à Sanaa, au Yémen, le 3 avril 2026. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)
Des partisans des Houthis brandissant une banderole à l'effigie de leur chef, Abdul Malik al-Houthi, lors d'un rassemblement contre Israël et la guerre entre les États-Unis et l'Iran, à Sanaa, au Yémen, le 3 avril 2026. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)

Depuis que le groupe terroriste palestinien du Hamas a lancé, il y a près de trois ans, son offensive transfrontalière sans précédent contre le sud d’Israël, les Israéliens restent extrêmement vigilants face à la perspective d’une nouvelle incursion surprise le long de leurs frontières.

Au lendemain du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, l’attention s’était tournée vers le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, à la frontière nord. Toutefois, des déclarations récentes laissent craindre que la menace la plus grave ne vienne en réalité d’un adversaire plus lointain et peut-être sous-estimé : le groupe terroriste chiite yéménite des Houthis.

Selon plusieurs sources des services de sécurité qui ont été citées, sous couvert d’anonymat, dans un article du journal Haaretz le mois dernier, le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, David Zini, aurait averti en privé que la station balnéaire d’Eilat, dans le sud du pays, pourrait être la cible d’une attaque de grande envergure similaire à celle du 7-Octobre, au cours de laquelle plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 enlevées et emmenées à Gaza.

Selon l’article de Haaretz, Zini aurait ordonné à plusieurs hauts responsables de l’agence de sécurité intérieure d’accorder la plus haute priorité aux préparatifs visant à se défendre contre une invasion terrestre coordonnée et une attaque menées par plusieurs groupes terroristes, avec la participation des Houthis, ces terroristes yéménites soutenus par la République islamique d’Iran, depuis le territoire jordanien ou par la mer.

Ce proxy iranien – dont le slogan est : « Mort à l’Amérique, Mort à Israël, [et] Malédiction sur les Juifs » – est basé à quelque 1 800 kilomètres d’Israël. Mais cela ne l’a pas empêché de prendre l’État hébreu pour cible par le passé. Bien qu’ils aient tiré des missiles et lancé des drones sur Eilat, bien qu’ils aient mené des attaques contre des navires en mer Rouge et perturbé les voies commerciales maritimes, les Houthis n’ont jamais tenté d’incursions terrestres ou maritimes sur le territoire israélien. Si l’on peut se demander si ce groupe terroriste est capable de mener une offensive d’envergure aussi loin de son territoire, les analystes s’accordent à dire qu’il en a indubitablement la volonté.

Située au bord de la mer Rouge, à plusieurs heures de route de toute autre grande ville israélienne, Eilat est également la ville la plus proche du fief des Houthis, ce qui en fait un point d’entrée probable et ce qui rend la région particulièrement vulnérable, craignent certains.

Le directeur de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, David Zini, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem lors de Yom HaZikaron, le 21 avril 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Selon des responsables cités par Haaretz, le chef du Shin Bet considérerait la région d’Eilat comme particulièrement vulnérable sur le plan sécuritaire en raison de son isolement relatif.

Si la brigade régionale « Yoav » de l’armée israélienne, qui relève du Commandement du Sud, est chargée de défendre la bande de territoire peu peuplée qui s’étend de la mer Morte à Eilat, l’éloignement de cette dernière par rapport aux principales formations terrestres de Tsahal pourrait ralentir l’arrivée de renforts en cas d’attaque surprise de grande envergure. Les troupes terrestres devraient principalement emprunter les Routes 90 et 12, qui traversent le Néguev, pour atteindre la station balnéaire.

La région d’Eilat dispose toutefois de la base aérienne d’Ovda de l’armée de l’air israélienne et de la base navale d’Eilat de la marine israélienne, qui offrent d’importantes capacités aériennes et maritimes. Cependant, les avions de chasse et les corvettes pourraient s’avérer être peu efficaces face à des envahisseurs de type guérilla opérant dans la discrétion.

Tsahal organise régulièrement des exercices militaires dans la région d’Eilat, le dernier en date ayant eu lieu le 23 juin. Un porte-parole de l’armée a déclaré au Times of Israel que cet exercice était habituel et n’avait pas été motivé par les avertissements de Zini, tout en soulignant qu’« Israël est toujours prêt sur tous les fronts ».

Parallèlement, le centre hospitalier Yoseftal d’Eilat, l’unique hôpital situé à l’extrême sud d’Israël, aurait temporairement renforcé ses effectifs en mobilisant des professionnels de santé provenant d’autres régions du pays, en prévision d’un éventuel scénario impliquant un grand nombre de victimes.

« En raison du manque d’infrastructures sanitaires, de la pénurie de personnel soignant et des longues distances d’évacuation, nous avons élaboré un plan spécifique pour la ville d’Eilat dès le début de [la guerre à Gaza], qui prévoit le renforcement des capacités – tant de l’hôpital Yoseftal que de tous les hôpitaux environnants – afin d’apporter la meilleure prise en charge possible aux blessés », avait expliqué le Dr. Sigal Lieberant, responsable de la division de médecine générale du ministère de la Santé, aux journalistes en mars, selon le site d’information Ynet.

Ces mesures sont toutefois plus probablement liées aux attaques de missiles et de drones qui ont secoué Eilat par le passé, la plus récente remontant au mois de mars, lorsqu’un missile iranien doté de sous-munitions a frappé la ville, blessant trois personnes.

Des sources de sécurité citées dans l’article de Haaretz ont émis des doutes quant à la probabilité d’une attaque terrestre, l’une d’entre elles déclarant au journal que « personne au sein des services de sécurité ne sait sur quelles informations [Zini] s’appuie ».

Une corvette de classe Saar 6 équipée d’une batterie de missiles Dôme de fer patrouillant au large d’Eilat, le 10 février 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Cependant, certains experts estiment que les préoccupations de Zini, rapportées par le quotidien, ne sont pas infondées.

Évaluer la menace

Ari Heistein, un expert des affaires yéménites basé en Israël, a expliqué au Times of Israel qu’il ne fallait pas écarter d’emblée la possibilité d’une incursion des Houthis.

« Nous ne devons pas exclure une attaque [houthie] multidomaine combinant les axes aériens, terrestres et maritimes, à l’image de celle lancée par le Hamas le 7-Octobre », a déclaré Heistein, chercheur au Jerusalem Institute for Strategy and Security (JISS).

Il a averti que les Houthis sont « capables de s’adapter et font preuve de créativité, et qu’Israël ne doit pas s’attendre à ce qu’ils agissent de manière prévisible », ajoutant que l’un des principaux enseignements à tirer du 7-Octobre devait être « la puissance de la surprise ».

L’attaque du Hamas, un assaut transfrontalier impliquant des roquettes, des drones, des parapentes et des incursions terrestres coordonnées dans des dizaines de localités, a bouleversé les hypothèses de longue date concernant les vulnérabilités d’Israël en matière de sécurité, soulignant les risques liés à la négligence des scénarios d’attaque non conventionnels.

À la suite de l’avertissement rapporté de Zini, Yossi Mansharof, expert de l’Iran et de l’islam politique chiite à l’Institut Misgav pour la sécurité nationale et la stratégie sioniste, a publié sur le réseau social X un extrait vidéo montrant un exercice militaire des Houthis simulant un assaut armé contre une communauté israélienne, diffusé par Al Jazeera en février 2024.

« Depuis plus d’un an maintenant, je mets en garde, dans mes différentes publications, contre un changement significatif du paysage des menaces : les Houthis ne se contentent pas de lancer des missiles et des drones, mais s’entraînent activement à une invasion terrestre d’Israël », a écrit Mansharof dans son message.

Selon une analyse publiée par Mansharof en novembre, les Houthis « mènent des exercices simulant une invasion terrestre d’Israël » depuis le début de la guerre à Gaza.

« Leurs médias ont documenté des manœuvres impliquant des infiltrations par des tunnels, la prise de bases israéliennes et l’enlèvement de soldats. Ces exercices incluent l’utilisation de drones, de chars, de mitrailleuses, de missiles et de roquettes, des moyens destinés à faciliter la conquête du territoire israélien », a-t-il averti.

Selon lui, les Houthis ont également mis en place au sein de leurs rangs un programme d’entraînement intitulé « Déluge d’Al-Aqsa», le même nom que celui utilisé par le Hamas pour désigner son assaut du 7-Octobre. Mansharof a écrit que cet entraînement « vise à préparer des milliers d’agents à traverser l’Arabie saoudite ou l’Irak pour se rendre en Jordanie, s’y armer, puis envahir Israël par l’est ».

D’autres analystes se sont toutefois montrés plus sceptiques quant à la probabilité d’une incursion des Houthis.

Des Houthis scandant des slogans lors d’une célébration commémorant le martyre, au VIIᵉ siècle, de l’imam Hussein, l’un des petits-fils du prophète Mahomet et l’un des saints les plus vénérés de l’islam chiite, à Sanaa, au Yémen, le 25 juin 2026. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)

Jonathan Ruhe, expert militaire au sein du Jewish Institute for National Security Affairs (Institut juif pour les affaires de la sécurité nationale ou JINSA), s’est dit « surpris » par l’avertissement de Zini rapporté par Haaretz.

Si Ruhe ne doute pas de l’intention des Houthis de nuire à Israël, il s’interroge toutefois sur les capacités opérationnelles de ce groupe terroriste à mener une telle attaque, soulignant « qu’il ne dispose pas vraiment de capacités expéditionnaires ».

« Il est important que chacun garde à l’esprit que des choses qui semblaient autrefois fantaisistes sont toutes devenues réalité ces deux dernières années – dans un monde post-7-Octobre, tout est possible », a-t-il toutefois souligné.

Atteindre Israël

Heistein a insisté sur le fait que les Houthis disposent de plusieurs voies possibles pour lancer une opération terrestre, et qu’« Israël devrait toutes les surveiller ».

« Le Yémen n’a pas de frontière commune avec Israël ; par conséquent, quel que soit le pays d’où ils lanceraient une attaque, il est peu probable que celui-ci accueille favorablement des radicaux étrangers qui stockeraient des armes sur son sol », a-t-il expliqué.

« Mais les États dont la souveraineté est affaiblie pourraient ne pas parvenir à détecter et à contrecarrer de tels projets, et c’est pour cette raison que ce risque ne peut être écarté. »

L’avertissement rapporté de Zini vient s’ajouter à une série d’alertes lancées par des responsables israéliens concernant la menace d’une invasion terrestre par les Houthis. En novembre, le ministre de la Défense, Israel Katz, aurait déclaré devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset que des groupes armés en Syrie, dont les Houthis, envisageaient d’envahir le plateau du Golan.

Des soldats de l’unité Shaldag de l’armée de l’air israélienne effectuant un exercice dans la zone des hôtels de la mer Morte, à la frontière jordanienne, le 15 mai 2026. (Crédit : Armée israélienne)

« Compte tenu des liens étroits entre les Houthis et le Hezbollah, ils pourraient tenter une attaque par la frontière nord d’Israël, mais il s’agit d’une zone restreinte et étroitement surveillée », a déclaré Heistein, qui a plutôt désigné le front jordanien, plus long et plus difficile à surveiller, où « la contrebande est déjà importante », comme une option plus plausible.

Au cours de la dernière année et demie, des tentatives fréquentes ont eu lieu pour faire passer des armes et de la drogue par la frontière jordanienne.

Heistein a suggéré que les Houthis pourraient s’associer à « des réseaux criminels bien établis ou à d’autres groupes terroristes » en Jordanie afin de renforcer une telle opération.

Ruhe a déclaré qu’il n’excluait pas un tel scénario, mais que les contraintes géographiques limiteraient une attaque houthie à un « assaut de type terroriste » à petite échelle plutôt qu’à une opération de plus grande envergure, à l’image de celle du 7-Octobre, en raison de la difficulté à faire passer clandestinement des terroristes du Yémen vers Israël sans être détectés. Ce trajet de 2 030 kilomètres nécessiterait en effet de traverser l’Arabie saoudite et la Jordanie, deux pays peu favorables aux Houthis.

Un partisan des Houthis yéménites brandissant une pancarte sur laquelle figurent les visages des défunts dirigeants palestiniens du Hamas , Ismaïl Haniyeh et Yahya Sinwar, ainsi que ceux des défunts dirigeants libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah et Hashem Safieddine, lors d’un rassemblement anti-Israël de solidarité avec Gaza et le Liban, à Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis, le 25 octobre 2024. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)

Comparant les Houthis à d’autres groupes terroristes mandataires de l’Iran, tels que le Hamas et le Hezbollah, Ruhe a déclaré : « Une grande partie de cette menace réside dans la proximité… Les Houthis n’ont tout simplement pas ce niveau d’accès à Israël. »

« D’ici à ce que les Houthis – en supposant qu’ils parviennent à aller aussi loin – atteignent Israël, ils auraient parcouru un long chemin et ils ne seraient plus en mesure de mener une attaque à très grande échelle », a-t-il expliqué. Même une petite incursion terrestre, combinée à des attaques de missiles et de drones, n’aurait qu’une portée limitée.

« Israël a globalement démontré sa capacité à gérer ce type de situation », a déclaré Ruhe.

Heistein a noté que, si une invasion houthie pouvait aller « d’un assaut à petite échelle mené par une poignée de combattants équipés d’armes légères, ce qui relèverait essentiellement d’une opération de propagande, à une invasion à grande échelle », cette dernière serait « bien plus difficile à orchestrer et à mener à bien ».

Il n’existe aucune preuve publique indiquant que les plans d’une attaque contre Israël aient dépassé le stade de l’entraînement au Yémen, mais les événements récents ont mis en évidence les inquiétudes quant à la vulnérabilité de la région d’Eilat face à une attaque maritime.

L’un de ces incidents a été une tentative d’infiltration à Eilat depuis la Jordanie par la mer, le 29 mai.

Selon Tsahal, des marins du 916ᵉ escadron, à bord d’un patrouilleur de classe Dvora, ont repéré un suspect à bord d’un scooter des mers qui avait pénétré dans les eaux israéliennes au large de la baie d’Eilat. Après avoir tiré des coups de semonce, les soldats ont ouvert le feu sur le suspect avant qu’il ne fasse demi-tour vers la Jordanie.

Une source militaire a ajouté que le suspect avait été blessé, probablement par les tirs, et qu’il était interrogé par les services de sécurité jordaniens.

Un navire de guerre israélien au large de la côte de Haïfa, le 6 août 2024. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Cependant, Ruhe a largement écarté la menace d’une attaque navale menée par les Houthis.

« Ils ne disposent pas vraiment d’une quelconque capacité d’assaut amphibie leur permettant de parcourir toute la longueur de la mer Rouge », a-t-il affirmé.

« Les opérations amphibies sont ce qu’il y a de plus difficile à mener pour n’importe quelle armée », a ajouté Ruhe, soulignant que même « la marine israélienne aurait du mal à mener un assaut dans la direction opposée ».

Les attaques amphibies à grande échelle exigent en effet des forces armées capables de transporter des troupes et du matériel lourd en pleine mer, de débarquer sur des côtes souvent défendues, puis d’assurer le ravitaillement des forces à terre, ce qui constitue une opération complexe sur les plans logistique et opérationnel et rare dans la guerre moderne.

Si les Houthis pouvaient tenter d’envoyer une poignée de terroristes armés à bord de canots pneumatiques pour attaquer Israël par la mer, il est peu probable qu’ils parviendraient à atteindre Israël sans être d’abord détectés et arrêtés.

Prévenir la prochaine attaque

Si les Houthis parvenaient toutefois à atteindre les côtes israéliennes, leur arsenal pourrait constituer un défi de taille, notamment en cas d’incursion terrestre combinée à une attaque aérienne menée par des missiles et des drones.

Le vaste arsenal militaire de ce groupe comprend des missiles balistiques de moyenne et de longue portée, fournis par l’Iran et fabriqués localement, des missiles de croisière et des drones qu’ils ont déjà utilisés contre Israël, ainsi qu’un large éventail d’armes légères, notamment des fusils d’assaut, des mitrailleuses et des RPG (lance-roquettes individuels).

Des terroristes houthis participant à un rassemblement hebdomadaire anti-Israël, à Sanaa, au Yémen, le 29 août 2025. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)

Soutenus par la République islamique et contrôlant d’importantes zones du Yémen malgré une campagne militaire menée depuis des années par les Saoudiens et les Émiratis, les Houthis ont déjà prouvé qu’ils pouvaient remporter des succès significatifs avec relativement peu de moyens.

Après le déclenchement de la guerre à Gaza, le groupe terroriste a commencé à prendre pour cible le trafic maritime transitant par la mer Rouge, entravant ainsi le commerce mondial. Les attaques de missiles houthis contre Israël ont également réussi à interrompre brièvement le trafic aérien et à perturber la vie quotidienne de millions de personnes, contraintes de se précipiter vers des abris à chaque tir de projectile.

Depuis novembre 2023, les Houthis ont lancé plus de 130 missiles balistiques et des dizaines de drones chargés d’explosifs sur Israël, dont l’un avait tué un civil et blessé plusieurs personnes à Tel Aviv en juillet 2024, provoquant alors la première frappe israélienne sur le Yémen.

Israël avait alors riposté en menant 19 frappes contre les infrastructures et les dirigeants houthis au Yémen, par l’intermédiaire de l’armée de l’air et de la marine israéliennes. On ignore toutefois quels effets ces attaques ont eus.

Les Houthis ont également survécu à une campagne aérienne américaine de plusieurs semaines avant de conclure finalement un accord de cessez-le-feu avec Washington, tout en continuant de viser Israël et le trafic maritime.

Ce n’est qu’après la signature d’un cessez-le-feu à Gaza que les Houthis ont cessé leurs attaques, bien qu’ils aient menacé de reprendre leurs tirs en soutien à Téhéran, lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à attaquer la République islamique.

Heistein a souligné que la capacité de dissuasion constituait le meilleur outil dont dispose Israël pour prévenir une offensive houthie, avertissant que les avancées réalisées par les Houthis dans la consolidation de leur pouvoir seraient compromises par un éventuel conflit.

Israël doit faire savoir « que même une attaque mineure, ou une simple tentative, entraînera des conséquences démesurées pour l’économie houthie et le régime lui-même ».

Des flammes et de la fumée s’élevant suite à une frappe aérienne israélienne, à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, le 10 septembre 2025. (Crédit : AP Photo)

« La gouvernance a toujours été leur point faible : si l’économie est durement touchée et que les Houthis ne peuvent plus payer leurs soldats ni leurs forces de sécurité, contrôler une population en colère pourrait devenir un défi de taille », a-t-il souligné.

« Si cela coïncide avec des attaques visant de hauts responsables du régime, cela pourrait créer une tempête parfaite pour le régime houthi. »

Selon l’expert, pour contrer les Houthis, il faut à la fois une coopération régionale visant à empêcher le groupe terroriste d’opérer depuis les pays voisins et une application plus stricte des sanctions et des embargos sur les armes afin de limiter ses ressources.

Cependant, alors que la position internationale d’Israël est sans doute au plus bas depuis sa création, Jérusalem pourrait avoir du mal à mobiliser un soutien international.

Malgré le scepticisme de Ruhe quant à la probabilité d’une incursion terrestre des Houthis, il n’a pas écarté la menace d’une future attaque menée par le groupe terroriste basé au Yémen ou par d’autres proxys iraniens dans la région, d’autant que l’Iran cherche à recréer son « axe de la résistance » après avoir survécu aux attaques américano-israéliennes survenues plus tôt dans l’année.

« Les Iraniens veulent [un cessez-le-feu] pour l’instant, mais à un moment donné, ils seront plus que ravis – lorsque cela leur conviendra ou sera possible – d’essayer de reconstituer le Hezbollah, les Houthis et d’autres proxys dans la région, et de les préparer à attaquer à nouveau Israël », a-t-il averti.

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