Les critiques d’Israël s’indignent après que Rubio a suggéré qu’Israël avait entraîné les États-Unis dans une guerre contre l’Iran
La gauche accuse Donald Trump d’avoir illégalement suivi Israël dans une "guerre de choix", une partie de la droite estime qu’il a trahi le MAGA en s'engageant dans le conflit au Moyen-Orient
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JTA — Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a attisé lundi les critiques concernant la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran en suggérant qu’Israël avait entraîné les États-Unis dans le conflit.
« Nous savions qu’Israël allait passer à l’action, nous savions que cela précipiterait une attaque contre les forces américaines, et nous savions que si nous n’agissions pas de manière préventive avant qu’ils ne lancent ces attaques, nous subirions des pertes plus importantes », a déclaré Rubio aux journalistes à Washington.
Interrogé pour savoir si les États-Unis avaient été contraints d’attaquer l’Iran en raison des plans d’Israël, le secrétaire d’État a répondu par la négative.
« Cette opération devait avoir lieu parce que d’ici un an ou un an et demi, l’Iran allait franchir les limites de l’immunité, ce qui signifie qu’il disposerait d’un nombre tellement important de missiles à courte portée et de drones que personne ne pourrait rien y faire, car il aurait pris le monde entier en otage », a expliqué Rubio.
« Évidemment, nous étions conscients des intentions d’Israël et nous comprenions ce que cela signifierait pour nous ; nous devions donc être prêts à agir en conséquence. Mais cela devait se produire quoi qu’il arrive », a-t-il ajouté.
Ces remarques étaient délicates, car les allégations selon lesquelles les États-Unis seraient redevables à Israël ont pris de l’ampleur ces dernières années, tant à l’extrême-droite qu’à l’extrême-gauche.
Et malgré ses précisions, la première remarque de Rubio a fait mouche auprès des sceptiques de tous bords idéologiques.
« Le secrétaire Rubio dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : il s’agit d’une guerre inutile et superflue », a écrit sur le réseau social X la députée Sara Jacobs, une progressiste juive de Californie.
« Israël nous a forcés à agir – il n’y avait aucune menace imminente pour les États-Unis. »
« Au lieu de dissuader Israël d’entrer en guerre », a-t-elle ajouté, le président américain Donald Trump « s’est rallié à cette décision et a mis en danger la vie des Américains ».
Le commentateur conservateur Matt Walsh a quant à lui partagé une vidéo de la déclaration initiale de Rubio et a écrit sur X : « Il nous dit donc clairement que nous sommes en guerre avec l’Iran parce qu’Israël nous a forcé la main. C’est en gros la pire chose qu’il pouvait dire. »
Trump et Netanyahu rejettent tous deux l’idée que cette guerre serve principalement les intérêts d’Israël ou que le Premier ministre israélien ait poussé le président américain à entrer en guerre.
« Certains disent ‘le Premier ministre israélien a entraîné Donald Trump dans cette guerre’. En tant qu’ami [de Donald Trump] depuis plus de trente ans, je peux vous dire que personne n’entraîne Donald Trump dans quoi que ce soit, mais j’aimerais connaître votre opinion à ce sujet », a demandé lundi soir le présentateur de Fox News Sean Hannity à Netanyahu. Il n’a cité aucun nom parmi ceux qui ont émis cette critique.
Netanyahu a ri, et qualifié de « ridicule » l’allégation selon laquelle il contrôlerait Trump.
« Trump est le dirigeant le plus puissant au monde », a-t-il déclaré.
« Il fait ce qu’il pense être bon pour l’Amérique. Il fait également ce qu’il pense être bon pour les générations futures. […] L’Iran est déterminé à vous détruire. Et que les gens le comprennent ou non, le dirigeant doit le comprendre. Trump le comprend. Vous n’avez pas besoin de le pousser à faire quoi que ce soit. Il fait ce qu’il pense être juste, et c’est juste. »
De son côté, Trump a déclaré lundi au New York Post que la plupart des Américains soutenaient la guerre, malgré les sondages qui montrent un taux d’approbation bien inférieur à 50 %. Il a affirmé avoir pris la décision de frapper seulement après l’échec des négociations avec les Iraniens à Genève, jeudi, après avoir appris que l’Iran continuait de chercher à produire des armes nucléaires sur un nouveau site.
Lundi, alors que l’on s’interrogeait sur ce qui avait poussé Trump à engager les forces américaines dans une guerre sans l’approbation du Congrès, qui est requise par la loi sauf en cas de menace directe et imminente, Rubio n’était pas la seule voix influente proche de la table des décideurs à impliquer Israël comme moteur des plans de guerre.
Par ailleurs, lundi, l’armée américaine a annoncé que le nombre de militaires tués était passé à six.
Le président républicain de la Chambre des représentants américaine, Mike Johnson, a déclaré lundi que les États-Unis devaient se préparer à la guerre car ils savaient qu’ils seraient impliqués si Israël agissait seul.
« Comme Israël était déterminé à agir avec ou sans les États-Unis, notre commandant en chef, l’administration et les responsables ont dû prendre une décision très difficile », a-t-il déclaré aux journalistes.
Le sénateur démocrate Mark Warner, membre de la commission du Renseignement du Sénat, a déclaré que malgré son soutien à Israël, il s’interrogeait toujours sur l’opportunité de frapper alors qu’il n’y a pas de menace immédiate pour les États-Unis : « Il s’agit toujours d’une guerre choisie, reconnue par d’autres comme dictée par les objectifs et le calendrier d’Israël. »
Une analyse rétrospective du New York Times sur la prise de décision de Trump, publiée lundi, suggère par ailleurs que le président a déclaré la semaine dernière à Tucker Carlson, fervent critique d’Israël à droite, « qu’il n’avait d’autre choix que de se joindre à une frappe qu’Israël allait lancer ».
Carlson s’est rendu à la Maison Blanche pour la troisième fois en quelques semaines, après avoir déclenché une nouvelle polémique antisémite à droite en invitant le négationniste Nick Fuentes dans son émission.
Selon le New York Times, Carlson s’est opposé à une campagne contre l’Iran lors de toutes les réunions.
La guerre met à rude épreuve la coalition de Trump à l’approche d’une saison électorale de mi-mandat qui s’annonce difficile pour les républicains.
L’aile MAGA du parti républicain, qui critique Israël et s’oppose à l’intervention des États-Unis dans les conflits étrangers, ne semble pas prête à se laisser convaincre par les explications de l’administration Trump concernant la guerre.
« Trump a trahi MAGA et America First. Il a perdu son mandat pour gouverner », a écrit Fuentes sur X après le début de la guerre.
« Je ne peux pas et je ne voterai pas pour le parti républicain à moins qu’il ne fasse passer l’Amérique et les Américains en premier. Si vous continuez à voter après qu’ils nous ont entraînés dans une guerre régionale avec l’Iran, alors vous voterez pour n’importe quoi. »
Samedi, Israël et les États-Unis ont lancé une campagne surprise contre l’Iran, éliminant les principaux dirigeants de la République islamique, dont Ali Khamenei.
L’Iran a riposté en frappant Israël et les pays arabes alliés des États-Unis.
L’attaque américano-israélienne fait suite à un renforcement massif de la présence militaire américaine dans la région et aux menaces répétées de Trump de frapper l’Iran, d’abord en raison de la répression sanglante des manifestants anti-régime en janvier, puis plus récemment en raison de ses programmes nucléaires et de production de missiles balistiques. Les responsables américains et israéliens ont déclaré que la campagne en Iran pourrait durer plusieurs semaines et qu’elle visait à provoquer un changement de régime dans la République islamique.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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