Netanyahu : Le nucléaire iranien aurait été « hors d’atteinte sous quelques mois » ; « 95 % » des problèmes au Moyen-Orient sont générés par l’Iran
Les Iraniens se sont vantés sans vergogne lors des négociations d'avoir suffisamment d'uranium pour fabriquer 11 bombes nucléaires et d'avoir contourné les protocoles, selon Steve Witkoff

Mardi matin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’une attaque contre l’Iran était urgente et nécessaire, car ce pays construisait de nouveaux sites souterrains pour protéger ses programmes nucléaires et balistiques des attaques.
Parallèlement, Steve Witkoff, envoyé du président américain Donald Trump, a révélé que les négociateurs iraniens s’étaient vantés, lors de pourparlers tenus plus tôt cette année, d’avoir contourné les mesures de sécurité internationales afin d’enrichir suffisamment d’uranium pour « atteindre un niveau leur permettant de fabriquer onze bombes nucléaires ».
Dans une interview accordée à Fox News, Netanyahu a déclaré : « La raison pour laquelle nous devions agir maintenant est qu’après avoir frappé leurs sites nucléaires et leur programme de missiles balistiques [en juin 2025]… ils ont commencé à construire de nouveaux sites… des bunkers souterrains qui rendraient leur programme de missiles balistiques et leur programme de bombe atomique immunisés en quelques mois. Si aucune mesure n’était prise maintenant, il serait impossible d’en prendre une à l’avenir. »
Les déclarations de Netanyahu interviennent moins de neuf mois après qu’il a déclaré, à la fin de la guerre de juin, qu’Israël avait remporté une « victoire historique » sur l’Iran qui « perdurerait pendant des générations ».
Dans cette interview, le Premier ministre a nié que les États-Unis et Israël étaient engagés dans une « guerre sans fin » contre l’Iran, insistant sur le fait que l’opération prendra rapidement fin.
« J’entends dire que nous allons mener une guerre sans fin, mais ce ne sera pas le cas, car ce régime terroriste iranien est à son niveau le plus faible depuis sa création », a déclaré Netanyahu.
« Ce sera une action rapide et décisive », a-t-il affirmé.
Selon Netanyahu, les frappes américaines et israéliennes créeront les conditions d’un changement de régime en Iran.
Les responsables américains ont envoyé des messages contradictoires quant à l’objectif de ce changement de régime.
Lundi matin, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, et le secrétaire d’État, Marco Rubio, ont déclaré que ce n’était pas le cas et que l’objectif était de neutraliser les menaces iraniennes en matière de missiles, de marine et de nucléaire.
Le président américain a quant à lui hésité sur la question.
Netanyahu a déclaré que « 95 % » des problèmes au Moyen-Orient sont générés par l’Iran et que la chute du régime entraînerait une vague d’accords de paix entre Israël et ses voisins arabes et musulmans.
Il a affirmé que les opérations conjointes américano-israéliennes « inaugureraient une ère de paix dont nous n’osions même pas rêver ».
Plus tôt, Rubio avait déclaré que les États-Unis avaient lancé l’Opération « Fureur épique » en partie parce qu’Israël s’apprêtait à frapper l’Iran et que les services de renseignement américains avaient indiqué que Téhéran riposterait en prenant pour cible les intérêts américains dans la région.
Cette remarque a encore intensifié les critiques des détracteurs de l’administration, qui accusent Israël d’avoir entraîné les États-Unis dans une guerre contre l’Iran.
Interrogé sur cette accusation, Netanyahu a ri.
« C’est ridicule. Donald Trump est le dirigeant le plus puissant au monde. Il fait ce qu’il pense être bon pour l’Amérique. Il fait également ce qu’il pense être bon pour les générations futures », a déclaré Netanyahu, affirmant que le président américain comprenait les menaces que fait peser l’Iran.
Netanyahu a passé une grande partie de l’interview à faire l’éloge de Trump, qui avait enjoint ses partisans à regarder Fox News en amont et qui regardait probablement lui-même l’émission.
Vance : Cette guerre vise à changer la « mentalité » de l’Iran
Le vice-président américain JD Vance a également été interviewé sur Fox News et a largement évoqué la menace nucléaire.
Il a déclaré que l’objectif de l’opération était de changer la « mentalité » iranienne afin que le pays accepte de ne jamais chercher à se doter de l’arme nucléaire.
Vance a affirmé que Trump avait réussi à empêcher l’Iran d’acquérir la capacité de construire une arme nucléaire jusqu’à la fin de son deuxième mandat grâce à l’Opération « Midnight Hammer » de juin dernier, qui a mis fin à la guerre de douze jours menée par Israël contre les trois principales installations nucléaires de Téhéran.
« Nous les avons considérablement retardés, mais je pense que le président visait le long-terme. Il souhaitait que l’Iran s’engage fermement et sur le long-terme à ne jamais construire d’arme nucléaire », a expliqué le vice-président.
Les États-Unis ont ensuite passé près d’un an à tenter de négocier avec l’Iran, mais Téhéran n’a pas bougé, a poursuivi Vance.
Trump a alors réalisé qu’il faudrait « un changement de mentalité fondamental de la part du régime iranien » pour atteindre son objectif, a-t-il déclaré.
« Il a vu que le régime iranien était affaibli, il savait qu’ils étaient déterminés à se doter de l’arme nucléaire, et il a décidé d’agir parce qu’il estimait que c’était nécessaire pour protéger la sécurité nationale », a-t-il ajouté.
Vance a insisté sur le fait que l’Opération « Fureur épique » ne s’éterniserait pas pendant des années, car les États-Unis ont un objectif clair.
« Il est tout simplement impossible que Donald Trump laisse ce pays s’engager dans un conflit de plusieurs années sans issue claire et sans objectif précis », a affirmé Vance.
« Il a défini l’objectif comme suit : l’Iran ne peut pas posséder d’arme nucléaire et doit s’engager à long-terme à ne jamais tenter de reconstruire sa capacité nucléaire », a-t-il ajouté.
Nucléaire : Jugeant la contre-proposition iranienne « absurde » Trump a décidé de frapper – N12
Le président américain a décidé vendredi d’attaquer l’Iran après avoir entendu ses principaux envoyés dire que la dernière contre-proposition iranienne dans les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran était « absurde » et visait uniquement à faire gagner du temps à Téhéran, a déclaré samedi un haut responsable américain à la chaîne N12.
Selon ce responsable, les envoyés de Trump pour les négociations sur le nucléaire, Jared Kushner et Steve Witkoff, avaient mené des « négociations sérieuses » avec les Iraniens, espérant sincèrement parvenir à un accord, mais ils ont finalement estimé que les Iraniens n’étaient pas disposés à faire de compromis sur les demandes américaines.
Après la dernière série de négociations à Genève, jeudi, Kushner et Witkoff ont déclaré au vice-président américain, JD Vance, par téléphone, que les négociations « n’aboutissaient à rien… nous sommes très déçus ».
Vance a ensuite informé Trump pendant le vol du président vers le Texas vendredi, ce qui l’a finalement conduit à décider de frapper, a déclaré le responsable à la chaîne N12.
Witkoff : Les Iraniens se sont vantés de posséder suffisamment d’uranium pour fabriquer onze bombes
L’envoyé spécial américain, qui a mené les négociations de Washington avec Téhéran sur le programme nucléaire controversé avec le gendre de Trump, Jared Kushner, a déclaré que les principaux négociateurs iraniens s’étaient vantés, lors du premier cycle de négociations cette année, de disposer de suffisamment d’uranium hautement enrichi pour fabriquer onze bombes nucléaires.
« Lors de cette première réunion, les deux négociateurs iraniens nous ont dit directement, sans aucune honte, qu’ils disposaient de 460 kilogrammes [d’uranium enrichi] à 60 % et qu’ils savaient que cela pouvait permettre de fabriquer onze bombes nucléaires », a déclaré Witkoff à Fox News.
Trump a affirmé que les États-Unis avaient « détruit » les installations nucléaires iraniennes lors de la guerre de douze jours en juin dernier, ce qui rendrait l’Iran incapable de transformer immédiatement cet uranium enrichi en bombe.
Pourtant, Witkoff a déclaré que les négociateurs iraniens « s’étaient vantés d’avoir contourné toutes sortes de protocoles de surveillance pour arriver à un point où ils pouvaient fabriquer onze bombes nucléaires ».
.@SEPeaceMissions Steve Witkoff says Iran "thought they could strong-arm us" during talks:
"We went in there and tried to make a fair deal with them, and it very, very clear that it was going to be impossible…" pic.twitter.com/MSFt8kvJno
— Rapid Response 47 (@RapidResponse47) March 3, 2026
Il a ajouté que, lors de cette première réunion, les négociateurs iraniens avaient insisté sur leur « droit inaliénable » d’enrichir leur combustible nucléaire.
« Nous leur avons répondu que le président estimait que nous avions le droit inaliénable de vous empêcher d’aller plus loin », se souvient Witkoff.
« Jared et moi nous sommes regardés, perplexes, et nous avons dit : ‘Nous sommes vraiment dans le pétrin maintenant’. »
L’explication de Witkoff correspondait aux détails d’un reportage diffusé plus tôt dans la journée par NBC, selon lequel le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, aurait crié sur l’envoyé au sujet des droits de l’Iran en matière d’enrichissement lors de leur rencontre.
Witkoff a réitéré son affirmation selon laquelle l’uranium hautement enrichi stocké par l’Iran pourrait être transformé en uranium de qualité militaire en une semaine ou dix jours, même si cela nécessiterait à nouveau des installations nucléaires que les États-Unis affirment avoir détruites lors de frappes l’année dernière.
Il a expliqué que Trump les avait envoyés, Kushner et lui, mener des négociations avec l’Iran afin de parvenir à un accord dans lequel Téhéran accepterait d’éliminer son programme de missiles, de cesser son soutien à ses mandataires, de démanteler sa marine « afin que nous puissions avoir la liberté des mers » et de mettre fin à son programme d’enrichissement nucléaire.
« Nous nous sommes rendus sur place et avons tenté de conclure un accord équitable avec eux, mais il était très clair dès la fin de la deuxième réunion que cela serait impossible. Nous sommes toutefois retournés pour une troisième réunion, juste pour tenter une dernière fois notre chance », a déclaré Witkoff.
« Ils voulaient que nous en rendions compte de manière positive. Cette réunion n’a pas été positive », a-t-il ajouté.
Les responsables israéliens avertissent que les missiles ne seront pas tous détruits
Israël considère l’arsenal de missiles balistiques de la République islamique et sa capacité à en produire davantage comme une menace existentielle pour l’État juif.
À Jérusalem, les responsables de la sécurité ont averti les ministres du gouvernement Netanyahu, lors d’une réunion lundi soir, que la « menace des missiles balistiques iraniens ne serait pas détruite » lors du cycle actuel de combats, selon un reportage de la chaîne N12.
Les responsables de la sécurité ont déclaré que l’Iran conservait certains de ses systèmes de missiles sous terre et qu’il comptait les sortir « le jour d’après ».
Ils ont également déclaré que la République islamique « tentait de sauver ce qui pouvait l’être des sites nucléaires ».
« Après la campagne, ils tenteront de réutiliser ce que nous aurons détruit », ont ajouté les responsables.
Toutefois, si les plans de guerre se déroulent comme prévu, l’armée israélienne aura considérablement affaibli les capacités balistiques de l’Iran ainsi que sa capacité à les reconstituer.







