Les États-Unis ont frappé Natanz ; Tsahal a visé des sites de production de missiles
Les forces US auraient utilisé des bombes antibunker pour bombarder l'installation nucléaire ; l'Iran a tiré un missile sur un avion de chasse israélien, sans qu'aucun dégât n'ait été signalé
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Selon plusieurs médias, les États-Unis ont frappé samedi le site d’enrichissement d’uranium de Natanz en Iran, alors que les forces aériennes américaines et israéliennes poursuivaient leur campagne de bombardements contre des cibles du régime.
Les médias iraniens ont indiqué que les forces américano-israéliennes avaient attaqué, samedi matin, le complexe d’enrichissement de Shahid Ahmadi-Roshan, situé à Natanz. Des experts techniques ont constaté qu’aucune fuite radioactive ne s’était produite et que les habitants des environs n’étaient pas en danger.
Interrogée par le Times of Israel, l’armée israélienne a déclaré n’avoir mené aucune frappe dans la région et ne pas être en mesure de commenter les activités américaines.
La chaîne d’information israélienne Kan a rapporté que les États-Unis avaient bel et bien frappé l’installation, utilisant des bombes antibunker (bombes à charge pénétrante) pour cibler le site. Elle a cité des sources non précisées.
Au mois de juin 2025, lors de la guerre de douze jours contre la République islamique d’Iran, les États-Unis avaient largué plus d’une dizaine de bombes GBU-57 Massive Ordnance Penetrator (MOP) sur les installations nucléaires souterraines de Fordo et de Natanz.
Les stocks iraniens, qui sont estimés à environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, seraient entreposés dans des tunnels souterrains profonds, plus précisément près d’Ispahan et de Natanz.
Le 3 mars, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait déclaré que les bâtiments d’entrée de l’installation nucléaire iranienne de Natanz avaient subi des dommages partiels, après que des photos prises par satellite ont révélé des dégâts causés lors de la campagne de bombardements américano-israélienne en cours.
« Sur la base des dernières images satellites disponibles, l’AIEA peut désormais confirmer que des dégâts récents ont été causés aux bâtiments d’entrée de l’usine souterraine d’enrichissement de combustible [FEP] de Natanz, en Iran », avait déclaré l’AIEA, qui avait ajouté : « Aucune conséquence radiologique n’est à craindre et aucun impact supplémentaire n’a été détecté au niveau de la FEP elle-même, qui avait été gravement endommagée lors du conflit du mois de juin [2025]. »
Suite à l’attaque de samedi, l’AIEA a déclaré qu’elle examinait la question. Son directeur général, Rafael Grossi, a appelé à la « retenue militaire afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire », mais le groupe de veille de l’ONU a confirmé qu’aucune augmentation des niveaux de radiation hors site n’avait été signalée.
Le ministère russe des Affaires étrangères a condamné l’attaque contre Natanz.
« Il s’agit d’une violation flagrante du droit international », a déclaré Maria Zakharova, la porte-parole du ministère, dans un communiqué.
Le 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé leur campagne contre l’Iran dans le but de déstabiliser le régime et de détruire ses capacités nucléaires et balistiques.
L’Iran a réagi en lançant des frappes de missiles et de drones dans toute la région, et ses mandataires en Irak et au Liban ont également mené des attaques.
Israël a riposté en procédant à des frappes aériennes massives sur les infrastructures du Hezbollah au Liban, en riposte aux tirs de roquettes du groupe terroriste chiite libanais.
Israël annonce une intensification des frappes
Au cours d’une série de frappes aériennes qui ont été effectuées cette nuit à Téhéran, l’armée israélienne a déclaré avoir touché des dizaines de cibles liées à la production iranienne de missiles balistiques.
Selon Tsahal, parmi les cibles touchées par l’armée de l’air israélienne figuraient un complexe clé du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien ; un site de stockage de composants de missiles ; un complexe du ministère de la Défense chargé de la production de carburant pour missiles ; ainsi qu’une autre usine de composants de missiles.
L’armée israélienne a également frappé plusieurs systèmes de défense aérienne dans la région de Téhéran dans le cadre de cette série de frappes.
Par ailleurs, un avion de chasse de l’armée de l’air israélienne a été la cible de tirs antiaériens au-dessus de l’Iran, a indiqué Tsahal.
Selon les militaires, un tir de missile sol-air (SAM) a été détecté en direction de l’avion.
« L’équipage a agi conformément aux procédures, l’appareil n’a subi aucun dommage et la mission s’est déroulée comme prévu », a indiqué l’armée de l’air israélienne dans un communiqué. Aucun autre détail n’a été fourni.
Le CGRI a affirmé avoir frappé un avion de chasse F-16 israélien au-dessus du centre du pays – bien qu’il ne soit pas certain qu’il ait fait référence au même incident.
« Un avion de chasse F-16 hostile appartenant au régime sioniste a été frappé à 3 h 45 du matin dans le centre de l’Iran », a déclaré le CGRI sur son site Sepah News.
Les pilotes de l’armée de l’air israélienne ont été la cible de tirs de missiles antiaériens iraniens à de nombreuses reprises au cours de la guerre. Dans un cas, Tsahal a déclaré qu’un pilote de chasse avait « failli être touché ».
Samedi également, le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré que les frappes contre le régime iranien allaient s’intensifier.
« Cette semaine, l’intensité des frappes que Tsahal et l’armée américaine mèneront contre le régime terroriste iranien et contre les infrastructures sur lesquelles il s’appuie va considérablement s’intensifier », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’évaluation avec des responsables militaires.
Katz a ajouté qu’Israël était « déterminé à poursuivre l’offensive contre le régime terroriste iranien, à décapiter ses commandants et à neutraliser ses capacités stratégiques, jusqu’à ce que toute menace pour la sécurité de l’État d’Israël et pour les intérêts américains dans la région soit éliminée ».
« L’armée israélienne est forte, et le front intérieur israélien est fort, et nous ne nous arrêterons pas tant que tous les objectifs de guerre n’auront pas été atteints », a-t-il ajouté.
Les États-Unis disent avoir frappé 8 000 cibles iraniennes
L’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a indiqué que l’armée américaine avait frappé plus de 8 000 cibles en Iran depuis le début de la guerre, tout en soulignant que les attaques iraniennes diminuaient.
« Jusqu’à présent, nous avons frappé plus de 8 000 cibles militaires, dont 130 navires iraniens, ce qui constitue les destructions les plus importantes occasionnées contre une marine en l’espace de trois semaines et ce, depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Cooper dans une mise à jour vidéo.
« Mon évaluation opérationnelle reste la suivante : la capacité de combat de l’Iran diminue constamment à mesure que nous frappons de plus en plus fort », a-t-il ajouté.
Cooper a précisé que l’armée américaine « a détruit des milliers de missiles iraniens, des drones d’attaque sophistiqués et l’ensemble de la marine iranienne, qui sont utilisés par ce pays pour harceler le trafic maritime international ».
« Leur marine ne navigue plus, leurs chasseurs tactiques ne volent plus, et ils ont perdu la capacité de lancer des missiles et des drones au rythme soutenu qui avait été observé au début du conflit », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nos progrès sont évidents. »
Update from CENTCOM Commander on Operation Epic Fury: pic.twitter.com/8yTLrVy4jk
— U.S. Central Command (@CENTCOM) March 21, 2026
Cooper a également affirmé que l’armée américaine restait « résolument déterminée à démanteler la menace que l’Iran fait peser depuis des décennies sur la libre circulation du commerce dans le détroit d’Ormuz ».
« Par exemple, en début de semaine, nous avons largué plusieurs bombes de 2 268 kg sur une installation souterraine située le long du littoral iranien. Le régime iranien utilisait cette installation fortifiée pour stocker discrètement des missiles de croisière antinavires, des lance-missiles mobiles et d’autres équipements qui représentaient un risque pour la navigation internationale. »
« Nous avons non seulement détruit l’installation, mais aussi des sites de soutien du renseignement et des relais radar de missiles qui servaient à surveiller les mouvements des navires », a déclaré Cooper.
« La capacité de l’Iran à menacer la liberté de navigation dans et autour du détroit d’Ormuz s’en trouve ainsi réduite, et nous ne cesserons pas de poursuivre ces cibles », a-t-il ajouté.
Le blocus de facto imposé par l’Iran au détroit d’Ormuz, par lequel transitent normalement 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, ainsi que les nombreuses attaques contre les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient ont fait flamber les prix du pétrole brut.
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