Les hommages des familles des six otages exécutés ensemble par le Hamas, un an après
Jon Polin salue l’héritage de son fils, la veuve d’Alex Lubnov promet de lutter pour les otages, et la sœur d’Eden Yerushalmi pleure sa “lumière” inépuisable
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Les familles des six jeunes otages israéliens exécutés de sang-froid par des terroristes du groupe palestinien du Hamas à Gaza l’an dernier ont marqué mardi le premier anniversaire de leur assassinat, selon la date du calendrier hébraïque, en organisant des cérémonies dans des cimetières et d’autres lieux à travers Israël.
Hersh Goldberg-Polin, 23 ans, Eden Yerushalmi, 24 ans, Ori Danino, 25 ans, Almog Sarusi, 25 ans, Alex Lubnov, 32 ans et Carmel Gat, 40 ans, surnommés en Israël les « Beautiful Six », ont été exécutés par leurs ravisseurs le 29 août 2024, après avoir survécu près de onze mois en captivité.
Leurs dépouilles avaient été retrouvées deux jours plus tard par l’armée israélienne dans un tunnel au sud de Gaza, lors de combats à Rafah.
Mardi soir, des milliers d’amis et de proches de Hersh se sont rassemblés avec sa famille à Emek Hamatzlevah, dans l’ouest de Jérusalem pour rendre hommage au jeune homme de 23 ans. Hersh, qui avait participé au festival de musique Nova, a été kidnappé dans un abri anti-bombe alors qu’il fuyait le pogrom perpétré par les terroristes du Hamas et les barrages de roquettes tirés depuis Gaza sur le sud du pays, le 7 octobre 2023. »
Ses parents, Rachel Goldberg-Polin et Jon Polin, ont évoqué les qualités de leur fils, ce qu’il a apporté au monde et le vide immense laissé par son absence.
« Seul l’amour reste »
Rachel et Jon portaient tous deux un morceau de ruban adhésif sur lequel était inscrit en noir « 683 », indiquant le nombre de jours écoulés depuis le rapt de 251 personnes en Israël et la durée de captivité des 50 otages toujours détenus dans la bande de Gaza.
« Parfois, je regarde profondément dans mes yeux. Je les ouvre grand et je peux t’entendre. Et je sais que tu es là, en moi », a dit Rachel en montrant son cœur.
« Même si je ne peux pas te voir avec mes yeux, ce sont tes yeux, ce sont mes yeux. Tout comme l’océan, trop vaste pour que je puisse le voir dans son ensemble, mais dont l’existence ne fait aucun doute. »
« Nous naissons, nous vivons et nous repartons », a-t-elle déclaré.
« Nous aimons, nous apprenons, nous grandissons, nous créons. Certains ne sont là qu’un instant, d’autres toute une vie, mais la fin est toujours la même. »
« Ce qui reste peut être un héritage, une leçon, une brise ou rien du tout », a-t-elle ajouté. « En général, seul l’amour subsiste. »
Jon, qui portait un maillot du club de football Hapoel Jerusalem, l’équipe préférée de son fils, a raconté une anecdote qui l’a touché.
« Il y a quelques semaines, un homme que je ne connaissais pas m’a abordé en me demandant : ‘Vous êtes le père de Hersh ? Je peux vous montrer quelque chose ?’ Il a sorti son téléphone pour me montrer qu’il avait pour écran d’accueil une photo de toi, Hersh. »
« ’Chaque matin, je sors mon téléphone, et la première chose que je vois, c’est Hersh. Je le regarde et je me demande : qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour être meilleur et pour rendre le monde meilleur ?’ m’a-t-il expliqué. »
« Au cours de tes 23 ans et 11 mois, tu as toujours donné la priorité à ce qui ne pouvait être quantifié : sourire et faire sourire, apprendre et transmettre, vivre des expériences, créer des relations, rechercher la justice », a déclaré Jon.
« La contribution que tu as déjà laissée est plus grande que toutes celles qui pourraient se mesurer en chiffres. »
Orly Goldberg-Polin, la sœur cadette de Hersh, a pour sa part déclaré : « Le plus difficile est de parler des choses qui sont évidentes. »
רייצ'ל וג'ון אהובים,
כל כך הגיע לכם סוף אחר.תדעו שאתם דמויות מופת.
מודל לחיקוי לרבים מאיתנו.יהי זכרו של הירש, מהפכה.@JonPolin20 pic.twitter.com/mXgotOTdkL
— yayafink (יאיא פינק) (@yayafink) August 19, 2025
« Pour moi, tu as toujours été mon grand frère, une évidence. Tu faisais aussi des choses qui m’agaçaient, mais tu étais toujours toi-même. C’était facile de t’aimer. Tu as toujours été mon frère, et tu le seras toujours. Seulement, maintenant, tu appartiens à tout le monde. »
« Je pense que cela me rend également heureuse, car tout le monde a besoin de Hersh dans sa vie », a-t-elle ajouté.
בסיום אזכרתו של הירש גולדברג פולין, מאות פתחו בשירת "אחינו כל בית ישראל" בקריאה להשבת החטופים@GLZRadio pic.twitter.com/mzcEejVCtD
— נועם נקש || Noam Nakash (@nakash_noam) August 19, 2025
L’absence de bruit
Plus tôt mardi, la famille et les amis d’Eden se sont réunis au cimetière Yarkon de Petah Tikvah, aux côtés de centaines d’Israéliens qui ne la connaissaient pas, mais souhaitaient honorer la mémoire de cette victime du Hamas âgée de 24 ans, également enlevée alors qu’elle tentait de fuir le festival Nova.
Sa sœur Shani Yerushalmi a confié à la chaîne publique Kan que ce qui lui manquait le plus chez Eden, c’était « son bruit ».
« Quand Eden rentrait à la maison, tout le monde l’entendait. Elle criait, ‘Bonjour, je suis rentrée. Comment ça va ? Comment va tout le monde ?’ Et je lui répondais toujours, ‘Eden, calme-toi, un peu plus calme’. »
« Depuis qu’elle a été enlevée, le silence règne. Du jour au lendemain, la maison est devenue silencieuse. Eden n’est plus là. »
Shirit Yerushalmi, la mère d’Eden, s’est adressée à sa fille depuis le bord de sa tombe.
« Une année vient de s’écouler et je n’arrive toujours pas à croire que tu n’es plus là », a-t-elle déclaré.
« La douleur est incommensurable, elle ne fait que s’intensifier, et tu me manques à chaque instant. Rien n’est plus pareil. »
« Tu es bien au-delà de tout ce que les mots peuvent exprimer ; tu es un rayon de lumière débordant d’une énergie infinie », a déclaré May, la sœur d’Eden.
Michal Lubanov tient une affiche de son défunt mari Alex Lubanov lors d’une cérémonie commémorative dans la ville méridionale d’Ashkelon, marquant le premier anniversaire de son assassinat par ses ravisseurs du Hamas à Gaza, le 19 août 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)
« Tu me manques, et le fait de ne plus pouvoir écouter de la musique avec toi à travers le petit haut-parleur portable que tu emportais partout me manque. »
À Ashkelon, ville natale d’Alex, sa veuve Michal Lubnov a promis de « faire entendre partout la voix d’Alex et celle des cinq otages exécutés avec lui ».
« Le plus important, c’est que 50 otages sont toujours détenus à Gaza. Nous devons nous battre pour eux jusqu’à ce qu’ils soient tous libérés », a-t-elle ajouté.
Michal, qui a donné naissance à leur deuxième fils peu après l’enlèvement d’Alex, a remercié la population pour son soutien au cours des 22 derniers mois, affirmant que c’était « grâce à eux » qu’elle était capable « de [se] tenir debout, de tenter d’être forte et de faire de [son] mieux chaque jour ».
« Alex sera à jamais dans nos cœurs », a-t-elle ajouté.
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