Netanyahu, accusé d’avoir prolongé la guerre pour rester au pouvoir, fustige le NYT
Le bureau du Premier ministre nie tout sabotage des accords de trêve à Gaza pour préserver sa coalition ; Yaïr Golan : le NYT prouve que le gouvernement et ses alliés nous "entraînent dans l'abîme"
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Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié samedi un long communiqué dans lequel il critique le New York Times pour son article l’accusant d’avoir prolongé la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza afin de redorer son image après les atrocités du 7 octobre 2023 perpétrées par ce dernier et afin de rester au pouvoir.
« [Cet article] reprend les arguments depuis longtemps discrédités et faux de militants politiques. Il diffame Israël, son peuple courageux et son Premier ministre », indique le communiqué.
« Les décisions stratégiques prises par le Premier ministre Netanyahu et son cabinet ont conduit Israël à l’un des plus grands retours militaires de l’histoire. Le 7 octobre, Israël était considéré comme gravement affaibli. Aujourd’hui, sa force est prépondérante dans la région, tandis que ses ennemis sont plus affaiblis que jamais. »
« Malgré une forte opposition interne et internationale, le Premier ministre Netanyahu a mené la bataille de Rafah, qui a permis de fermer le corridor Philadelphi par lequel le Hamas faisait passer en contrebande des armes et des roquettes pour tirer sur des civils israéliens. Son leadership a permis l’operation secrète des bipeurs du Hezbollah, la destruction de ses stocks de missiles, la destruction des armements [du dictateur syrien Bashar el-] Assad, l’élimination ciblée des chefs terroristes [Muhammad] Deif, [Ismaïl] Haniyeh, [Yahya] Sinwar et [Hassan] Nasrallah, et surtout l’action décisive contre les menaces existentielles que représentent les missiles nucléaires et balistiques iraniens dans le cadre de l’Opération ‘Rising Lion’ [en Iran] », poursuit la déclaration.
« Tout cela n’aurait pas été possible si le Premier ministre Netanyahu avait accepté les recommandations des hauts responsables de la défense et de la sécurité qui l’ont exhorté à accepter les diktats du Hamas pour mettre fin à la guerre dès le début et laisser intacts le Hamas, le Hezbollah, le régime Assad et les menaces iraniennes. Ces hauts responsables, dont les partisans anonymes sont largement cités tout au long de l’article, ont depuis été remplacés. »
Le communiqué défend également l’approche de Netanyahu concernant la libération des otages détenus à Gaza, affirmant que « sa mise en œuvre énergique d’une pression militaire et diplomatique combinée a permis jusqu’à présent la libération de 202 otages sur un total de 252. Il est déterminé à obtenir le retour des 50 otages restants, dont 20 sont encore en vie ».
« Parallèlement à la libération des otages restants, le Premier ministre Netanyahu s’engage à éliminer les capacités armées et gouvernementales du Hamas afin de garantir que le pogrom du 7 octobre ne se reproduise plus jamais », ajoute le communiqué.
La déclaration se termine ainsi : « Le Premier ministre Netanyahu ne s’est jamais soucié de sa survie politique, mais plutôt de mener à bien la mission de sa vie : assurer la survie et l’avenir du seul et unique État juif. »
Peu après la publication de ce communiqué en anglais dans la nuit de vendredi à samedi, le cabinet du Premier ministre l’a supprimée sans explication.
Le bureau de Netanyahu a ensuite publié une nouvelle déclaration réfutant l’article du New York Times du 11 juillet, affirmant que celui-ci « diffamait Israël, son peuple courageux, ses soldats et son Premier ministre ».
Selon cet article, le Premier ministre aurait délibérément prolongé le conflit à Gaza pour servir ses propres objectifs politiques : redorer son image auprès de l’opinion publique israélienne et rester au pouvoir.
Parmi les mesures énumérées dans l’article, on peut citer le rejet par Netanyahu d’un accord de trêve à Gaza qui aurait permis la libération d’une trentaine d’otages, en raison de la menace du ministre des Finances Bezalel Smotrich de faire tomber le gouvernement. Il aurait également fait échouer les efforts de la Maison Blanche visant à obtenir la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite, conditionnée à la fin de la guerre à Gaza, en raison de l’opposition du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.
L’article indiquait également que, trois jours avant le premier raid du 13 juin, Netanyahu avait informé le député Moshe Gafni (Yahadout HaTorah) des plans d’Israël d’attaquer la République islamique, afin de dissuader Gafni de renverser le gouvernement pour son incapacité à codifier l’exemption du service militaire pour les ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva.
Le cabinet du Premier ministre a par ailleurs insisté sur le fait qu’il n’existait « aucun accord acceptable l’an dernier » et que, lorsque Netanyahu « a obtenu des accords de libération des otages qu’il jugeait acceptables, il les a fait adopter, même si ses partenaires de coalition ont voté contre et ont quitté le gouvernement ».
Selon Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, l’article du New York Times sur Netanyahu prouve que le Premier ministre et ses alliés de coalition« entraînent tout le pays dans l’abîme ».
« L’enquête du New York Times ne fait que renforcer ce que tout le monde sait déjà : Netanyahu, Smotrich et Ben Gvir empêchent [la conclusion d’un] accord pour survivre politiquement. La vie des otages et des soldats leur importe moins que leurs positions », a écrit Golan sur le réseau social X.
« Ils constituent une minorité extrême qui entraîne tout un pays dans l’abîme. Ils font une nouvelle fois dérailler l’accord. Pour sauver des vies et le pays, il faut renverser le gouvernement », a-t-il ajouté.
Le bureau de Netanyahu a désavoué cet article, affirmant qu’il « diffame Israël, son peuple courageux, ses soldats et son Premier ministre ».
Un démenti qui a été rejeté par le New York Times. Il a affirmé que son enquête s’est appuyée « sur des dizaines de dossiers gouvernementaux et de documents militaires, ainsi que sur des entretiens avec plus de 110 responsables en Israël, aux États-Unis et dans le monde arabe ».
« Notre rôle en tant que journalistes indépendants est de rapporter et de divulguer des informations vitales pour l’intérêt du public et de demander des comptes aux dirigeants, quel que soit leur parti. La déclaration du bureau du Premier ministre ne réfute pas les faits de ce reportage. Ce que l’enquête du Times montre en détail, c’est comment la prolongation de la guerre de Gaza a aidé Netanyahu à rester au pouvoir », a affirmé le journal.
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