Pénurie de personnel militaire : 2e avertissement du chef d’état-major de Tsahal
Eyal Zamir met en garde, une nouvelle fois, les parlementaires contre les "graves conséquences" qui menacent l’armée s’ils n’agissent pas pour palier au manque d’effectifs
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Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a de nouveau averti mercredi les députés que Tsahal risquait de subir un « préjudice grave » si le gouvernement n’adoptait pas de législation apportant des solutions à la pénurie de personnel.
Zamir répondait à des membres de la Knesset qui lui avaient adressé une lettre concernant le retrait d’un bataillon de réservistes de Cisjordanie, après que des soldats, qui avaient interpellé une équipe de CNN, auraient agressé les journalistes tout en revendiquant clairement une idéologie d’extrême-droite.
Dans sa réponse datée du 30 mars, le chef d’état-major a écrit : « Je voudrais profiter de l’occasion que vous m’avez donnée en m’envoyant cette lettre importante et en soulevant la préoccupation que vous avez exprimée concernant les soldats de Tsahal, et plus particulièrement le régime de la réserve, pour vous appeler à assumer vos responsabilités. »
« En janvier, la décision de réduire la durée du service obligatoire à 30 mois entrera en vigueur, et ce malgré ma demande claire, formulée l’an dernier, d’aller dans la direction opposée – à savoir allonger la durée du service. »
« Cela se traduira par un préjudice grave et par une diminution des effectifs de Tsahal, ce qui se traduira à son tour par un manque de milliers de combattants et de personnel de soutien au combat. »
Zamir a souligné que ce sont les réservistes et leurs familles qui paieront un « lourd tribut ».
« Ce sont eux qui seront appelés sous les drapeaux à maintes reprises. »
« J’ai ‘tiré la sonnette d’alarme’ tant lors de la dernière réunion du cabinet que lors des réunions avec la sous-commission de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi qu’à d’autres occasions », a-t-il poursuivi, confirmant les avertissements rapportés qu’il a récemment adressés aux parlementaires.
Le gouvernement s’efforce de faire adopter un projet de loi très controversé qui consacrerait des exemptions générales de la conscription militaire pour les Haredim étudiant en yeshiva, alors que l’armée a averti à maintes reprises qu’elle avait besoin de troupes supplémentaires après deux ans de guerre.
Tsahal a signalé avoir un besoin urgent de 12 000 recrues – principalement des combattants – en raison de la pression exercée sur les forces régulières et de réserve par la guerre, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
« En résumé, compte tenu de l’élargissement des missions dans les années à venir et de la volonté de Tsahal de les mener toutes à bien avec excellence, l’armée doit grossir ses rangs », a souligné Zamir.
« Comme nous l’avons répété à maintes reprises, nous avons besoin d’une armée nombreuse et forte. »
Pendant des décennies, les gouvernements israéliens successifs ont largement évité d’aborder le fait que la société haredi fonctionnait différemment du reste de la population juive du pays, notamment en ce qui concerne l’éducation, l’emploi, le financement public et le service militaire.
Au cours des deux dernières années, sous la pression du pouvoir judiciaire et face à la frustration croissante d’une population lassée des inégalités en matière d’application de la conscription militaire obligatoire, le gouvernement a été contraint de s’attaquer aux exemptions dont bénéficient les hommes ultra-orthodoxes.
Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député Boaz Bismuth, a déclaré lundi qu’il allait relancer l’examen du projet de loi visant à accorder des exemptions généralisées du service militaire aux Haredim étudiant en yeshiva, après avoir brièvement suspendu ses travaux à ce sujet au début de la guerre contre la République islamique d’Iran.
Membre du parti au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud, Bismuth a déclaré que le projet de loi serait inscrit à l’ordre du jour dans le cadre d’un ensemble de mesures législatives plus large visant à renforcer l’armée israélienne, mise à rude épreuve par les combats sur plusieurs fronts.
Outre le projet de loi sur la conscription des Haredim, cet ensemble de mesures comprendra des projets de loi visant à allonger la durée du service militaire obligatoire et à réglementer davantage le service de réserve.
Lors d’une allocution faite devant la Knesset lundi soir, Bismuth a confirmé qu’il ne ferait avancer ce projet de loi qu’après la fin de la guerre en Iran.
Il a déclaré que la décision de poursuivre ce projet de loi controversé avait été prise à la demande du chef d’état-major.
Zamir a averti, lors d’une réunion du Conseil des ministres la semaine dernière, que l’armée risquait de « s’effondrer sur elle-même » si le problème de la pénurie d’effectifs n’était pas résolu.
« À l’heure actuelle, Tsahal a besoin d’une loi sur la conscription, d’une loi sur le service de réserve et d’une loi visant à prolonger le service obligatoire », a-t-il déclaré.
Faisant référence à cette première mise en garde, Bismuth a indiqué que le gouvernement « continuerait à faire exactement ce que souhaite le chef d’état-major, c’est-à-dire faire avancer la loi sur la conscription, car nos soldats sont importants pour nous ».
Cependant, les responsables de l’armée ont déjà averti que la législation actuellement à l’étude ne suffirait pas à résorber la pénurie de main-d’œuvre, et qu’elle pourrait même l’aggraver.
Le projet de loi sur la conscription défendu par Bismuth résulte d’une bataille qui dure depuis des décennies concernant la pratique consistant à accorder des exemptions généralisées du service militaire aux hommes ultra-orthodoxes.
En juin 2024, la Haute Cour a jugé qu’il n’y avait aucune base légale pour cette pratique et elle a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi pour commencer à enrôler les Haredim en âge de servir.
Les détracteurs ont toutefois averti que la version actuelle du projet de loi, rédigée après l’éviction de l’ancien président de la commission par le Likud – il avait tenté de mettre en place des sanctions pour les réfractaires – aurait l’effet inverse de celui escompté et consacrerait au contraire le maintien des exemptions pour les Haredim étudiant en yeshiva.
Le texte a été vivement critiqué par les hauts gradés de Tsahal, la procureure générale et de nombreux autres détracteurs, qui s’y opposent car il est truffé de failles et qu’il perpétue les inégalités dans le cadre de la conscription obligatoire.
Ils ont averti qu’en fin de compte, ce projet de loi n’augmenterait pas l’enrôlement des Haredim, alors que Tsahal fait état d’une pénurie de main-d’œuvre après plus de deux ans de combats sur plusieurs fronts.
Initialement prévue dans le cadre du budget de l’État 2026, cette législation a été retirée à la suite du déclenchement de la guerre contre le régime iranien, le 28 février, afin de garantir l’adoption du budget dans les meilleurs délais pour couvrir les coûts de la guerre.
la Communauté du Times of Israël !







