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Une fois la guerre en Iran achevée, la coalition reprendra le projet de loi « Haredim »

Suite à l’avertissement qui a été lancé par le chef d'état-major de Tsahal, Boaz Bismuth a déclaré que les travaux sur ce texte controversé reprendraient dès la fin de la guerre

Le député Boaz Bismuth présidant une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, le 24 février 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Boaz Bismuth présidant une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, le 24 février 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le député Boaz Bismuth, a déclaré lundi qu’il allait relancer l’examen d’un projet de loi controversé visant à accorder des exemptions généralisées du service militaire aux Haredim étudiant en yeshiva, après avoir brièvement suspendu ses travaux à ce sujet au début de la guerre contre la République islamique d’Iran.

Membre du parti au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud, Bismuth a déclaré que le projet de loi serait inscrit à l’ordre du jour dans le cadre d’un ensemble de mesures législatives plus large visant à renforcer l’armée israélienne, mise à rude épreuve par les combats sur plusieurs fronts.

Outre le projet de loi sur la conscription des Haredim, cet ensemble de mesures comprendra des projets de loi visant à allonger la durée du service militaire obligatoire et à réglementer davantage le service de réserve.

Lors d’une allocution faite devant la Knesset lundi soir, Bismuth a confirmé qu’il ne ferait avancer ce projet de loi qu’après la fin de la guerre en Iran.

Il a déclaré que la décision de poursuivre ce projet de loi controversé avait été prise à la demande du chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir.

Zamir a averti, lors d’une réunion du Conseil des ministres la semaine dernière, que l’armée risquait de « s’effondrer sur elle-même » si le problème de la pénurie d’effectifs n’était pas résolu.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, dans le sud du Liban, le 27 mars 2026. (Crédit : Armée israélienne)

« À l’heure actuelle, Tsahal a besoin d’une loi sur la conscription, d’une loi sur le service de réserve et d’une loi visant à prolonger le service obligatoire », a-t-il déclaré.

Faisant référence à cette mise en garde, Bismuth a indiqué que le gouvernement « continuerait à faire exactement ce que souhaite le chef d’état-major, c’est-à-dire faire avancer la loi sur la conscription, car nos soldats sont importants pour nous ».

Cependant, les responsables de l’armée ont déjà averti que la législation actuellement à l’étude ne suffirait pas à résorber la pénurie de main-d’œuvre, et qu’elle pourrait même l’aggraver.

Le projet de loi sur la conscription défendu par Bismuth résulte d’une bataille qui dure depuis des décennies concernant la pratique consistant à accorder des exemptions généralisées du service militaire aux hommes ultra-orthodoxes.

En juin 2024, la Haute Cour a jugé qu’il n’y avait aucune base légale pour cette pratique et elle a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi pour commencer à enrôler les Haredim en âge de servir.

Les détracteurs ont toutefois averti que la version actuelle du projet de loi, rédigée après l’éviction de l’ancien président de la commission par le Likud – il avait tenté de mettre en place des sanctions pour les réfractaires – aurait l’effet inverse de celui escompté et consacrerait au contraire le maintien des exemptions pour les Haredim étudiant en yeshiva.

Le texte a été vivement critiqué par les hauts gradés de Tsahal, la procureure générale et de nombreux autres détracteurs, qui s’y opposent car il est truffé de failles et qu’il perpétue les inégalités dans le cadre de la conscription obligatoire.

Ils ont averti qu’en fin de compte, ce projet de loi n’augmenterait pas l’enrôlement des Haredim, alors que Tsahal fait état d’une pénurie de main-d’œuvre après plus de deux ans de combats sur plusieurs fronts.

Des Haredim manifestant contre la conscription militaire, à Jérusalem, le 6 janvier 2026. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Initialement prévue dans le cadre du budget de l’État 2026, cette législation a été retirée à la suite du déclenchement de la guerre contre le régime iranien, le 28 février, afin de garantir l’adoption du budget dans les meilleurs délais pour couvrir les coûts de la guerre.

Bien que les factions haredim de la Knesset aient initialement menacé de retirer leur soutien au budget si leur projet de loi sur la conscription n’était pas adopté en même temps, elles ont fini par accepter de le soutenir sans cette mesure, compte tenu des circonstances.

Avant le vote, les médias israéliens ont toutefois rapporté que les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah conditionnaient leur soutien au budget à la réintroduction du projet de loi sur l’exemption du service militaire, une fois celui-ci adopté.

Les députés ont voté en faveur du budget par 62 voix contre 55, dans la nuit de dimanche à lundi, évitant ainsi des élections législatives anticipées qui auraient été déclenchées si le budget n’avait pas été adopté avant le 31 mars.

Les députés de l’opposition, qui ont vivement critiqué Bismuth lundi, ont été rejoints par une voix dissidente au sein de la coalition : la vice-ministre des Affaires étrangères, Sharren Haskel, a averti que ce projet de loi mettrait en danger la sécurité nationale en temps de guerre et elle a accusé les Haredim de tenter de gagner du temps jusqu’à l’élection du prochain gouvernement, moment auquel, selon elle, ils exigeraient des exemptions générales.

« Quiconque met en danger la sécurité de l’État d’Israël en temps de guerre et exempte les personnes éligibles à la conscription alors que le chef d’état-major tire la sonnette d’alarme et réclame des forces de combat ne sera pas pardonné par l’opinion publique », a-t-elle averti.

Haskel, membre du parti Tikva Hadasha du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, avait déclaré connaître au moins six autres législateurs de la coalition qui prévoyaient de s’opposer au projet de loi de Bismuth lorsqu’il serait soumis au vote.

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