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Plus de 11 000 signataires soutiennent un anti-Israël de NY qui a attaqué des Juifs

Des groupes vendent des pins à l'effigie de groupes terroristes en soutien à Tarek Bazrouk, qui proclame être "contre la violence" après avoir agressé trois Juifs

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Des manifestants anti-Israël, à New York, le 16 août 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Des manifestants anti-Israël, à New York, le 16 août 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Plus de 11 000 personnes ont signé une lettre adressée à un juge pour soutenir un activiste anti-Israël américain qui doit être condamné à la fin du mois pour des crimes de haine à caractère antisémite.

En juin, Tarek Bazrouk, 20 ans, a plaidé coupable devant un tribunal fédéral de New York pour avoir agressé ces personnes en raison de leur identité juive ou israélienne. Les victimes de ces agressions, qui ont eu lieu lors de manifestations anti-Israël en 2024 et début 2025, portaient toutes des symboles juifs ou israéliens ou étaient identifiables comme telles.

Bazrouk est devenu un symbole pour les militants anti-Israël à travers les États-Unis, des groupes influents tels que National Students for Justice in Palestine ayant exhorté leurs partisans à signer une lettre adressée au juge chargé de son affaire.

La lettre réclamant une peine clémente pour Bazrouk a été déposée mardi, accompagnée de près de 250 pages de signatures. Bazrouk sera condamné le 28 octobre par la Cour fédérale du district sud de New York.

« Tarek Bazrouk est un membre très apprécié de la communauté new-yorkaise. Nous affirmons solennellement que Tarek ne représente aucun danger pour la communauté », y est-il écrit.

La lettre réclame la libération de Bazrouk en raison du temps déjà purgé, ce qui signifierait qu’il serait libéré après l’audience. Elle affirme également que Bazrouk a subi un « traumatisme personnel profond » et qu’il a été incarcéré pendant six mois dans des « conditions inhumaines ».

Un manifestant anti-Israël portant un bandeau du Hamas devant le centre hospitalier NYU Langone, à New York, le 6 janvier 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

« Tarek, comme beaucoup d’autres jeunes hommes dans le système pénal, serait profondément affecté et traumatisé par une longue peine dans une prison fédérale », poursuit la lettre.

« Nous pensons que la justice restaurative sera atteinte grâce au développement personnel de Tarek et à son évolution en tant qu’homme et membre respecté de la communauté, plutôt que par l’incarcération. »

Dans une lettre adressée au juge, Bazrouk a déclaré être « contre la violence ».

« J’aimerais pouvoir revenir en arrière et revivre ces moments. Au lieu de frapper et de donner des coups de pied aux autres, j’essaierais plutôt de discuter et de trouver des moyens de rétablir la paix et de rendre justice », a-t-il écrit.

Parmi les autres groupes militants importants qui soutiennent Bazrouk, on compte le Palestinian Youth Movement, l’organisation militante radicale Within Our Lifetime (WOL), le réseau d’activistes anti-Israël Pal-Awda, la coalition étudiante Columbia University Apartheid Divest (CUAD) à l’origine des manifestations anti-Israël sur le campus de l’université new-yorkaise, ainsi que d’autres groupes étudiants de la Grosse Pomme.

Outre la signature de la lettre, les sympathisants de Bazrouk ont fait don de plus de 6 800 dollars à son compte de cantine en prison et ont lancé une campagne pour afficher des tracts en sa faveur dans toute la ville de New York.

D’autres militants ont publié sur les réseaux sociaux des photos les montrant en train de vendre des pins en soutien à Bazrouk. Ces pins arboraient les photos des défunts chefs terroristes Yahya Sinwar et Hassan Nasrallah, du porte-parole du Hamas, Abu Obeida, ainsi que le logo du Hamas. La vente proposait également des affiches du groupe terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et des porte-clés sur lesquels était inscrit « Mort à l’armée israélienne ». Les publications indiquaient que la vente avait eu lieu la semaine dernière à Prospect Park, dans le quartier de Brooklyn.

La campagne en faveur de Bazrouk a occulté les violences antisémites, le présentant comme un « prisonnier politique ».

Des manifestants anti-Israël, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

« Des accusations fédérales pour ‘crime de haine’ – une escalade rare et excessive clairement destinée à le réduire au silence dans sa participation aux manifestations en faveur de la Palestine », indiquaient les tracts.

Bazrouk encourt une peine maximale de cinq ans de prison et une amende de 250 000 dollars.

Toutes les agressions ont eu lieu lors de manifestations anti-Israël à Manhattan. Bazrouk a déclaré au juge chargé de l’affaire qu’en tant que Palestinien, il avait commis ces agressions « pour exprimer son indignation face aux meurtres et aux déplacements massifs de civils palestiniens dans la bande de Gaza par Israël ».

En avril 2024, Bazrouk, qui portait un bandeau du groupe terroriste palestinien du Hamas, s’en est pris à des partisans d’Israël lors d’une manifestation devant la Bourse de New York. Il a été arrêté pendant l’altercation et, alors qu’il était escorté vers un véhicule de police, il a donné un coup de pied dans le ventre d’un étudiant juif, d’après les éléments du dossier.

Des manifestants anti-Israël accusant Israël de « génocide », à New York, le 16 août 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Puis en décembre de la même année, lors d’une manifestation près de l’université Columbia, Bazrouk a arraché un drapeau d’Israël des mains de deux frères juifs tout en les traitant de « nazis ». Alors que ces derniers suivaient Bazrouk à travers la foule pour récupérer le drapeau, il les a pris en embuscade par le côté et a frappé l’un d’entre eux au visage.

Enfin, en janvier 2025, lors d’une autre manifestation, Bazrouk a bousculé un contre-manifestant juif. Ce dernier l’a repoussé, et Bazrouk lui a alors donné un coup de poing dans le nez.

Toutes les victimes portaient une kippa, une étoile de David ou un drapeau d’Israël, ou faisaient partie d’un groupe chantant des chansons juives. Deux des victimes étudiaient à Columbia.

Les enquêteurs ont également trouvé des SMS envoyés par Bazrouk qui confirmaient ses motivations antisémites.

Des manifestants socialistes anti-Israël, à New York, le 5 juin 2024. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Une déclaration du département américain de la Justice indique que Bazrouk se définit lui-même comme un « antisémite ».

Il a écrit à des connaissances, à propos des Juifs, « Ils ne valent rien », « Qu’Allah nous débarrasse d’eux », a traité un homme juif de « putain de Juif » et a menacé de tirer sur des Juifs.

Il a également déclaré à un ami qu’il était « fou de joie » d’apprendre que des membres de sa famille faisaient partie du Hamas, alors qu’il se trouvait en Cisjordanie et en Jordanie.

Sur Instagram, il a publié une vidéo d’un enfant juif, a incité ses abonnés à « l’attraper » et a publié le nom de l’école juive où étudie cet enfant.

Il a également affiché son soutien au Hamas sur les réseaux sociaux. De plus, son téléphone contenait de la propagande pro-Hamas et pro-Hezbollah, notamment des images de Sinwar, et il faisait partie d’un groupe de discussion qui recevait des messages d’Abu Obeida.

Outre les agressions, Bazrouk a été arrêté au moins douze autres fois, notamment pour trafic de drogue.

Lors de la perquisition de sa chambre, dans un appartement qu’il partageait avec sa famille, les enquêteurs ont trouvé un pistolet de type « airsoft » ressemblant à une arme à feu réelle, des douilles, des poings américains, quatre couteaux dont un à cran d’arrêt, ainsi que 750 000 dollars en espèces dont l’origine reste inconnue. Il a remis cet argent aux autorités dans le cadre d’une négociation de peine.

New York abrite la plus grande communauté juive en dehors d’Israël. Selon les données de la police new-yorkaise, les Juifs sont beaucoup plus souvent victimes de crimes de haine dans la ville que toute autre communauté.

Les condamnations pour crimes de haine sont toutefois relativement rares, car il est très difficile de prouver l’existence d’un motif discriminatoire sur le plan juridique.

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