Plus de 2 100 terroristes éliminés depuis la reprise des combats à Gaza en mars
Selon Tsahal, le Hamas est "à genoux" à la veille de la prise de Gaza-City ; les ONG disent de ne pas pouvoir faire venir des fournitures d'hébergement malgré la levée des restrictions
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Depuis la fin du dernier cessez-le-feu dans la bande de Gaza, en mars, l’armée israélienne a éliminé plus de 2 100 terroristes, dont de nombreux commandants supérieurs du Hamas et d’autres dirigeants de ce groupe terroriste palestinien, a annoncé Tsahal mercredi.
D’après le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, 10 576 Gazaouis auraient été tués au cours de cette période. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Depuis le 18 mars, plus de 10 000 cibles terroristes ont été frappées par des avions de chasse, des hélicoptères et des drones de l’armée de l’air israélienne, ainsi que par des navires de la marine, a indiqué l’armée, ajoutant qu’elle avait le « contrôle opérationnel » de 75 % de la bande de Gaza, acquis à la faveur de sa toute dernière offensive.
« Ce contrôle opérationnel a permis à Tsahal de redoubler d’activité et de porter des coups durs aux capacités et infrastructures terroristes du Hamas, perturbant ainsi sa chaîne de commandement », ajoute l’armée.
La frappe aérienne qui a éliminé Mohammed Sinwar, le chef du Hamas à Gaza et frère du défunt chef du groupe terroriste, Yahya Sinwar, tué par Israël l’an dernier, ainsi que Muhammad Shabana, commandant de la brigade de Rafah du groupe terroriste et Mahdi Quara, commandant du bataillon sud de Khan Younès est la frappe la plus importante menée depuis le mois de mars.
Les trois terroristes ont été tués le 13 mai, avec d’autres, alors qu’ils se cachaient dans un tunnel sous l’hôpital européen de Khan Younès.
L’armée israélienne a par ailleurs revendiqué la mort de plusieurs dirigeants du gouvernement du Hamas, d’agents de la sécurité intérieure, de six hauts commandants des forces de commando naval du groupe terroriste et de dizaines de terroristes ayant pris une part active au pogrom commis en Israël le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts, essentiellement des civils, et au cours duquel 251 otages ont été enlevés et emportés de force à Gaza.
Les combats ont repris en mars après l’échec d’un accord de cessez-le-feu de 60 jours assorti de la libération des otages.
Selon Tsahal, l’offensive israélienne contre le Hamas ces derniers mois « a porté un coup dur aux capacités de combat et de commandement des groupes terroristes dans la bande de Gaza » et « a créé des conditions opérationnelles favorables, intensifiant la pression sur le groupe terroriste du Hamas et dégradant ce qu’il lui reste de capacités ».
« Ces succès sont la base des prochaines actions de Tsahal dans la bande de Gaza », a expliqué l’armée en faisant allusion à la prochaine offensive prévue à Gaza-City.
Tsahal a rappelé des dizaines de milliers de réservistes pour cette offensive majeure qui indigne la communauté internationale et les familles d’otages, qui craignent que l’opération ne soit fatale à leurs proches.
Mercredi, lors d’une conférence de presse, le porte-parole de l’armée, le général de brigade Effie Defrin, a déclaré que le Hamas était une « organisation de guérilla mise à genoux » par la dernière opération de Tsahal.
« Nous allons redoubler de coups contre le Hamas à Gaza-City, un bastion du terrorisme… Nous allons intensifier les attaques contre les infrastructures terroristes en surface comme en sous-sol, et réduire la dépendance de la population vis-à-vis du Hamas », a-t-il signalé.
Defrin a ajouté que l’armée « n’attendrait pas » et avait d’ores et déjà commencé les opérations préliminaires à Gaza-City, avant l’offensive visant à prendre le contrôle de la ville.
« Les soldats de Tsahal prennent déjà le contrôle de la périphérie de Gaza-City », a-t-il poursuivi.
Parallèlement, l’armée a annoncé que des avions en provenance de Jordanie, des Émirats arabes unis, d’Allemagne, des Pays-Bas, de France, de Singapour et d’Indonésie avaient largué 154 palettes d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, mercredi. Selon elle, chaque palette contient plusieurs centaines de kilos de vivres.
L’Indonésie, le pays qui compte la plus grande population musulmane au monde, n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a balayé d’un revers de la main les informations faisant état d’une famine à Gaza, les traitant de « mensonges » colportés par le Hamas.
Mais face à la pression internationale, en juillet, le gouvernement a pris des mesures pour lutter contre la faim dans la bande de Gaza, notamment par le biais de largages aériens et de « pauses humanitaires » quotidiennes de dix heures dans le cadre d’opérations militaires, afin de permettre l’acheminement de l’aide vers trois centres de population.
Plus tôt en août, pour la première fois depuis près d’un an, Israël a annoncé autoriser l’entrée de marchandises commerciales à Gaza afin d’augmenter le flux de vivres et d’articles d’hygiène essentiels, qui n’étaient auparavant livrés que par des organisations humanitaires.
L’activité de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël et créée pour fournir de l’aide humanitaire sans qu’elle soit pillée par le Hamas, a donné lieu à des tirs quasi quotidiens qui, selon l’ONU, auraient fait un millier de victimes parmi les personnes venues se procurer de la nourriture dans les centres de distribution de la GHF. Selon l’ONU, ces tirs seraient le fait de l’armée israélienne.
Mercredi, des responsables de cinq ONG humanitaires, dont des agences de l’ONU, ont déclaré à Reuters qu’ils n’avaient pas encore reçu de fournitures d’hébergement à Gaza, alors même que les autorités israéliennes avaient annoncé la levée des restrictions ces fournitures. Ils ont ajouté que tout nouveau retard se traduirait par davantage de morts parmi la population gazaouie.
« Les Nations unies et nos partenaires n’ont pas été en mesure de faire venir des fournitures d’hébergement, malgré l’annonce israélienne », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
« Il y a beaucoup d’obstacles à surmonter, à commencer par les procédures de dédouanement israéliennes. »
CARE International, ShelterBox et le Norwegian Refugee Council ont indiqué qu’ils n’avaient pas encore reçu l’autorisation de livrer des matériaux d’hébergement. Une autre ONG internationale, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré ne pas avoir pu faire entrer ces fournitures, mais qu’elle tentait d’obtenir les autorisations nécessaires.
Selon les Nations unies, plus de 1,3 million de Gazaouis n’ont pas de tente, et l’opération militaire de prise de contrôle de Gaza-City risque de provoquer le déplacement de nombreuses personnes supplémentaires.
Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) n’a pas encore répondu aux questions de Reuters. Il avait précédemment déclaré faire d’énormes efforts pour que l’aide parvienne à Gaza, niant catégoriquement faire de l’obstruction.
Après près de deux ans de guerre, de nombreux Gazaouis déplacés vivent dans les décombres de leur maison ou dans des tentes.
« Vivre dans une tente, ce n’est pas une vie… Il n’y a ni salle de bains, ni endroit décent pour s’asseoir. On s’assied dans la rue, car on suffoque de chaleur », témoigne Ibrahim Tabassi, âgé de 55 ans, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Il partage une tente exiguë, faite de bâches et de ferraille, avec neuf membres de sa famille. Des vêtements et des pots sont suspendus à l’intérieur.
Sanaa Abu Jamous, une autre habitante de Gaza, confie qu’elle utilise la même tente, aujourd’hui en lambeaux, depuis le début de la guerre, comme beaucoup d’autres Gazaouis.
« Ma tente est en très mauvais état », explique-t-elle.
La Croix-Rouge explique à Reuters avoir reçu l’autorisation du COGAT de faire venir des matériaux d’hébergement depuis ce que l’on appelle le corridor jordanien jusqu’à Kerem Shalom, mais que de nombreux problèmes subsistaient.
L’ONG Norwegian Refugee Council dit avoir demandé des autorisations pour faire entrer 3 000 tentes à Gaza, notamment dans le nord, mais n’a pas encore reçu de réponse.
Nombre d’ONG humanitaires refusent de se plier aux exigences israéliennes, notamment celle de s’enregistrer, car cela implique de communiquer des informations sensibles sur leur personnel palestinien.
Selon le COGAT, il s’agit d’un contrôle de sécurité destiné à garantir que l’aide parvient directement à la population et non au groupe terroriste du Hamas.
Selon le directeur régional de l’ONG ShelterBox, Haroon Altaf, le fait de n’accorder d’autorisations qu’à quelques ONG ne permettra pas de répondre à la demande en matière de structures d’hébergement.
« Si seules quelques ONG peuvent apporter de l’aide aux réfugiés, cela ne suffira pas, et c’est profondément préoccupant. Des gens vont mourir à cause de cela », conclut-il.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré mercredi que l’offensive militaire prévue à Gaza-City ne pouvait « conduire qu’à un désastre pour les deux peuples » et appelé à un cessez-le-feu permanent, à un accord en vue de la libération des otages, au désarmement du Hamas et à une « mission internationale de stabilisation » pour la bande de Gaza.
Sur le réseau social X, Macron a indiqué s’être entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie et le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi, les trois dirigeants partageant la même conviction que la prochaine action militaire israélienne à Gaza, qui doit commencer par la prise de Gaza-City, « risque de plonger toute la région dans un cycle de guerre permanente ».
En début de mois, Netanyahu a réitéré qu’Israël ne céderait pas le contrôle de Gaza à l’Autorité palestinienne (AP) une fois la guerre terminée, ce qui est en totale contradiction avec l’appel de Macron en faveur du renforcement du rôle de l’AP dans la bande de Gaza.
Macron a rappelé que la France coprésiderait une conférence sur la solution à deux États avec l’Arabie saoudite, à New York, le mois prochain, en soulignant qu’il s’agissait selon lui de la « seule voie crédible à suivre – pour les familles des otages, pour les Israéliens et pour les Palestiniens ».
Plus de 62 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
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