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Portugal : 37 extrémistes de droite arrêtés pour crimes de haine

Selon la police, ces hommes "faisaient la promotion de l'idéologie nazie", visant et intimidant les immigrants ; des armes et de la propagande néonazie avaient été saisies lors d'un raid

La police portugaise arrête une femme qui manifestait contre une manifestation contre « l'immigration incontrôlée » organisée par le parti d'extrême droite portugais Chega à Lisbonne le 29 septembre 2024. (Crédit : Patricia De Melo Moreira/AFP)
La police portugaise arrête une femme qui manifestait contre une manifestation contre « l'immigration incontrôlée » organisée par le parti d'extrême droite portugais Chega à Lisbonne le 29 septembre 2024. (Crédit : Patricia De Melo Moreira/AFP)

La police portugaise a arrêté, dans la journée de mardi, 37 personnes qui sont soupçonnées d’appartenir à un groupe d’extrême droite responsable de crimes de haine – une organisation qui entretient des liens avec des groupes internationaux similaires – dans le cadre d’une vaste opération qui a mobilisé environ 300 agents.

« Les personnes arrêtées […] faisaient la promotion de l’idéologie nazie, inhérente à la culture national-socialiste et à l’extrême droite radicale et violente ; elles agissaient pour des motifs racistes et xénophobes dans le but d’intimider, de persécuter et d’agresser les minorités ethniques, notamment les immigrants », a commenté la police judiciaire dans un communiqué.

Les perquisitions ont permis de découvrir des armes de différents types et du matériel de propagande néonazie.

Les 37 suspects avaient « un casier judiciaire chargé et ils entretenaient des liens avec des groupes internationaux qui font la promotion de la haine », a expliqué la police judiciaire dans un communiqué, ajoutant que 15 personnes avaient été officiellement mises en examen.

Selon les médias locaux, les victimes étaient pour la plupart des immigrants originaires de pays à majorité musulmane d’Asie du Sud.

Selon des sources policières, le groupe en question s’appelait « 1143 » – une référence faite à l’année où le Portugal était devenu un royaume. Le chef du groupe, Mario Machado, purge actuellement une peine de prison après avoir été condamné pour discrimination raciale, discours de haine et violences.

Mario Machado, leader du groupe d’extrême droite 1143, arrêté par la police lors d’un rassemblement à Lisbonne, au Portugal, le 25 avril 2025. (Crédit : Patricia De Melo Moreira/AFP)

L’arrivée de travailleurs du Bangladesh, d’Inde et du Pakistan a fait passer la population d’origine étrangère du Portugal à environ 15 % du total, ces dernières années.

En juin, la police a arrêté plusieurs néonazis présumés qui cherchaient à créer une milice armée illégale, et elle a saisi des armes à feu et des explosifs.

Les suspects appartenaient vraisemblablement au Mouvement armillaire lusitanien, peu connu, dont le nom fait référence à l’un des symboles nationaux du Portugal, la sphère armillaire.

Les organisations de défense des droits humains s’inquiètent depuis longtemps de la recrudescence des discours de haine et des agressions qui prennent pour cible les immigrés au Portugal, où le parti d’extrême droite anti-immigration Chega est devenu l’année dernière le deuxième groupe parlementaire, 50 ans après le renversement de la dictature fasciste dans le pays.

Au mois de juin, un groupe de néonazis avait attaqué plusieurs acteurs devant un théâtre de Lisbonne pendant les célébrations de la fête nationale portugaise, ce qui avait poussé le gouvernement, critiqué par les partis de gauche pour son inaction présumée contre les organisations d’extrême droite, à condamner les actes de violence et à promettre une enquête.

Et au mois d’avril dernier, des groupes d’extrême droite avaient provoqué des affrontements dans le centre-ville de Lisbonne, gâchant les célébrations du 51e anniversaire de la Révolution des œillets, qui avait mis fin à la dictature.

Dimanche, le leader de Chega, Andre Ventura, est arrivé deuxième au premier tour de l’élection présidentielle, se qualifiant pour le second tour contre le candidat socialiste Antonio Jose Seguro.

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