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« J’aimerais que chaque jour soit le 7-Octobre » : Une New-Yorkaise a financé des terroristes de Gaza

Catherine Beth Washburn aurait envoyé 30 000 dollars, collectés à des fins humanitaires, à un terroriste du Jihad islamique palestinien, qui s’était vanté d’avoir participé au pogrom

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Une photo non datée de Catherine Washburn au téléphone, devant un drapeau du groupe terroriste palestinien du Hamas et deux grenades. (Crédit : Tribunal du district ouest de New York)
Une photo non datée de Catherine Washburn au téléphone, devant un drapeau du groupe terroriste palestinien du Hamas et deux grenades. (Crédit : Tribunal du district ouest de New York)

Une femme originaire de l’État de New York a été arrêtée mardi pour avoir versé des fonds au groupe terroriste du Jihad islamique palestinien. Il s’agit du dernier épisode d’une série d’infractions présumées liées au terrorisme, commises par des militants antisionistes aux États-Unis.

Selon une plainte pénale fédérale, Catherine Washburn, 37 ans, aurait versé plus de 30 000 dollars à un membre de ce groupe terroriste, qu’elle avait collectés sous prétexte d’une cause humanitaire.

Washburn, qui réside à Irondequoit, près de la ville de Rochester, dans l’ouest de l’État de New York, est une organisatrice au sein du « Direction Action Movement for Palestinian Liberation », précise la plainte.

Ce groupe est une organisation extrémiste anti-Israël qui rejette les manifestations pacifiques au profit de « l’action directe », un terme engagé désignant des actes illégaux tels que le sabotage et la destruction de biens.

Selon la plainte déposée par un agent du FBI chargé de l’enquête, Washburn aurait collecté des fonds pour un Gazaoui, identifié par les initiales H. H., à partir de novembre 2024.

En février 2025, cet individu a indiqué à Washburn qu’il faisait partie du Jihad islamique palestinien et qu’il avait attaqué des soldats de l’armée israélienne. Elle a néanmoins continué à lui transférer des fonds jusqu’en avril de cette année, a précisé l’enquêteur.

Des images du présumé terroriste H.H., se montrant en possession d’armes, qui ont été envoyées à la suspecte Catherine Washburn. (Crédit : Tribunal du district ouest de New York)

Dans un message adressé à H. H. en février, Washburn déclarait : « Si je vivais à Gaza, je me battrais aux côtés de la résistance [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes]. »

H. H. lui a expliqué qu’il était membre des Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique palestinien, et qu’il avait participé au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Washburn l’a remercié d’avoir participé à cet assaut barbare et sanglant, avant de louer son « courage ».

Le terroriste a ajouté qu’il s’était emparé de matériel de Tsahal au poste-frontière d’Erez, « après les avoir attaqués et tués », puis lui a envoyé une vidéo le montrant en train de tenir un lance-roquettes antichar sur lequel figurait une inscription en hébreu.

« Oh oui, bravo », a déclaré Washburn. « J’aimerais que chaque jour soit le 7-Octobre. » « Je déteste tellement les Juifs », a-t-elle ajouté.

Elle lui a également déclaré : « J’aimerais qu’Israël disparaisse », « Chaque pouce de Palestine doit être restitué » et « Un seul État : la Palestine ».

H. H. lui a également envoyé des photos de lui brandissant des pistolets et des fusils d’assaut, et ils ont discuté des « missions » qu’il menait dans le nord de Gaza, un euphémisme évident pour désigner des actions terroristes.

Washburn a déclaré qu’elle était « fière » d’avoir gagné la confiance du terroriste, et celui-ci lui a répondu : « Catherine, tu te battais vraiment à mes côtés, mon amour. »

H. H. lui a raconté qu’il avait été témoin d’une embuscade meurtrière contre des troupes israéliennes, ce à quoi Washburn a répondu : « Je suis enthousiaste chaque fois que je vois aux informations qu’un soldat de l’occupation [israélien] a été tué. »

Des images du présumé terroriste H.H., se montrant en possession d’armes, qui ont été envoyées à la suspecte Catherine Washburn. (Crédit : Tribunal du district ouest de New York)

Dans d’autres messages, elle lui a demandé de « valider » un tee-shirt qu’elle avait conçu et sur lequel figuraient les logos de groupes terroristes. Elle vendait ces tee-shirts dans le cadre d’une collecte de fonds, selon la plainte. Elle a également proposé d’envoyer au terroriste des cartes topographiques qu’il pourrait utiliser pour cibler des Israéliens.

Certaines conversations se sont déroulées en arabe et les messages utilisaient apparemment des mots codés, comme le remplacement du mot « combat » par « travail », ainsi que l’utilisation d’émojis en forme de cœur vert pour désigner le Hamas et de cœurs noirs pour le Jihad islamique palestinien.

Après avoir découvert qu’il appartenait à un groupe terroriste, Washburn a publié une photo du terroriste présumé sur Facebook, sollicitant des dons pour « l’aider à subvenir aux besoins de sa famille de neuf personnes ». Elle a également diffusé un lien vers la page de dons sur WhatsApp, selon la plainte.

Les dons ont été collectés via la plateforme australienne Chuffed, qui se présente comme une plateforme de collecte de fonds destinée aux « mouvements de justice sociale à travers le monde ». Chuffed n’a pas encore répondu à notre demande de commentaires.

Illustration : Des terroristes armés du Hamas et du Jihad islamique palestinien saluant les fidèles rassemblés pour la prière de l’Aïd al-Fitr à Gaza-City, le 20 mars 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Washburn a ouvert un compte bancaire pour recueillir les dons, qui a reçu 1 302 contributions. Elle a utilisé ces fonds pour acheter des cryptomonnaies sur Coinbase, puis les a transférées vers un portefeuille cryptographique appartenant à H. H., selon la plainte.

Entre octobre 2025 et avril 2026, Washburn a effectué 80 transferts de cryptomonnaies à H. H., pour un montant total de 30 116 dollars.

Elle plaisantait sur le fait d’être emprisonnée, déclarant : « Vu ma collecte de fonds passée et mes publications, je vais me faire enfermer pour plusieurs vies », suivi d’un emoji rieur. Ce message indiquait qu’elle savait que les fonds étaient destinés au Jihad islamique palestinien et qu’ils étaient donc illégaux, a souligné l’enquêteur.

Les discussions entre Washburn et H.H. sur les munitions, les armes et les « missions » de ce dernier indiquaient également son intention de soutenir des activités terroristes, selon la plainte.

« Ton aide ici, à Gaza, c’est combattre sur le chemin d’Allah », lui a dit H. H., ce à quoi elle a répondu : « Si Allah le veut. Ce combat est sacré. »

Elle a également déclaré avoir été en contact avec d’autres terroristes du Hamas.

Le financement du Jihad islamique palestinien est illégal aux États-Unis, car ce groupe est désigné comme une organisation terroriste étrangère par les autorités américaines.

On ignore comment Washburn est entrée en contact pour la première fois avec le terroriste présumé, bien qu’elle lui ait dit avoir déjà visionné des vidéos sur son compte Instagram, qui compte 319 000 abonnés. Sa page Facebook compte, quant à elle, 565 000 abonnés.

Sur les réseaux sociaux, H. H. a notamment partagé des appels aux dons prétendument destinés à sa famille, publié des vidéos sur les difficultés rencontrées à Gaza, telles que les pénuries alimentaires, et exprimé son soutien aux flottilles militantes visant à contourner les restrictions maritimes strictes imposées par Israël à Gaza. Ces publications ne laissent en aucun cas supposer qu’il s’agit d’un terroriste.

H. H. a déclaré à Washburn qu’il utilise les réseaux sociaux pour « [se] présenter comme un individu pacifique, plutôt que comme un combattant de la résistance », et qu’il avait supprimé des images de lui-même en train d’envahir Israël afin d’éviter d’être intercepté aux postes de contrôle.

Le compte Instagram de Washburn renvoie vers dix collectes de fonds qui, selon elle, étaient destinées à aider des familles gazaouies.

« Faire un don directement aux familles de Gaza sauve des vies », peut-on lire dans la biographie de son compte.

Des corps gisant sur une route principale, suite à l’attaque du Hamas, à proximité du kibboutz Gevim, le 7 octobre 2023. (Crédit : Oren Ziv/AFP)

Le compte Facebook de Washburn la présentait comme une ancienne mère au foyer. Avant le début de la guerre contre le Hamas à Gaza, elle avait collecté des fonds pour des causes telles que des refuges pour chiens.

Elle a publié son premier message concernant Gaza dans les semaines qui ont suivi le 7-Octobre, puis a enchaîné avec des publications partageant des vidéos du Jihad islamique palestinien et du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, et a participé à des manifestations anti-Israël à Rochester.

Au moins un autre activiste, un manifestant irlandais ayant rejoint une flottille pour Gaza et comptant plus de 200 000 abonnés sur les réseaux sociaux, a partagé la collecte de fonds de H. H. Il est également apparu sur le compte d’un influenceur de Gaza qui compte 1,3 million d’abonnés.

Washburn a été inculpée de tentative de fourniture de soutien matériel et de ressources à un groupe terroriste désigné et encourt une peine maximale de vingt ans de prison et une amende de 250 000 dollars.

Des terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien avant la remise d’otages à la Croix-Rouge dans la ville de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2025. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Les accusations portées contre Washburn font écho à une autre affaire ouverte par les autorités fédérales en Californie le mois dernier, dans laquelle le suspect aurait levé des fonds, soi-disant à des fins humanitaires, mais aurait en réalité détourné cet argent au profit du Hamas ou pour ses dépenses personnelles.

Ces stratagèmes s’apparentaient à ceux de la Holy Land Foundation, un groupe poursuivi aux États-Unis dans les années 2000 pour avoir sollicité des dons caritatifs qui avaient été détournés au profit du Hamas. Les « Holy Land Five », emprisonnés, demeurent des figures populaires au sein du groupe terroriste antisioniste.

Une autre affaire, rendue publique en mai devant un tribunal new-yorkais et visant un agent iranien présumé, a également illustré la manière dont les groupes terroristes utilisent les cryptomonnaies et les applications de messagerie chiffrée, telles que Telegram, pour faciliter leurs activités terroristes aux États-Unis, au Canada et en Europe.

Au cours de l’année écoulée, les autorités fédérales américaines ont également inculpé des militants anti-sionistes pour des infractions liées au terrorisme dans le Michigan et en Californie.

Un groupe d’extrême-droite anti-Israël a été inculpé le mois dernier pour avoir comploté en vue de commettre un attentat lors d’un événement à la Maison Blanche.

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