Zamir : « Il faut conclure l’accord pour les otages actuellement sur la table »
Selon de hauts responsables, le cadre de libération progressive, que le Hamas a accepté, n'est plus d'actualité ; les détails des nouvelles négociations restent indéterminés
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Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré dimanche que Tsahal avait créé les conditions propices à un accord pour les otages, ajoutant en privé que le gouvernement devait accepter la proposition actuellement sur la table.
Toutefois, de hauts responsables israéliens ont déclaré que le cadre de libération progressive accepté par le groupe terroriste palestinien du Hamas la semaine dernière n’était plus d’actualité.
« Il y a un accord sur la table, il s’agit du cadre Witkoff amélioré [proposé par l’envoyé américain pour le Moyen-Orient] », a déclaré Zamir lors d’une visite à la base navale de Haïfa, selon la Treizième chaîne.
Il aurait ajouté que « la balle était désormais dans le camp [du Premier ministre, Benjamin] Netanyahu », et que « la vie des otages serait gravement menacée si l’armée prenait le contrôle de Gaza-City ».
Dans des déclarations officielles publiées par l’armée, Zamir a déclaré que Tsahal avait atteint les objectifs de l’Opération « Chars de Gédéon » contre le Hamas à Gaza, « et que, grâce à la pression militaire, les conditions nécessaires à la libération des otages avaient été créées ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait convoquer mardi le cabinet de sécurité pour discuter de Gaza et des efforts visant à parvenir à un accord pour la libération des otages, a rapporté lundi soir la chaîne N12.
Selon la chaîne d’information, la décision concernant le lieu du nouveau cycle de négociations serait prise lundi ou mardi, mais le calendrier et la composition de l’équipe ne sont pas encore déterminés.
Les précédents cycles de pourparlers, qui se sont déroulés tout au long des vingt-deux mois de guerre, ont eu lieu en Égypte et au Qatar, deux pays qui ont joué un rôle clé en tant qu’intermédiaires entre Israël et le groupe terroriste.
Selon N12, le prochain cycle de négociations pourrait avoir lieu aux Émirats arabes unis ou en Europe. Il reste également à déterminer si la composition de la délégation sera différente de celle du groupe qui s’est rendu au Qatar le mois dernier, avant l’échec de ce cycle de négociations. David Barnea, le directeur de l’agence de renseignement du Mossad, qui avait participé aux précédents pourparlers, pourrait réintégrer l’équipe, a indiqué la chaîne.
La semaine dernière, le Premier ministre a déclaré avoir donné instruction à une équipe de négociateurs israéliens de rechercher un accord global avec le Hamas, après que le groupe terroriste, qui avait rejeté à plusieurs reprises le cadre dit « Witkoff » pour un cessez-le-feu et une libération progressive des otages, a déclaré avoir accepté la proposition.
L’annonce du Hamas est intervenue quelques jours après que Netanyahu, qui avait longtemps soutenu le cadre Witkoff, a déclaré qu’il n’accepterait plus d’accord partiel et ne négocierait que la libération de tous les otages.
Cette acceptation présumée de l’accord Witkoff par le Hamas est également intervenue après l’approbation par Jérusalem d’un plan visant à prendre le contrôle de Gaza-City, un plan auquel Zamir se serait fermement opposé en coulisses, invoquant le danger pour les otages restants, dont on pense qu’ils sont vingt ou vingt-deux à être encore en vie.
Des généraux à la retraite, des députés de l’opposition et des citoyens favorables à un accord pour les otages ont tous publiquement averti que les geôliers du Hamas pourraient assassiner les captifs si les troupes israéliennes s’approchaient, comme le Hamas l’a fait avec d’autres otages par le passé. Les familles des otages assassinés dont les dépouilles sont retenues dans la bande de Gaza ont également averti qu’une prise de contrôle de Gaza-City pourrait empêcher la récupération des corps de leurs proches.
L’armée se prépare toutefois activement à une nouvelle offensive. Des milliers de réservistes ont été mobilisés pour l’opération et devraient se présenter à leur poste le 2 septembre, les manœuvres devant commencer dans les semaines suivantes.
Le Forum des familles des otages et disparus : pas de « mandat » pour la guerre
Dans un communiqué publié dimanche soir, le Forum des familles des otages et disparus a déclaré : « Le chef d’état-major de Tsahal dit ce que la majorité de la nation exige : un accord global pour le retour des 50 otages et la fin de la guerre. »
« Tout comme l’ensemble de la nation israélienne, le chef d’état-major de Tsahal ne souhaite pas un nouvel « avis de décès d’un soldat, mais plutôt le retour de nos frères et sœurs de Gaza », a ajouté le forum.
« Netanyahu, le moment est venu de réaliser la volonté de la nation. Vous n’avez pas le mandat de poursuivre cette guerre sans fin. Vous n’avez pas le mandat de sacrifier les otages, les soldats et les citoyens d’Israël. »
Parallèlement, de hauts responsables israéliens ont déclaré lundi, sous couvert d’anonymat, qu’Israël n’accepterait pas le cadre proposé par Witkoff. Le pays a déjà renoncé aux accords dits « partiels », qui prévoiraient la libération échelonnée de certains otages pendant un cessez-le-feu initial et temporaire, les otages restants ne devant être libérés qu’après la conclusion d’un accord mettant définitivement fin à la guerre.
« Nous avons tourné la page [du cadre proposé par Witkoff] et envoyé un message clair. Les accords à venir avec le Hamas ne porteront que sur tous les otages et la fin de la guerre, à des conditions qu’Israël est prêt à accepter », ont déclaré ces responsables, selon la chaîne N12.
Au début du mois, Netanyahu a déclaré qu’Israël ne poursuivrait qu’un accord global visant à libérer tous les otages et à restituer les corps de tous les otages tués en une seule fois, en échange d’une fin de la guerre acceptable pour Israël.
Selon lui, la guerre doit prendre fin avec le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza et la mise en place d’un nouveau gouvernement civil sur le territoire, ni lié au groupe terroriste ni à l’Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah.
Les hauts responsables ont par ailleurs déclaré : « Il n’y a aucun lien entre les efforts visant à parvenir à un accord et l’offensive [pour prendre le contrôle de Gaza-City]. La prise de contrôle de Gaza-City commencera une fois que le processus d’évacuation aura été mené à bien. »
« Les pourparlers n’arrêteront pas l’offensive, bien au contraire : l’offensive accélérera les pourparlers », ont-ils déclaré, selon la chaîne N12.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Emanuel Fabian et Lazar Berman ont contribué à cet article.
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