On peut classer les options qui s’offrent Israël, à l’Autorité palestinienne et au Hamas suite au meurtre des trois adolescents comme allant du mauvais au pire.

Comme ce fut le cas dans la matinée de l’enlèvement, un seul événement particulier a le potentiel d’attirer toutes les parties dans une escalade stratégique qui changerait le statu quo.

Au cours de la réunion du cabinet pendant la nuit à Jérusalem lundi, toutes sortes d’idées pour une réaction israélienne appropriée ont été diffusées.

La démolition de maisons, la déportation des prisonniers, un assaut sur Gaza, et plus encore. Mais les chefs de la sécurité savent que la démolition de maisons ou l’exil des prisonniers ne réduiront pas la motivation des terroristes, et certainement pas celle des organisations islamistes.

Le Hamas a appris à offrir des compensations aux familles des terroristes dont les maisons ont été démolies. Celles-ci ont reçu plus que suffisamment d’argent pour les reconstruire. Quant à l’exil des prisonniers, il est devenu une arme à double tranchant.

Les prisonniers palestiniens libérés des prisons israéliennes et exilés ont, depuis leurs nouvelles maisons et leurs bureaux à Gaza, dans les pays arabes ou en Turquie, mis en place des efforts intensifs pour établir une infrastructure terroriste en Cisjordanie.

Là, en « diaspora », leur sont épargnés la menace implacable de l’arrestation ou l’élimination. Ces ex-détenus déportés sont capables de causer des dommages non moins importants, voire souvent plus, que leurs collègues de Cisjordanie qui vivent sous la surveillance étroite du Shin Bet et des forces de sécurité palestiniennes.

Si Israël veut prendre des mesures contre la direction du Hamas, l’adresse centrale a été et demeure encore la bande de Gaza, même s’il n’y a aucune preuve à ce stade d’un lien entre la cellule terroriste qui a enlevé et tué Eyal Yifrach, Gil-ad Shaar et Naftali Fraenkel, et les dirigeants du Hamas dans la bande de Gaza.

Cependant, malgré la pression de l’opinion publique en Israël pour une réponse aux meurtres, Jérusalem craint qu’en ciblant les dirigeants du Hamas à Gaza on aboutisse à une escalade. Le prix d’une action contre le Hamas, ou de mesures visant à détruire la direction du Hamas sera des dizaines de missiles sur le centre d’Israël et même sur le Nord. A ce stade, il ne semble pas qu’Israël soit intéressé à se lancer dans une guerre tous azimuts avec la bande de Gaza.

Israël attend maintenant que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas annonce la fin du processus de réconciliation avec le Hamas. La direction palestinienne s’est rassemblée mardi matin à Ramallah, mais selon une source palestinienne, Abbas n’est pas encore prêt à déclarer le processus d’unité Fatah-Hamas terminé.

« Nous ne sommes également pas prêts d’annoncer la dissolution du gouvernement de réconciliation nationale », a déclaré cette source au Times of Israel. Il a évalué que l’Autorité palestinienne allait d’abord examiner de près ce qui s’est déroulé et ensuite décider comment agir à l’égard du Hamas.

Il est évident que pour l’Autorité palestinienne, les membres du Hamas ont été responsables de l’enlèvement et des meurtres, mais il n’existe aucune preuve que la direction du Hamas à Gaza ou à l’étranger ait prévu l’opération avec la cellule de Hébron qui l’a réalisé.

Dans le même temps, il est clair pour les dirigeants palestiniens qu’il n’existe d’autre choix que de prendre des mesures les plus drastiques contre le Hamas en Cisjordanie, si ce n’est pour éviter une intervention israélienne plus intensive.

La réconciliation, du point de vue de l’Autorité palestinienne, reste une idée qui est pratique à « vendre » et à discuter dans les médias palestiniens, mais rien de plus. La réalité à Gaza ne changera pas, et en Cisjordanie les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne continueront à poursuivre leurs rivaux islamistes.

Et le Hamas ? En ce moment, l’organisation est dans une position compliquée. Il ne veut pas d’une escalade des hostilités contre Israël depuis la bande de Gaza, mais les diverses organisations plus petites sont en train de la provoquer. Il reconnaît que le ciblage d’Israël de 34 sites dans la bande de Gaza durant la nuit ne constituait pas une
« déclaration de guerre » par Israël, et la plupart des sites attaqués n’étaient pas peuplés.

Les Gazaouis sont fatigués des guerres et plus amers que jamais sur la situation économique, en particulier au cours de cette période de Ramadan. Et, comme toujours, une confrontation à grande échelle avec Israël pourrait provoquer la chute de la domination du Hamas à Gaza.

Néanmoins, l’inaction absolue du Hamas dans la bande de Gaza serait interprétée comme une faiblesse. Il semble probable par conséquent, que les attaques israéliennes sur Gaza seront suivies avec une réponse aussi minime que le Hamas peut se le permettre. Pour l’instant, du moins.