Pékin veut former 80 experts chinois de la lute contre le terrorisme, grâce à des spécialistes internationaux de ce domaine, notamment américains et israéliens, selon le quotidien China Daily, jeudi.

L' »Université de la Sécurité publique populaire » de Chine va recruter des experts américains, israéliens, pakistanais et australiens comme « enseignants associés », a indiqué Mei Jianming, directrice du Centre de recherche anti-terrorisme.

« Les États-Unis ont de l’avance en termes de recherche stratégique globale, et Israël dans le domaine de l’action tactique de lutte contre le terrorisme », a-t-il expliqué au quotidien de langue anglaise.

La Chine espère ainsi former 80 professionels chargés de lutter contre la menace croissante d’attaques terroristes sur son territoire, selon le China Daily.

Les attentats meurtriers à caractère terroriste se sont multipliées sur le sol chinois ces derniers mois, visant des civils notamment sur la place Tiananmen à Pékin, la gare de Kunming, dans la province du Yunnan, ou un marché à Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang.

Pékin accuse des extrémistes de cette région, où l’ethnie majoritaire est celle des Ouïghours, des musulmans turcophones, d’être à l’initiative de ces attentats.

Des centaines d’arrestations et treize exécutions ont été annoncées le mois dernier au Xinjiang à la suite des récents attentats.

La formation, qui durera quatre ans, portera entre autres sur la collecte de renseignements, les techniques d’action anti-terroriste et la coopération judiciaire internationale en la matière, a indiqué M. Mei.

Après avoir passé des tests physiques et psychologiques, les 80 élus devront aussi apprendre à se servir d’armes automatiques et de fusils de précision, selon le quotidien.

La Chine a crée des unités anti-terroristes aux niveaux national et local dès 2001, mais sans former de spécialistes de ce domaine, a indiqué Cheng Lin, président de l’Université de la sécurité publique populaire.

« Les efforts anti-terroristes se heurtaient à de nombreux problèmes », car le personnel était recruté au sein d’autres départements, a-t-il expliqué au China Daily.