Le pape François a condamné lundi tout antisémitisme en Europe, une tendance qu’il a jugée « préoccupante », en exaltant devant les rabbins européens le « dialogue systématique » engagé depuis 50 ans entre chrétiens et juifs.

« Les tendances antisémites et certains actes de haine et de violence sont préoccupants en Europe. Chaque chrétien ne peut qu’être ferme dans la condamnation de toute forme d’antisémitisme », a lancé Jorge Bergoglio qui a manifesté à de nombreuses reprises son amitié pour le judaïsme et les juifs.

Le pape argentin recevait en audience les responsables de la Conférence des rabbins européens (CER), une première depuis la fondation de cette organisation en 1956.

Faisant référence au document du Concile Vatican II, « Nostra Aetate » qui en 2005 avait exprimé le respect des autres religions dont le judaïsme, en rupture avec des siècles d’antijudaïsme catholique, François a souligné que ce dialogue progressait « depuis quasi un demi-siècle de manière systématique ».

« Juifs et chrétiens ont la responsabilité de contribuer à maintenir vivant le sens religieux des hommes et de notre société, témoignant de la sainteté de la vie humaine », a-t-il déclaré.

Le pape a rendu un vibrant hommage au rabbin de Rome Elio Toaff, « homme de paix et de dialogue » mort dimanche à Rome, qui avait joué un rôle essentiel dans le rapprochement judéo-chrétien en accueillant dans sa synagogue le pape Jean Paul II en 1986. Les deux hommes avaient développé un rapport d’amitié après cette visite historique.

Le grand rabbin de Moscou Pinchas Goldshmidt, président de la CER, a souligné devant le pape que les juifs sont aujourd’hui en Europe les « victimes collatérales » d’une offensive anti-musulmane instrumentalisée par les milieux d’extrême droite.

La CER est l’une des principales voix du judaïsme en Europe et regroupe environ 600 rabbins orthodoxes dans une quarantaine de pays.