La Ligue arabe a fait porter mercredi l' »entière responsabilité » de la crise dans les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens à l’Etat hébreu, qui réclame une prolongation des négociations sous médiation américaine censées s’achever le 29 avril.

La veille, le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait également accusé Israël d’avoir entravé le processus de paix, en refusant de libérer fin mars comme prévu un dernier contingent de prisonniers palestiniens et en lançant un nouvel appel d’offres pour 708 logements dans le quartier de colonisation de Gilo, à Jérusalem-Est annexée.

« Les ministres arabes des Affaires étrangères font porter l’entière responsabilité de la dangereuse crise dans les négociations de paix (…) à Israël », indiquent-ils dans un communiqué, à l’issue d’une réunion au siège de l’institution panarabe au Caire, à la demande du président palestinien Mahmoud Abbas.

La Ligue arabe dit encore soutenir M. Abbas qui, en riposte aux décisions israéliennes, avait signé le 1er avril les demandes d’adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux, estimant que les nouvelles exigences posées par Israël pour les libérations le déliaient de son engagement de s’abstenir de toute démarche auprès de la communauté internationale.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a ajouté que « malgré tout, les Palestiniens et les Arabes sont toutefois engagés à poursuivre les négociations et les efforts engagés par M. Kerry pour parvenir à sortir de la crise ».

M. Arabi a lui accusé Israël d’avoir pour « objectif stratégique de gagner du temps » en cherchant à faire repousser la date butoir des négociations du 29 avril.

M. Kerry était en tournée au Proche-Orient la semaine dernière et il en est rentré exaspéré et pessimiste face à un dialogue de paix au bord de l’implosion.

Il a prévenu qu’il y avait « des limites au temps et aux efforts » de Washington « si les parties ne sont pas désireuses de faire des progrès ».

Le ministre avait remis sur les rails fin juillet le dialogue israélo-palestinien, après trois ans de gel, et a effectué plus d’une dizaine de navettes au Proche-Orient, avec des centaines d’heures d’entretiens avec leurs dirigeants.