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Accord agricole Israël–États-Unis pour alléger les droits de douane de Trump

À partir du 1ᵉʳ janvier, Israël lèvera les tarifs douaniers sur les produits agricoles US, dans le cadre de discussions plus larges visant à assouplir les taxes sur les exportations et supprimer les obstacles commerciaux

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Un agriculteur récoltant du blé dans la vallée de Hula, au nord d'Israël, le 17 mai 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)
Un agriculteur récoltant du blé dans la vallée de Hula, au nord d'Israël, le 17 mai 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Israël et les États-Unis ont signé cette semaine un nouvel accord visant à supprimer les droits d’importation sur les produits agricoles en provenance des États-Unis, alors que les deux pays poursuivent leurs négociations en vue de conclure un accord qui prévoit certaines concessions sur les droits de douane imposés par l’administration Trump sur les exportations israéliennes.

L’accord commercial agricole a été signé mercredi par le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Nir Barkat, et son homologue américain, le représentant au Commerce, Jamieson Greer.

À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, Israël accordera des exemptions tarifaires sur environ 300 produits alimentaires et agricoles américains, notamment le bœuf, la volaille, les produits laitiers, les légumes frais et surgelés, les huiles et les fruits. Les droits de douane sur la grande majorité de ces produits entreront en vigueur immédiatement le 1ᵉʳ janvier, tandis que certains augmenteront progressivement au cours de la prochaine décennie.

Afin de protéger les agriculteurs locaux, 27 produits agricoles sensibles, tels que les œufs frais, le fromage, les pommes, les poires, le miel, le lait en poudre, le poulet congelé et le vin, continueront d’être protégés jusqu’en 2035. Leurs quotas d’importation augmenteront progressivement d’environ 2 % par an pour atteindre un taux nul à la fin de la période de transition. En outre, dans le cadre de cet accord, Israël a accepté de subventionner l’importation de blé en provenance des États-Unis.

« Il y aura également des avantages : d’une part, les États-Unis bénéficieront d’un accès bien meilleur au marché, et d’autre part, les agriculteurs et le secteur agricole israéliens en sortiront renforcés », a expliqué au Times of Israel Yifat Alon Perel, commissaire adjointe au commerce du ministère de l’Économie et de l’Industrie.

« La plupart des importations agricoles en provenance des États-Unis sont déjà exemptées de droits de douane en Israël… Actuellement, moins de 1 % des importations américaines vers Israël ne sont pas soumises à des droits de douane nuls. »

Yifat Alon Perel, commissaire adjointe au commerce au ministère israélien de l’Économie et de l’Industrie. (Crédit : Autorisation)

Le gouvernement a indiqué que cette mesure visait à ouvrir le marché israélien à la concurrence, à augmenter les importations et à contribuer à la baisse des prix de consommation, tout en s’engageant à ne pas porter atteinte aux industries agricoles locales.

« Ce nouvel accord marque une avancée significative dans la réduction du coût de la vie en Israël et dans le renforcement des liens stratégiques avec les États-Unis, notre partenaire économique et politique le plus important », a déclaré Barkat.

Le ministère de l’Économie a indiqué que l’accord sur le commerce des produits agricoles (ATAP), qui remplace un accord temporaire datant de 2004, établit un cadre permanent et clair pour les relations commerciales entre les deux pays. Cet accord agricole intervient alors qu’Israël est en pourparlers avec l’administration Trump pour alléger les droits de douane sur les exportations israéliennes, supprimer les barrières commerciales et élargir les concessions sectorielles.

Suite à la nouvelle augmentation considérable des droits d’entrée sur le marché américain décidée par le président américain Donald Trump au début de l’année, la plupart des marchandises exportées d’Israël vers les États-Unis sont soumises à un droit de douane de 15 %, à l’exception des produits pharmaceutiques et des semi-conducteurs. Cette mesure fait suite à l’échec des tentatives du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en avril, d’exempter Israël du nouveau régime tarifaire qui touche les marchandises provenant de plus de 90 pays. Actuellement, 70 % des exportations israéliennes vers les États-Unis sont soumises à ces nouveaux droits de douane.

« Les entreprises israéliennes, qui bénéficiaient d’un accès en franchise de droits au marché américain depuis 1985 grâce à notre accord de libre-échange, ont été durement touchées par le nouveau régime tarifaire, puisqu’elles sont soudainement soumises à un droit de douane de 15 % », a souligné Perel.

« Nous avons perdu notre compétitivité non seulement face aux entreprises américaines, mais aussi face à d’autres pays appliquant des droits de douane moins élevés, et nous espérons vivement remédier à cette situation. »

Israël considère cet accord agricole comme un prélude à la signature d’un accord commercial global sur les marchandises avec les États-Unis, qui permettrait de réduire davantage les droits de douane de 15 % actuellement imposés sur les exportations israéliennes, a déclaré Perel.

« Nous menons des négociations intenses et, bien sûr, nous aimerions revenir à un tarif nul et à un accès en franchise de droits pour l’ensemble des exportations israéliennes, mais ce n’est pas réaliste pour le moment. »

Le président américain Donald Trump accueillant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 7 avril 2025. (Crédit : Capture d’écran/N12)

« J’espère que nous aurons très bientôt de bonnes nouvelles pour les exportateurs israéliens concernant un accord sur le traitement préférentiel de certains produits issus des exportations israéliennes sur le marché américain », a-t-elle ajouté.

Les États-Unis sont le plus proche allié et le plus important partenaire commercial d’Israël. Le volume des exportations de marchandises israéliennes vers les États-Unis s’est élevé à 17 milliards de dollars. Les importations de marchandises en provenance des États-Unis ont atteint 9,3 milliards de dollars l’an dernier. Les droits de douane américains de 15 % touchent principalement les exportations israéliennes de plastiques, de produits chimiques et de dispositifs médicaux.

Si le président de l’Association des industriels israéliens, Ron Tomer, salue le renforcement des relations avec les États-Unis, il appelle toutefois le gouvernement à poursuivre sa collaboration avec l’administration Trump afin d’améliorer les conditions pour les exportations israéliennes.

« Nous n’avons pas encore atteint l’objectif global qui consiste à ramener les droits de douane en dessous du seuil de 15 % », a déclaré Tomer.

« Mais les exportations israéliennes bénéficieront, espérons-le, d’exemptions tarifaires dans de nombreux secteurs différents et auront ainsi un avantage. »

« Cet accord agricole prévoit des dérogations à certains quotas qui pénalisent certaines parties de l’industrie locale, et nous continuerons à travailler avec les ministères de l’Économie et de l’Agriculture pour mettre en place des incitations et des subventions afin de compenser leurs désavantages concurrentiels », a-t-il poursuivi.

Israël et les États-Unis ont signé un accord de libre-échange en 1985. En vertu de cet accord, les deux pays ont mis en œuvre des réductions tarifaires progressives, qui ont finalement conduit à la suppression quasi totale des droits de douane sur les produits manufacturés en 1995.

Toutefois, en vertu de cet accord, les États-Unis et Israël ont conservé certaines restrictions à l’importation et certains droits de douane, notamment des restrictions quantitatives et des taxes sur les produits agricoles, principalement afin de protéger la production locale et la sécurité.

La liste des produits agricoles qui sont actuellement encore soumis à une protection tarifaire à l’importation comprend également les pommes, les poires, les kakis, les amandes, les pommes de terre, les tomates, les arachides, le houmous, le maïs transformé et les légumes surgelés.

« Israël supprime les droits de douane qui protégeaient les productions locales sensibles en échange d’une promesse de réduction des droits de douane sur les exportations israéliennes vers les États-Unis », a noté Lior Levy, président de l’Association des industries alimentaires.

« Toute mesure visant à ouvrir les marchés doit s’accompagner d’un plan national responsable pour l’industrie israélienne et la sécurité alimentaire, comprenant le soutien du gouvernement, des étapes de transition et des mécanismes de contrôle. »

Le secrétaire général de la Fédération des agriculteurs israéliens, Uri Dorman, a averti que cet accord agricole « porte gravement préjudice à plusieurs secteurs agricoles et représente un défi majeur pour l’agriculture locale, en particulier pour les producteurs situés le long des frontières nord avec la Syrie et le Liban et dans la zone tampon de Gaza, qui ont déjà subi d’importants dégâts et pertes après deux ans de guerre ».

Uri Dorman, secrétaire général de la Fédération des agriculteurs israéliens. (Crédit : Autorisation)

« Les États-Unis protègent leur agriculture locale en augmentant les droits de douane, tandis que le gouvernement israélien agit dans le sens inverse et autorise l’importation de produits alimentaires qui contribuent à la sécurité alimentaire israélienne et au maintien de la sécurité nationale », a déclaré Dorman.

Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Avi Dichter, a quant à lui qualifié cet accord d’extrêmement important dans un contexte d’hostilité croissante de la part de certains pays autrefois considérés comme des amis d’Israël.

« Alors que nous sommes confrontés à un climat anti-Israël, certains pays autrefois amis devenant hostiles, les États-Unis constituent un pilier important pour la sécurité alimentaire israélienne », a souligné Dichter.

Le ministère de l’Économie a indiqué qu’il travaillait en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et le Premier ministre à l’élaboration d’un plan national de soutien au secteur agricole. Ce plan prévoit des investissements dans des solutions innovantes, des technologies de pointe et l’intelligence artificielle (IA), avec pour objectif d’améliorer l’efficacité de la production et de renforcer la résilience et la compétitivité de l’agriculture israélienne pour les années à venir.

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