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Après la crise, le budget bientôt adopté avec le soutien des factions haredim

Le vote de la loi de finances, initialement prévu lundi, a été reporté en raison de la crise politique liée aux désaccords sur le texte exemptant les haredim du service militaire

Les députés Yahadout HaTorah Yitzhak Goldknopf et le député Moshe Gafni lors de la séance plénière de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)
Les députés Yahadout HaTorah Yitzhak Goldknopf et le député Moshe Gafni lors de la séance plénière de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

La Knesset devait procéder mercredi à un premier vote sur le projet de budget de l’État pour 2026, mettant à l’épreuve le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu à un moment où il est en proie à des divisions.

La coalition de Netanyahu s’est fracturée à cause de la guerre à Gaza, du cessez-le-feu qui y a mis un terme, au mois d’octobre, et des demandes soumises par les partis ultra-orthodoxes qui veulent que les étudiants en yeshiva soient officiellement exemptés du service militaire obligatoire.

Le budget, ainsi que le plan économique qui l’accompagne, font face à une bataille difficile concernant leur approbation avec un gouvernement qui est de plus en plus polarisé. Selon la loi, il doit être approuvé avant la fin du mois de mars – des élections anticipées devant avoir lieu, le cas échéant (et comme 2026 est une année électorale, cela signifierait probablement que le vote aurait se tiendrait au mois de juin ou au mois de juillet, au lieu du mois d’octobre).

Mais – signe que la coalition a peut-être trouvé une issue – deux factions ultra-orthodoxes de la coalition de Netanyahu, Degel HaTorah et Shas, ont indiqué dans l’après-midi qu’elles étaient susceptibles de soutenir le budget en première lecture. Ce qui permettrait ainsi au texte d’avancer, après que le désaccord sur le projet de loi relatif à la conscription des Haredim a d’abord reporté le vote du budget de quarante-huit heures.

À la suite d’une réunion entre les députés haredim, le président de la commission des Affaires étrangères et de la défense de la Knesset, Boaz Bismuth, la conseillère juridique de la commission, Miri Frenkel Shor, et le président de la coalition, Ofir Katz, un porte-parole du chef spirituel de Degel HaTorah, le rabbin Dov Lando, a expliqué que la faction ultra-orthodoxe « soutiendra la loi de finances en première lecture et insistera pour que la loi sur la conscription soit finalisée avant de soumettre la loi de finances en deuxième et troisième lectures ».

En réponse, le chef de l’opposition Yair Lapid a regretté que les responsables politiques ultra-orthodoxes aient « mis en place une commission des Affaires étrangères et de la défense alternative pour eux-mêmes, et qu’avec Bismuth et Ofir Katz, ils s’y sont installés, exerçant de fortes pressions sur la conseillère juridique de la commission et essayant de la pousser à approuver les changements souhaités par les partis ultra-orthodoxes ».

Le président Aryeh Deri assiste à une réunion du Conseil des sages de la Torah du parti Shas à Jérusalem, le 16 juillet 2025. (Crédit : Flash90)

« Il s’agit là d’un marchandage sur la sécurité de l’État d’Israël, un marchandage qui est encouragé par Netanyahu », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, les médias israéliens ont rapporté que le Shas soutiendrait également le projet de loi.

Selon le site d’information ultra-orthodoxe Behadrei Haredim, la faction Agudat Yisrael, qui forme avec Degel HaTorah le parti Yahadout HaTorah, s’opposera au budget.

Néanmoins, le soutien du Shas et de Degel HaTorah permettrait au texte d’obtenir 64 voix sur 120, ce qui assurerait son passage en première lecture.

Le Premier ministre Netanyahu a dit mardi soir aux journalistes qu’il espérait que le budget serait adopté et qu’il était préoccupé par la perspective d’éventuelles élections anticipées.

« Nous sommes dans une situation très délicate et je pense que la dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, ce sont des élections », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. « Nous aurons des élections plus tard dans l’année – et je pense que ce serait une erreur de les organiser maintenant, et j’espère que les gens le comprennent et qu’ils agiront de manière sensée ».

Le vote est prévu mercredi dans la soirée ou jeudi matin – après ce qui devrait être un long débat en séance plénière. Même si le budget est approuvé à titre préliminaire, il devra encore être soumis à deux autres votes avant le 31 mars pour devenir loi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s’exprimant lors d’une session spéciale en l’honneur du Premier ministre albanais Edi Rama (au centre), à la Knesset, à Jérusalem, le 26 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La lutte contre la conscription

Le principal problème qui menace de renverser la coalition est le projet de loi sur la conscription militaire. Les querelles entraînées par cette législation qui vise à exempter la plupart des étudiants en yeshiva du service militaire minent la coalition depuis des mois.

Les partis haredim ont menacé de voter contre le budget si le projet de loi n’était pas adopté. Mais la majorité des autres partenaires de la coalition de droite de Netanyahu, ainsi que l’opposition, estiment que les hommes haredim doivent partager le fardeau, surtout après deux ans de combats à Gaza et au Liban qui ont poussé les forces régulières et de réserve de l’armée à leurs limites.

On estime qu’environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement aptes au service militaire, mais qu’ils n’ont pas été enrôlés. Tsahal a annoncé avoir un besoin urgent de 12 000 recrues en raison de la pression qui a été exercée sur les forces armées par la guerre.

Au cours des deux dernières années, les dirigeants haredim ont fait pression pour obtenir une loi exemptant leurs électeurs de l’armée israélienne, après que la Cour suprême a jugé illégales les exemptions généralisées de service militaire qui étaient accordées depuis des décennies aux étudiants ultra-orthodoxes à temps plein dans les yeshivas. Depuis lors, les députés de la coalition, qui dépendent du soutien des Haredim pour rester au pouvoir, ont eu du mal à trouver une formulation susceptible de gagner le soutien des ultra-orthodoxes tout en répondant aux exigences de la communauté de partager le fardeau du service militaire obligatoire.

Lundi, le ministre des Finances Bezalel Smotrich aurait mis au défi les partis ultra-orthodoxes, les sommant de dissoudre la Knesset et déclarant que s’ils ne pouvaient pas soutenir le budget de l’État pour 2026, Israël devait alors organiser des élections anticipées.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich dirige une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

S’adressant au site d’information Ynet, une source proche de Smotrich a déclaré que le politicien d’extrême droite « n’est plus enclin à lier la loi budgétaire au projet de loi [ultra-orthodoxe] ».

« Si les Haredim ne sont pas disposés à le faire, alors ils devraient présenter une loi visant à dissoudre la Knesset », a déclaré la source, ajoutant qu’« il y a un pays à administrer ici. Si nous ne voulons pas voter le budget, nous irons vers de nouvelles élections ».

Selon la chaîne d’information N12, Smotrich a transmis un message similaire à Netanyahu, déclarant que si le budget n’était pas adopté en première lecture lundi, la Knesset devrait être dissoute.

Plafond du déficit

Au total, les dépenses publiques s’élèveraient à 662 milliards de shekels, hors service de la dette. Le plafond du déficit a été fixé à 3,9 % du produit intérieur brut, un niveau que la Banque d’Israël juge trop élevé dans la mesure où il ne permet pas de réduire le poids de la dette.

« Malgré toutes mes réserves et tout ce qui est inclus dans le budget… il doit être adopté », a affirmé mercredi le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, lors d’une réunion de la commission des Finances de la Knesset.

« L’objectif de déficit ne doit pas augmenter, surtout compte tenu de la possibilité de dépenses supplémentaires dues à l’évolution de la situation géopolitique. »

Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, s’exprimant lors d’une conférence de presse, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 6 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le déficit budgétaire est passé de 6,8 % du PIB en 2023 à 4,7 % en 2025. La hausse des dépenses de défense due à la guerre à Gaza a fait grimper le déficit au cours des deux dernières années.

Si le cessez-le-feu d’octobre a mis un terme à la majorité des combats, ces derniers n’ont pas complètement cessé, et les deux parties s’accusent mutuellement de violer les dispositions de l’accord.

Dans le même temps, Israël reste sur le qui-vive face à la possibilité d’une reprise du conflit ouvert avec l’Iran, alors que le président américain Donald Trump continue d’envoyer des forces dans la région et envisage de lancer des frappes contre la république islamique en raison de sa répression brutale des manifestations et de son programme nucléaire.

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