Rechercher

Australie : Une victime de Bondi découvre qu’on lui a changé son identité à l’hôpital pour cacher son judaïsme

Selon les médias locaux, les dossiers médicaux de Rosalia Shikhverg ont été modifiés au nom de "Karen Jones", apparemment à des fins de protection

Des secouristes transportent une femme sur une civière vers une ambulance après une fusillade terroriste meurtrière à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : Saeed KHAN / AFP)
Des secouristes transportent une femme sur une civière vers une ambulance après une fusillade terroriste meurtrière à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : Saeed KHAN / AFP)

L’une des survivantes de l’attaque terroriste perpétrée lors de Hanoukka à Bondi Beach, en Australie, s’est vu attribuer un pseudonyme ne laissant pas apparaître son identité juive lors de son admission à l’hôpital après la fusillade, selon des informations qui ont été publiées mardi par les médias locaux.

Le personnel de l’hôpital de Liverpool, dans l’ouest de Sydney, aurait remplacé le nom de Rosalia Shikhverg par celui de « Karen Jones » dans ses dossiers médicaux, dans un souci possible de « dissimuler » son identité, selon un reportage qui a été réalisé par Sky News. Le ministre de la Santé de Nouvelle-Galles du Sud, Ryan Park, a présenté ses excuses à Shikhverg.

Shikhverg avait été transportée d’urgence à l’hôpital le 14 décembre après avoir été blessée par balle et par des éclats à la tête lors de la fusillade survenue pendant une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, qui a fait 15 morts et des dizaines de blessés.

Après son admission à l’hôpital, « ils ont coupé mon bracelet et ils m’en ont mis un nouveau avec le nom de ‘Karen Jones’, sans aucune mention de religion », a raconté Shikhverg à Sky News. « J’étais terrifiée et profondément bouleversée. »

Shikhverg et son mari, Greg, ont dit que ce changement de nom a été effectué sans que personne ne leur demande leur consentement.

Bien que des responsables hospitaliers aient expliqué à la famille que ce pseudonyme avait été utilisé afin de protéger Shikhverg du harcèlement médiatique après l’attentat, celle-ci soupçonne une motivation plus inquiétante : une méfiance à l’égard du personnel soignant lui-même.

« À mon avis, c’est de leur personnel qu’ils avaient peur, pas des médias », a-t-elle déclaré. « Ils ne font pas confiance à leur propre personnel. »

Shikhverg a confié que cette situation l’avait terrifié, au point de redouter davantage ses soignants que la gravité de ses blessures. Elle a également dit avoir été hantée par un incident survenu au mois de février dernier à l’hôpital de Bankstown, à Sydney, où deux infirmières avaient été suspendues après la diffusion d’une vidéo dans laquelle elles se vantaient d’avoir tué des patients juifs, affirmant qu’elles refuseraient de soigner des Israéliens.

Capture d’écran d’une vidéo non datée de l’influenceur israélien Max Veifer (à gaucher) lors d’une conversation avec deux infirmiers d’un hôpital de Sydney, en Australie. (Capture d’écran X / utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« J’étais terrorisée », a confié Shikhverg. « Je me disais qu’il fallait que je sorte de l’hôpital le plus vite possible, car je n’arrivais ni à manger ni à boire, et je pleurais sans cesse. »

Son mari, resté à ses côtés durant toute son hospitalisation, a souligné que les autres victimes de la même attaque, prises en charge dans d’autres établissements, n’avaient pas vu leur identité modifiée.

« J’ai dit que c’était inconcevable. ‘Que voulez-vous dire par la protéger des médias ?’ », s’est interrogé Greg Shikhverg. « Pourquoi les autres blessés, hospitalisés ailleurs, n’ont-ils pas subi le même traitement ? »

À la suite de ces révélations, le ministre de la Santé de Nouvelle-Galles du Sud, Ryan Park, a reconnu mardi que la situation « aurait pu être mieux gérée », tout en affirmant que la décision n’avait pas été prise par malveillance ni par crainte du personnel en interne.

« Il ne s’agissait ni de protéger la patiente du personnel ni de protéger le personnel en raison de ses origines ethniques », a expliqué Park à Sky News. « Cela n’a pas été fait avec de mauvaises intentions. » Il a attribué cette décision aux « risques et menaces accrus » pesant alors sur Sydney après l’attaque de Bondi.

Park a qualifié cette mesure de décision locale, prise par l’administration de l’hôpital de Liverpool afin de protéger une victime très exposée médiatiquement contre d’éventuelles intrusions ou menaces extérieures.

« Nous ne voulions pas que des personnes viennent tenter de lui parler, la menacer ou tenir des propos déplacés à l’encontre d’une femme qui avait déjà vécu l’enfer », a-t-il déclaré.

Des secouristes transportent un patient dans une ambulance après une fusillade terroriste meurtrière à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : Saeed KHAN / AFP)

Interrogé sur les inquiétudes suscitées par l’affaire des infirmières de l’hôpital de Bankstown, Park les a qualifiées de « deux brebis galeuses dans un système qui accomplit chaque jour un travail remarquable ». Il a cherché à rassurer le public en affirmant que « les Juifs sont en sécurité dans les hôpitaux de Sydney… y compris dans ceux de l’ouest de la ville qui portent des noms juifs ».

Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza et provoqué une vague mondiale d’antisémitisme, la communauté juive d’Australie figure parmi les plus durement touchées.

Un rapport publié en décembre par le Conseil exécutif des Juifs australiens (ECAJ) indique que le pays a enregistré 1 654 incidents antisémites sur la période de douze mois allant du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025, soit environ cinq fois la moyenne annuelle observée au cours des dix années ayant précédé le pogrom du Hamas.

L’Australie a également été le théâtre de nombreuses marches et manifestations accompagnées de discours antisémites, ainsi que d’attaques visant des synagogues, des écoles et des domiciles privés. Lors de l’une de ces affaires, les forces de l’ordre ont découvert une remorque remplie d’explosifs, qui aurait été destinée à perpétrer un attentat meurtrier contre une synagogue de Sydney.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.