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Autrefois aile gauche des Juifs américains, J Street serait-il le nouveau centre ?

Les vues du lobby ne se sont pas modérées, mais alors que le soutien des démocrates à Israël s'affaiblit, ses efforts pour contrer l'anti-sionisme le propulsent au centre de la scène politique

Antony Blinken, alors secrétaire d'État américain, prenant la parole lors de la conférence nationale de J Street, à l'hôtel Omni Shoreham, à Washington, le 4 décembre 2022. (Crédit : Carolyn Kaster/AP)
Antony Blinken, alors secrétaire d'État américain, prenant la parole lors de la conférence nationale de J Street, à l'hôtel Omni Shoreham, à Washington, le 4 décembre 2022. (Crédit : Carolyn Kaster/AP)

Un jour de printemps, alors que la politique américaine semblait polarisée et que les Israéliens reprenaient à peine leur souffle après une guerre éprouvante et controversée à Gaza, 329 membres du Congrès américain avaient adressé une lettre au président pour l’exhorter à rester un « ami dévoué d’Israël ».

Les principaux signataires étaient des membres de la direction de la Chambre des représentants, un républicain et un démocrate. La liste des signataires, qui comprenait plus des trois quarts de la Chambre des représentants, était répartie de manière à peu près égale entre les deux partis.

Nous étions en 2009, et l’initiateur de la lettre était l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

À peu près à la même époque, une autre lettre affirmait qu’Israël et les Palestiniens ne pouvaient pas faire la paix par eux-mêmes, et que « le leadership américain est essentiel pour réaliser des progrès significatifs ».

Cette lettre avait été rédigée par une nouvelle organisation, J Street, fondée l’année précédente comme une alternative libérale et pacifiste à l’AIPAC. Sur les 435 membres de la Chambre des représentants, elle n’avait recueilli que 87 signatures.

J Street était-il suffisamment pro-Israël ? Ou l’était-il tout court ? Non seulement les républicains, mais aussi les démocrates se sont posé la question, et pour beaucoup, la réponse était non.

Le Capitole américain, où se trouve la Chambre des représentants (à gauche), à Washington, le 14 novembre 2024. (Crédit : Mariam Zuhaib/AP)

Les sénateurs new-yorkais Chuck Schumer et Kirsten Gillibrand, tous deux démocrates issus d’un État bleu, s’étaient retirés de sa première conférence. Le groupe avait soutenu 41 candidats au cours de sa première année, mais ni le président démocrate de la Chambre, ni le leader de la majorité.

Parallèlement, l’ancien directeur de l’AIPAC qualifiait le groupe de « lobby qui blâme Israël en premier », et l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis de l’époque, Michael Oren, déplorait que J Street soit « un problème unique en ce sens qu’il ne s’oppose pas seulement à une politique d’un gouvernement israélien, mais à toutes les politiques de tous les gouvernements israéliens ». Il avait décliné l’invitation à la conférence.

Dix-sept ans plus tard, les temps ont changé, – mais pas tant que ça.

Pour beaucoup de gens de droite, J Street est loin d’être pro-Israël. Au contraire, elle s’est nettement décalée vers la gauche, s’éloignant des opinions de l’Israélien moyen, et adoptant des positions auxquelles s’oppose la grande majorité du pays qu’elle prétend soutenir.

Mais chez les démocrates américains, la situation s’est inversée.

L’AIPAC, qui était autrefois une figure de proue du parti, est désormais honni, tandis que J Street, qui était autrefois considérée comme trop à gauche, devient le bastion des démocrates qui ne sont pas prêts à abandonner Israël. Les détracteurs les plus virulents d’Israël n’hésitent pas, quant à eux, à mettre les deux lobbies pro-Israël dans le même sac, peu importe leurs désaccords.

80 % des électeurs démocrates ont une opinion négative d’Israël. Mais la majorité de leurs élus au Congrès – y compris les trois principaux démocrates de la Chambre des représentants – sont désormais soutenus par un groupe qui fait figure de fer de lance du sionisme libéral. Au sein du Parti démocrate, du moins à Washington, J Street est devenu Main Street, passant d’un rôle marginal à une position centrale.

« Nous soutenons la grande majorité des élus démocrates au niveau fédéral », a déclaré Jeremy Ben-Ami, fondateur et président de longue date de J Street, au Times of Israel lors d’une interview accordée fin avril.

Jeremy Ben-Ami, président de J Street. (Crédit : Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

« Ils ne se détournent pas de nous et ne considèrent pas notre soutien comme un handicap. Au contraire, ils viennent vers nous et sollicitent notre appui. »

Soutenir Israël, s’opposer aux opinions des Israéliens

Pour les Israéliens qui espèrent préserver le soutien bipartite des États-Unis, la situation est délicate. J Street est désormais le principal lobby pro-israélien parmi les démocrates, soutenant davantage de membres de la Chambre des représentants et du Sénat que le comité d’action politique (PAC) de l’AIPAC.

Mais ce groupe, qui se décrit depuis longtemps comme « pro-Israël, pro-paix », s’est également constamment opposé aux opinions de la grande majorité des Israéliens, tous bords confondus, à la Knesset.

Pour ne citer que quelques exemples, 85 % des Juifs israéliens (soit une solide majorité de la population totale du pays) ont soutenu la décision du président américain Donald Trump, en 2017, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade américaine. Les députés de l’opposition avaient salué cette décision. Mais Ben-Ami avait qualifié cette reconnaissance « d’imprudente ».

Plus récemment, le groupe a exprimé sa « consternation » face au déclenchement de la guerre contre la République islamique d’Iran, qui bénéficiait du soutien de plus de 80 % des Israéliens, dont une large majorité de la frange juive de la gauche. J Street soutient depuis longtemps la création d’un État palestinien en paix avec Israël, une perspective que seuls 26 % des Israéliens jugeaient réaliste en 2024.

Ben-Ami a noté que J Street s’était recentré sur la promotion d’un accord de normalisation régionale plutôt que sur une solution à deux États, et a mentionné des sondages suggérant que le soutien des Israéliens à la création d’un État palestinien augmentait considérablement si celui-ci était accepté par le monde arabe et musulman.

Mais il a également souligné que le fossé entre son groupe et les Israéliens ne le dérangeait pas. Les sondages qui l’intéressent sont ceux commandés par J Street, qui reflètent immanquablement les majorités démocrates et libérales parmi les Juifs américains. Un récent sondage a montré que les Juifs américains sympathisaient largement avec Israël mais s’opposaient à la guerre en Iran.

Le vice-ministre de la diplomatie de l’époque, Michael Oren, lors d’une réunion à la Knesset, le 27 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Notre rôle n’est pas de représenter la population juive israélienne, mais celle des États-Unis », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous ne sommes pas là pour dialoguer avec les Israéliens. Notre dialogue quotidien se déroule aux États-Unis. »

Il a ensuite comparé le soutien de son groupe à Israël à l’amour vache que l’on peut manifester à un proche qui fait des choix de vie néfastes, comme la conduite en état d’ivresse ou la toxicomanie.

« Si un membre de votre famille fait quelque chose que vous jugez extrêmement autodestructeur, et qui, à long-terme, risque de lui causer du tort physiquement et mentalement, vous intervenez », a-t-il dit.

« Cette personne pourrait dire : ‘Eh bien, tu sais, je ne te considère pas vraiment comme un ami en ce moment, n’est-ce pas ? Parce que tu me dis d’arrêter de boire et de conduire. Tu me dis d’arrêter de prendre de la drogue… ‘ Et je réponds : ‘Non, je fais ça parce que je t’aime.’ »

« Maintenant, vous faites partie du courant dominant »

De son côté, l’AIPAC a continué de présenter J Street comme un adversaire d’Israël. En avril seulement, l’organisation a écrit cinq fois la phrase « J Street est bien des choses, mais ce n’est pas un mouvement pro-Israël » sur le réseau social X.

Une autre organisation, la Democratic Majority for Israel (DMFI), vise, selon ses propres termes, à « maintenir et renforcer le soutien à Israël », et adopte des positions bien plus proches de celles des Israéliens.

Lorsque la guerre américano-israélienne contre le régime iranien a commencé, elle a déclaré que mettre fin à la menace nucléaire iranienne, au programme de missiles et au soutien aux proxy terroristes « est sans équivoque une évolution positive et rendra le monde plus sûr ».

Kathy Manning, alors représentante à la Chambre des représentants des États-Unis, lors d’une conférence de presse, au Capitole, à Washington, le 19 juillet 2022. (Crédit : Mariam Zuhaib)

« La DMFI est le foyer des démocrates pro-Israël qui soutiennent fermement la sécurité des États-Unis, le soutien à nos alliés à travers le monde, et en particulier à Israël », a déclaré au Times of Israel Kathy Manning, la présidente du groupe et ancienne représentante démocrate.

« Nous comprenons parfaitement l’importance de la relation entre les États-Unis et Israël pour la sécurité des États-Unis. »

Oren, qui a terminé son mandat d’ambassadeur en 2013 et qui a siégé pendant quatre ans à la Knesset, estime que J Street est « pro-Israël de nom, mais pas de fait ».

Il a ironisé en déclarant : « Ce serait bien s’ils respectaient les questions de vie ou de mort, non pas les questions politiques, mais les questions de vie ou de mort, qui sont soutenues par la grande majorité des Israéliens. »

Il a classé dans cette catégorie le soutien aux guerres contre la République islamique, les groupes terroristes chiite libanais du Hezbollah et palestinien du Hamas.

Il a également déclaré que J Street avait contribué à la campagne menée par les démocrates pour réduire l’aide militaire à Israël, ainsi qu’à la mise à l’écart de l’AIPAC.

« Le fait que le Parti démocrate soit aujourd’hui de plus en plus déterminé à limiter, voire à mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël, et qu’il s’oppose à tout financement provenant de l’AIPAC, peut être attribué à J Street », a-t-il ajouté.

Mais il a également reconnu que, les normes politiques ayant évolué, cette organisation – autrefois considérée comme de gauche – est désormais perçue comme relativement centriste.

« Le fait qu’ils affirment être toujours pro-Israël et pro-paix les a fait passer de la frange de gauche au centre sioniste », a reconnu Oren.

« Je leur dis en plaisantant : ‘Je compatis avec vous. Vous étiez autrefois à l’extrême-gauche, et maintenant vous êtes dans le courant dominant’ », a-t-il ajouté.

Le Parti démocrate s’est encore davantage déplacé vers la gauche sur la question d’Israël, avec un nombre croissant de responsables votant pour bloquer les ventes d’armes à ce pays, ou l’accusant de « génocide » à Gaza. Dans le même temps, J Street s’est également déplacé vers la gauche.

En janvier 2024, J Street a déclaré qu’il « rejetait l’allégation de génocide contre l’État d’Israël », portée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ).

En août 2025, Ben-Ami a écrit qu’il « ne pouvait plus et ne voulait plus débattre » contre ceux qui affirment qu’Israël commet un « génocide ».

Et le mois dernier, J Street a publié un nouveau document de politique générale sur l’aide américaine à Israël. L’organisation y affirme que les États-Unis devraient « supprimer progressivement le soutien financier direct aux ventes d’armes à Israël » et subordonner les futures ventes d’armes à la politique israélienne. Elle souligne toutefois que les États-Unis devraient continuer à vendre à Israël des pièces pour les systèmes de défense antimissile, comme le Dôme de fer.

J Street est loin d’être le seul groupe à soutenir la fin de l’aide américaine à Israël.

En janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui-même, a déclaré qu’il souhaitait « réduire progressivement l’aide militaire au cours des dix prochaines années ». Oren prône depuis longtemps le sevrage d’Israël de l’aide militaire américaine.

Mais lorsque 40 sénateurs démocrates ont récemment voté pour bloquer certaines ventes d’armes à Israël, Ben-Ami a qualifié cette décision « d’étape importante dans la lutte contre les politiques destructrices de Netanyahu et de Trump, qui ont dévasté la région et porté un préjudice immense à la sécurité d’Israël et à son image internationale ».

La DMFI a défendu l’aide militaire américaine à Israël et, faisant écho à la déclaration de Netanyahu, a déclaré que les propositions visant à supprimer progressivement cette aide « devraient être examinées avec soin, avec une planification adéquate, afin de garantir que les besoins d’Israël en matière de sécurité et les intérêts américains soient préservés dans le cadre d’une transition progressive ».

Les positions de J Street ont permis au PAC du groupe de soutenir un large éventail de responsables démocrates.

Parmi les candidats soutenus par le groupe en 2026 figure le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, également soutenu par l’AIPAC et présent depuis longtemps aux conférences et aux voyages de l’AIPAC.

Le représentant Hakeem Jeffries, chef de la minorité à la Chambre des représentants, s’exprimant lors de sa conférence de presse hebdomadaire, au Capitole, à Washington, le 11 juillet 2024. (Crédit : John McDonnell/AP)

Un autre candidat soutenu par J Street est le représentant du Texas Greg Casar, membre de la « Squad [brigade] », groupe de progressistes anti-Israël du Congrès qui a accusé à plusieurs reprises Israël de « génocide ».

Cette marge de manœuvre pourrait, à juste titre, semer la confusion quant à la position de J Street sur son thème central.

Ben-Ami a déclaré que J Street avait bel et bien des lignes rouges à sa gauche : l’organisation ne soutiendra personne qui appelle à un embargo total sur les armes à destination d’Israël, ni « quiconque ne souhaite pas l’existence d’Israël ».

Des adversaires à gauche

C’est pourquoi certains opposants à Israël ont regroupé J Street et l’AIPAC sous l’étiquette de « groupes de pression pro-Israël », effaçant ainsi leur distinction. Et lors d’une série de primaires démocrates très médiatisées, J Street s’est retrouvée à soutenir l’option la plus modérée.

Lors des récentes primaires en Illinois et dans le New Jersey, le PAC de J Street a respectivement soutenu Tom Malinowski et Daniel Biss, deux candidats auxquels s’opposait l’AIPAC et qui affrontaient des adversaires encore plus à gauche. Biss a remporté l’Illinois. Dans le New Jersey, Malinowski, qui a dû faire face à une opposition farouche de la part de l’AIPAC, a perdu face à son adversaire d’extrême-gauche, Analila Mejia. J Street l’a soutenue lors de l’élection générale contre un candidat républicain.

Pour certains opposants intransigeants à Israël, ces distinctions n’ont aucune importance. En février, un compte X comptant des centaines de milliers d’abonnés, baptisé « Track AIPAC », a publié que Biss « avait reçu plus de 155 000 dollars du lobby israélien ».

Interrogé sur l’identité du lobby ayant envoyé ces fonds, Track AIPAC a répondu : « J Street ».

« J Street offre une option cruciale aux démocrates qui ne veulent pas être anti-Israël, mais qui ne peuvent pas non plus continuer à soutenir la ligne de l’AIPAC, qui consiste à soutenir Israël quoi qu’il arrive et à le défendre à tout prix. »

La même dynamique se joue actuellement lors d’une primaire particulièrement controversée à New York, où le représentant sortant Dan Goldman affronte Brad Lander, un challenger situé à sa gauche, qui se qualifie lui-même de « sioniste libéral » tout en accusant Israël de « génocide ».

Lander a notamment apporté son soutien à Zohran Mamdani, le maire de New York, un opposant de longue date et farouche à Israël, qui lui a également apporté son soutien.

Le candidat démocrate à la mairie de New York, Brad Lander, s’exprimant lors d’un débat des primaires démocrates, à New York, le 4 juin 2025. (Crédit : Yuki Iwamura/Pool)

Le PAC de J Street a apporté son soutien à Goldman (tout comme l’AIPAC), ce qui signifie qu’il a activement collecté des fonds en sa faveur. Cependant, J Street ne s’oppose pas à Lander. Il le décrit comme « approuvé pour les primaires », ce qui signifie que le candidat remplit toujours les conditions pour bénéficier du soutien du groupe et qu’il peut toujours recevoir des dons via son portail.

« Il n’y avait rien à notre gauche quand nous avons commencé », a déclaré Ben-Ami.

« Ce qui a changé, c’est qu’il existe désormais une gauche très en colère et très virulente qui a clairement fait savoir que nous ne sommes pas de gauche… Ce n’est pas que nous ayons changé, c’est que le contexte a changé. »

Oren est d’accord.

« Ils ont été largement dépassés sur leur gauche par un défilé, une cavalcade, d’organisations juives anti-Israël et anti-sionistes », a-t-il déclaré, citant le groupe anti-sioniste Jewish Voice for Peace (JVP) en exemple.

« Le terrain a changé sous les pieds de J Street. »

« Il y a un risque d’aller trop loin »

Face à ce contexte, J Street considère que son objectif est de préserver le soutien fondamental des démocrates aux relations entre les États-Unis et Israël, ainsi qu’à ce qu’il considère comme les valeurs démocratiques et libérales dans les deux pays, face à une gauche sans équivoque anti-Israël, à la Maison Blanche de Trump et à un gouvernement israélien de droite dure.

La semaine dernière, Ilan Goldenberg, le directeur des politiques du groupe, est intervenu dans « Pod Save America », un podcast démocrate populaire dont les animateurs ont critiqué Israël et qui a récemment reçu le streamer Hasan Piker, farouchement anti-sioniste.

Goldenberg a plaidé en faveur d’une « normalisation » des relations entre les États-Unis et Israël – c’est-à-dire ne pas les traiter comme exceptionnelles – et a riposté contre l’extrême-gauche du Parti démocrate.

« La majorité du Parti démocrate n’est pas nécessairement de cet avis, même si ce sont les voix les plus bruyantes, et ce n’est certainement pas la majorité des électeurs américains », a déclaré Goldenberg, qui était directeur de la communication auprès de la communauté juive pour la campagne présidentielle de Kamala Harris en 2024.

« Il y a un risque d’aller trop loin. »

Il a déclaré espérer que les candidats puissent « exprimer une position qui consiste à ne pas jeter les relations américano-israéliennes à la poubelle, tout en reconnaissant qu’il y a là une valeur potentielle, et à affirmer que la manière dont cela a été fait par le passé doit cesser ».

La rabbin Jill Jacobs lors d’une manifestation contre le gouvernement israélien, à New York, le 21 février 2023. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

De même, la rabbin Jill Jacobs, PDG de T’ruah, un groupe rabbinique libéral de défense des droits de l’Homme allié à J Street, considère la chute de popularité d’Israël auprès des démocrates comme une critique de Netanyahu et de son gouvernement, plutôt que comme une opposition à l’existence de l’État.

« La plupart des gens ne soutiennent pas la violence et souhaitent en réalité que les Israéliens et les Palestiniens soient tous en sécurité », a-t-elle déclaré au Times of Israel.

« Je pense que la plupart des Juifs américains, ainsi que les démocrates qui ont soutenu Israël… sont simplement de plus en plus frustrés par la direction que Netanyahu a donnée à Israël et cherchent un moyen de s’engager qui tienne compte de cette frustration. »

Elle a ajouté plus tard : « J Street offre une option cruciale aux démocrates qui ne souhaitent pas être anti-Israël, mais qui ne peuvent pas non plus continuer à soutenir la ligne de l’AIPAC, selon laquelle Israël aurait toujours raison et devrait être défendu à tout prix. »

« J Street n’est pas une fenêtre sur la communauté pro-Israël, c’est une porte de sortie. La prochaine étape après J Street n’est pas l’AIPAC. La prochaine étape après J Street, c’est JVP. »

Oren craint toutefois que J Street ne soit pas un pont entre Israël et les démocrates, mais plutôt un tremplin vers l’anti-sionisme.

« J Street n’est pas une fenêtre sur la communauté pro-Israël, c’est une porte de sortie », a-t-il déclaré.

« La prochaine étape après J Street n’est pas l’AIPAC. La prochaine étape après J Street, c’est JVP. »

En vue des élections

Les États-Unis ne sont pas le seul pays à organiser des élections législatives cette année.

Ben-Ami a clairement indiqué qu’il espérait la défaite de Netanyahu lors des prochaines élections en Israël (« On peut toujours prier », a-t-il déclaré). Mais tout comme la plupart des Israéliens seraient probablement mécontents d’avoir J Street comme défenseur, Ben-Ami comprend que Naftali Bennett, l’homme qui espère remplacer Netanyahu et ancien Premier ministre, n’est guère du goût de J Street.

« Mes positions politiques sont connues », a déclaré Bennett, qui se situait autrefois nettement à la droite de Netanyahu, lors d’un événement cette année.

« Mes positions diplomatiques sont de droite. Je suis contre un État palestinien. Je suis contre le fait de céder un centimètre de la Terre d’Israël. »

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid (à droite) et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett lors d’une conférence de presse annonçant une liste commune baptisée « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu) en vue des prochaines élections législatives, à Herzliya, dans le centre d’Israël, le 26 avril 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Mais malgré tout, Ben-Ami garde espoir. Il estime que si Netanyahu est battu, le gouvernement qui le remplacera sera plus conciliant sur des questions telles que la lutte contre la violence des résidents d’implantations ou l’acheminement de l’aide à Gaza.

Plus largement, il affirme que son groupe continue de soutenir Israël, non seulement parmi les démocrates, mais aussi parmi les Juifs américains, même si aucun des deux hommes qui dirigeront Israël ne qualifierait probablement ce soutien de la sorte.

« L’État d’Israël, la patrie nationale du peuple juif, perd rapidement le soutien et le lien avec les jeunes Juifs américains et avec les Juifs américains plus progressistes », a-t-il déclaré.

« Et ceux d’entre nous, à J Street, qui s’engagent, le font parce que nous voulons toujours rester en lien. »

« Nous restons sur le terrain et nous nous battons pour un avenir différent, un avenir où l’État du peuple juif sera démocratique et respectueux de nos valeurs. Et nous n’allons pas renoncer à être pro-Israël. Nous n’allons pas renoncer à être sionistes. »

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