Israël en guerre - Jour 731

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Le directeur de J Street désormais convaincu qu’Israël commet un « génocide » à Gaza

Jeremy Ben-Ami explique avoir été "convaincu rationnellement" par des arguments juridiques et universitaires ; s'il n'utilisera pas lui-même ce terme, il ne le contestera pas non plus

Le directeur de J Street, Jeremy Ben-Ami, s'adressant à la conférence annuelle du groupe sioniste libéral, à Washington, en octobre 2019. (Crédit : J Street)
Le directeur de J Street, Jeremy Ben-Ami, s'adressant à la conférence annuelle du groupe sioniste libéral, à Washington, en octobre 2019. (Crédit : J Street)

Quelques jours après avoir rejeté l’affirmation selon laquelle Israël commettait un « génocide » à Gaza, Jeremy Ben-Ami, président du groupe libéral sioniste J Street, a déclaré avoir été « convaincu » qu’il avait tort.

Ce revirement place Ben-Ami en tête d’une liste croissante de personnalités juives de gauche aux États-Unis qui portent cette accusation, laquelle est vigoureusement démentie par Israël et rejetée dimanche par le président américain, Donald Trump.

Dans un bulletin d’information publié dimanche à l’occasion de Tisha BeAv, jour de deuil commémorant les catastrophes qui ont marqué l’histoire du peuple juif, Ben-Ami a rappelé l’expérience de ses parents pendant la Shoah et a énuméré les crimes commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas contre Israël, notamment le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées, et 251 otage ont été emportés de force à Gaza, déclenchant la guerre actuelle.

« Pourtant, rien de tout cela ne justifie les actions actuelles d’Israël à Gaza », a écrit Ben-Ami.

« Priver les civils de nourriture et de produits de première nécessité. Tirer sur des civils qui tentent de se procurer de la nourriture. Détruire toutes les infrastructures de Gaza. Concentrer la population dans des zones exiguës. Tout cela vise à créer les conditions propices au déplacement forcé de toute une population. »

Ben-Ami a déclaré qu’il était « peu susceptible d’utiliser lui-même ce terme » en raison de l’expérience de sa propre famille pendant la Shoah. Il a toutefois précisé avoir changé d’avis.

Des Gazaouis déplacés transportant des sacs d’aide humanitaire qu’ils ont reçus dans un centre de distribution géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, dans le centre de la bande de Gaza, le 4 août 2025. (Crédits : AFP)

« Je ne peux plus et ne veux plus contester ceux qui utilisent ce terme. Je ne défendrai tout simplement pas l’indéfendable. »

« Jusqu’à présent, j’ai essayé d’esquiver et de me défendre lorsqu’on me demandait d’appeler cela un ‘génocide’ », a-t-il écrit.

« Cependant, j’ai été convaincu de manière rationnelle par des arguments juridiques et scientifiques que les tribunaux internationaux finiront un jour par conclure qu’Israël a violé la Convention internationale sur le génocide [émise après l’extermination de 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale]. »

Il a fait cette déclaration quelques jours après avoir rejeté à maintes reprises l’accusation selon laquelle Israël commettrait un « génocide » lors d’une apparition dans l’émission « Pod Save the World », au cours d’un débat avec le journaliste américain anti-Israël Mehdi Hasan.

Ce revirement radical de Ben-Ami souligne le net recul du soutien à Israël, alors que les accusations de famine massive dans l’enclave se sont multipliées ces dernières semaines.

J Street, qui se présente comme pro-Israël et pro-paix et fait pression sur les responsables politiques à Washington pour qu’ils adoptent des politiques favorisant une solution à deux États au conflit israélo-arabe, semble être l’un des groupes juifs américains les plus en vue à légitimer l’utilisation du terme « génocide ».

Israël rejette fermement les accusations de crimes de guerre, affirmant ne pas viser les civils et soulignant les efforts déployés pour évacuer les populations civiles des zones dangereuses et faciliter l’acheminement de l’aide depuis le début de cette campagne, il y a vingt-deux mois. Israël réfute également les informations faisant état d’une famine dans la bande de Gaza. Il accuse le groupe terroriste palestinien du Hamas d’entraver et de détourner l’acheminement de l’aide.

Des groupes internationaux accusent Israël de ne pas laisser entrer suffisamment d’aide pour prévenir la famine et de faire preuve d’un mépris total envers les victimes civiles.

De la fumée et des flammes s’échappant d’une frappe aérienne israélienne à Gaza-City, le 21 juillet 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Alors qu’Israël et ses défenseurs rejettent l’idée qu’Israël commet un « génocide » à Gaza, des images de Gazaouis amaigris, apparues ces dernières semaines (dont certaines ont été utilisées à des fins diffamatoires), parallèlement aux objectifs déclarés de certains membres du gouvernement israélien de pousser les Gazaouis à émigrer volontairement, ont incité une grande partie de la communauté juive américaine à condamner la guerre en cours.

La semaine dernière, le romancier israélien David Grossman a accusé Israël de commettre un « génocide » à Gaza, dans une interview accordée au journal italien La Repubblica, précisant qu’il admettait cela avec « une douleur intense et le cœur brisé ».

Deux groupes de défense des droits humains, B’Tselem et Physicians for Human Rights, ont été les premières organisations à but non lucratif basées en Israël à porter cette accusation la semaine dernière, déclarant lors d’une conférence de presse que l’État juif menait « une action coordonnée et délibérée visant à détruire la société palestinienne dans la bande de Gaza ».

La représentante républicaine de Géorgie, Marjorie Taylor Greene, qui s’est déjà prononcée contre le financement d’Israël et a été accusée d’antisémitisme, semble être la première républicaine du Congrès à avoir accusé Israël de « génocide » dans un message publié la semaine dernière sur le réseau social X.

Mais si cette accusation a gagné du terrain ces dernières semaines, les dirigeants mondiaux se sont gardés de la reprendre, même si beaucoup ont critiqué le rôle d’Israël dans la crise humanitaire qui touche l’enclave.

Dimanche, Trump a rejeté la qualification de « génocide » de la guerre en cours menée par Israël à Gaza, déclarant aux journalistes : « Je ne pense pas que ce soit le cas. Ils sont en guerre. »

« Des choses horribles se sont produites le 7 octobre. C’était horrible, vraiment horrible. C’est l’une des pires choses que j’aie jamais vues. »

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