Bennett : Le Qatar est aujourd’hui plus dangereux pour Israël que l’Iran
Selon l'ancien Premier ministre, Doha "a accès au bureau du Premier ministre", une référence manifeste à l'affaire du "Qatargate"
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L’ancien Premier ministre et candidat à ce poste, Naftali Bennett, a qualifié le Qatar de « plus dangereux » pour Israël qu’aujourd’hui l’Iran lors d’une interview diffusée samedi, tout en réitérant son engagement à déclarer l’émirat du Golfe « État ennemi » s’il était élu au gouvernement plus tard dans l’année.
Invité de l’émission « Meet the Press » de la chaîne N12, le chef du parti « BeYahad » a expliqué son raisonnement : « Tout le monde sait que l’Iran [déclare] : ‘Nous détruirons Israël.’ »
Mais le Qatar, a-t-il ajouté, « a financé les terroristes de la Nukhba du 7-Octobre… Le Qatar dirige Al Jazeera, qui est le cancer le plus virulent dont nous souffrons… Le Qatar exerce son influence dans les universités américaines… Et surtout, [il a accès] au lieu le plus sacré pour la sécurité d’Israël – à savoir le bureau du Premier ministre israélien. »
Il faisait ainsi référence aux collaborateurs, anciens et actuels, du Premier ministre Benjamin Netanyahu, notamment son conseiller principal Jonathan Urich, qui auraient reçu de l’argent pour mener une campagne de relations publiques visant à présenter le Qatar sous un jour favorable, plus d’un an après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Bennett a déclaré que le Qatar « œuvre contre nous et nous empoisonne de l’intérieur » et qu’il regrette qu’Israël ne qualifie pas le Qatar d’État ennemi.
« Par conséquent, selon la loi actuelle, n’importe qui peut travailler pour le Qatar. On peut être un agent du Qatar », a-t-il déclaré à ses interlocuteurs.
« L’ennemi le plus dangereux d’Israël n’est pas qualifié d’État ennemi. »
Il a ajouté que de nombreuses personnes en Israël sont à la solde du Qatar.
« Il y a des instituts de recherche en Israël, des influenceurs en Israël, et peut-être aussi des responsables en Israël qui sont à la solde du Qatar. »
« Dans le prochain gouvernement, nous qualifierons le Qatar d’ennemi », a-t-il promis, estimant qu’il était « impardonnable » que ce ne soit pas déjà le cas.
Ces propos marquent la seconde fois en quelques jours que Bennett s’en prend au Qatar, après avoir déclaré lundi, lors d’une conférence sur la sécurité, que « les dirigeants du Qatar ont pour objectif d’éliminer Israël, un point, c’est tout ».
« Certains parlent d’un ‘État complexe’ – ce n’est pas complexe ; depuis le 7-Octobre, rien n’est complexe ici. Le Qatar est un ennemi. C’est simple », avait-il déclaré lors de la conférence.
Ces propos avaient suscité la condamnation de Doha, l’ambassade du Qatar à Washington accusant Bennett de « diffuser de la désinformation sur le Qatar dans le but de servir ses propres ambitions politiques ».
Bennett avait auparavant qualifié l’affaire du « Qatargate » « d’acte de trahison le plus grave de l’histoire d’Israël ».
Désarmement de Gaza
Bennett a également été interrogé sur les récents développements dans la bande de Gaza, notamment l’acceptation par le Hamas du plan de désarmement du Conseil de Paix, soutenu par les États-Unis, qui prévoit le retrait des troupes israéliennes de leurs positions à Gaza, à mesure que le groupe terroriste palestinien dépose les armes et transfère le contrôle de l’enclave à un organe technocratique.
Netanyahu ne s’est pas encore exprimé, mais des déclarations attribuées à un « haut responsable israélien » indiquent qu’Israël n’approuve pas ce plan et ne se retirera donc pas.
« La situation dans la bande de Gaza sera jugée à l’aune des résultats », a répondu Bennett lorsqu’on lui a demandé son avis sur les termes de l’accord.
« En ce qui me concerne, tant que le Hamas ne se sera pas complètement désarmé, je ne céderai pas un millimètre à qui que ce soit – aucune concession », a-t-il ajouté.
Il a également averti que le Hamas s’efforçait de se réarmer, affirmant que le groupe terroriste palestinien comptait désormais plus de membres qu’avant le 7-Octobre.
« Tels sont les faits sur le terrain », a-t-il affirmé.
« Ils ont recruté des terroristes, ils font passer clandestinement des drones et des armes depuis l’Égypte, et ils se renforcent sous nos yeux. »
« La mission de sa vie » : remplacer Netanyahu
Abordant les prochaines élections, prévues le 27 octobre, Bennett a déclaré que sa « mission de vie » était de remplacer le gouvernement actuel, qu’il devienne ou non le prochain Premier ministre.
Bennett, qui s’est allié au chef de l’opposition Yaïr Lapid pour former leur nouvelle liste « BeYahad », se retrouve désormais loin derrière Gadi Eisenkot, le chef du parti Yashar, en tant que principal candidat susceptible de battre Netanyahu.
« Le gouvernement devrait être diversifié, avec une droite sioniste, une gauche sioniste, des sionistes religieux et des sionistes laïcs, dont le dénominateur commun est de réparer les torts », a-t-il déclaré, ajoutant que lui-même et Eisenkot parviendraient à un accord sur une future coalition après les élections législatives.
D’ici là, il a indiqué vouloir concentrer ses efforts sur l’obtention d’un nombre de sièges suffisant pour permettre aux partis d’opposition sionistes – c’est-à-dire sans les partis haredim ni arabes – de former un gouvernement.
Un récent sondage réalisé par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, prévoyait, à l’instar de presque tous les sondages récents, que ni le bloc de Netanyahu ni l’opposition sioniste n’obtiendraient la majorité de 61 sièges nécessaire pour former un gouvernement, même si de nombreux électeurs sont encore indécis.
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