Le Qatar accuse Bennett de diffuser de la désinformation à des fins politiques
L'ex-Premier ministre avait fustigé la "puissante opération d’influence mondiale" menée par cet émirat du Golfe, qu’il qualifie de "cancer antisémite violent dont les métastases se propagent en Occident"
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Mardi, le Qatar a accusé le chef du parti « BeYahad », Naftali Bennett, de « diffuser de la désinformation » à l’encontre de cet émirat du Golfe afin de « marquer des points politiques dans son pays », quelques heures après que l’ancien Premier ministre a accusé Doha de financer le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien.
Bennett – qui se trouve désormais loin derrière Gadi Eisenkot, le chef de Yashar, dans la course pour détrôner le Premier ministre Benjamin Netanyahu – s’est engagé à déclarer le Qatar « État ennemi » s’il revenait au pouvoir après les élections législatives du 27 octobre.
Lundi, lancien Premier ministre a qualifié cet émirat du Golfe de « cancer antisémite violent qui propage ses métastases vers l’Occident, et même jusqu’au bureau du Premier ministre israélien, dans le but de détruire l’État d’Israël ».
Cette déclaration fait référence au scandale dit du « Qatargate », qui secoue le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis plus d’un an. Il a été révélé que plusieurs de ses principaux collaborateurs étaient rémunérés par Doha pour des missions de relations publiques, alors que l’émirat arabe accueillait des dirigeants du Hamas et faisait office de médiateur dans les négociations avec le groupe terroriste palestinien en vue de la libération d’otages israéliens détenus dans la bande de Gaza.
Dans un communiqué en réponse à Bennett, l’attaché de presse de l’ambassade du Qatar à Washington, Ali al-Ansari, a déclaré que ce dernier « diffusait de la désinformation sur le Qatar afin de servir ses propres ambitions politiques ».
« Le rôle du Qatar dans les efforts visant à soutenir la sécurité et la stabilité dans la région a été largement reconnu par les partenaires régionaux et internationaux », a ajouté Ansari, soulignant que ces efforts comprenaient des cessez-le-feu à Gaza et des accords de libération d’otages menés en totale coordination avec bon nombre des mêmes autorités israéliennes qui s’en prennent aujourd’hui à Doha.
« Les responsables politiques israéliens qui critiquent le Qatar devraient plutôt se concentrer sur la résolution de leurs propres défis nationaux », a ajouté Ansari, déplorant que ce ne soit pas la première fois que Bennett critique Doha sans fournir la moindre preuve.
« Comme nous l’avons déjà déclaré, les campagnes de désinformation israéliennes n’empêcheront pas le Qatar de continuer à jouer son rôle constructif dans la poursuite de la paix et de la sécurité, tant dans la région qu’au niveau international », a déclaré le responsable qatari.
Lors d’une conférence organisée par l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), Bennett a expliqué que le Qatar s’était investi, depuis quelque 25 ans, dans une « puissante opération d’influence mondiale qui a pu causer à Israël un préjudice très important », faisant référence au revirement spectaculaire de l’opinion publique occidentale à l’encontre de l’État juif.
« Ces dernières années, le Qatar a investi des milliards dans les universités américaines pour s’implanter et éduquer la jeune génération », a-t-il ajouté.
« Ainsi, les étudiants y sont formés au slogan ‘Du fleuve à la mer’ » – une expression régulièrement scandée par les militants anti-Israël et considérée comme un appel à la destruction d’Israël.
Le même processus, a-t-il poursuivi, était à l’œuvre dans le financement par Doha d’Al Jazeera, qu’il a qualifié « d’opération d’incitation à la haine ».
« Et je vais vous dire autre chose : le Qatar a financé, directement, le Hamas. »
S’il est réélu, l’ancien Premier ministre s’est engagé à mettre en place une commission d’enquête nationale de grande envergure sur les défaillances ayant conduit au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que sur les événements qui l’ont précédé. À la lumière du scandale du Qatargate, il s’est engagé à mener une enquête « qui portera également sur l’aide apportée à un État ennemi en temps de guerre ».
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