Comment les opinions des parents pro-BDS de Mamdani ont influencé le nouveau maire de New York
Mahmood Mamdani est fier d'être le premier membre du corps enseignant à s'être exprimé sur les campus anti-Israël à Columbia ; sa femme, auparavant mariée à un homme juif, a elle aussi fait de son art un moyen de fustiger Israël
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New York Jewish News via JTA — Lorsqu’il s’est entretenu avec le Chronicle of Higher Education en novembre, Mahmood Mamdani a posé une condition : « Ne parlons pas du maire. »
Cela s’est produit deux jours seulement après que le professeur de l’Université Columbia est monté sur scène aux côtés de son épouse et de sa belle-fille, après l’élection de son fils Zohran à la mairie de New York, avec plus de 50 % des voix, dans une course à trois candidats.
Zohran Mamdani, un membre du parti d’extrême gauche Democratic Socialists of America (DSA) de 34 ans qui a fait de l’activisme anti-Israël l’un de ses chevaux de bataille, a déclaré que son père était l’une de ses sources d’inspiration politique.
Mais Mahmood Mamdani a préféré parler de son propre parcours : professeur d’anthropologie et d’affaires internationales, militant anti-Israël de longue date, il est le premier membre du corps enseignant à s’être exprimé sur le campement organisé au campus de Columbia pour protester contre la guerre menée par Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Son épouse, la cinéaste Mira Nair, et celle de Zohran, l’artiste Rama Duwaji, sont également réputées dans leurs domaines respectifs et connues pour leur soutien à la cause anti-Israël et leur adhésion au mouvement anti-Israël Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).
Zohran Mamdani a décrit le mouvement BDS comme « conforme à l’essence même de ma politique ».
En 2023, alors qu’il était membre de l’Assemblée, il a présenté un projet de loi visant à empêcher les organisations à but non lucratif de financer les implantations israéliennes en Cisjordanie.
Bien que l’on ignore dans quelle mesure Mamdani poursuivra les politiques du BDS au cours de son prochain mandat de maire, sa propre politique et celle de ses parents témoignent d’un alignement commun sur les causes anti-Israël.
« Quand vous êtes l’enfant de deux parents très engagés dans la justice sociale, souvent, ce dont vous vous souvenez comme d’une sortie entre amis, c’est d’avoir participé à un rassemblement ou à une manifestation », avait confié Mamdani dans une interview accordée à City & State en avril 2023.
Maintenant que Zohran Mamdani a pris les rênes de la Grosse Pomme le 1ᵉʳ janvier, voici ce que vous devez savoir sur sa famille proche.
Mahmood Mamdani observe Israël à travers un prisme anticolonialiste
Bien avant la campagne électorale de son fils, Mahmood Mamdani, 79 ans, était déjà largement reconnu comme l’un des plus grands spécialistes du colonialisme et de la politique postcoloniale en Afrique.
Né en Inde en 1946, Mahmood Mamdani a grandi à Kampala, en Ouganda, à une époque où le pays était marqué par la ségrégation raciale.
Après avoir obtenu sa licence, sa maîtrise et son doctorat dans des universités aux États-Unis, Mahmood Mamdani a été expulsé de l’Ouganda en 1972, lorsque le président ougandais Idi Amin a ordonné à tous les Asiatiques de quitter le pays.
Depuis 1999, il est professeur de sciences politiques à l’Université Columbia et a publié plusieurs ouvrages et essais sur le colonialisme et la violence politique, notamment Citizen and Subject: Contemporary Africa and the Legacy of Late Colonialism (« Citoyen et sujet : l’Afrique contemporaine et l’héritage du colonialisme tardif ») en 1996 et Good Muslim, Bad Muslim: America, the Cold War, and the Roots of Terror (« Bon musulman, mauvais musulman : l’Amérique, la guerre froide et les racines du terrorisme ») en 2004.
En tant que chercheur, Mahmood Mamdani est surtout connu pour son analyse du régime colonial et de la manière dont il façonne l’identité des occupés et des occupants.
Dans son ouvrage publié en 2020, Neither Settler nor Native: The Making and Unmaking of Permanent Minorities (« Ni colons ni autochtones : la création et la disparition des minorités permanentes »), il s’appuie sur des études de cas incluant l’Allemagne nazie, les Israéliens et les Palestiniens, ainsi que l’Afrique du Sud post-apartheid.
Mahmood Mamdani a maintes fois parlé ouvertement de la manière dont ses connaissances générales influencent sa réflexion sur Israël et les Palestiniens.
« Le problème n’est pas les colons, mais le colonialisme », a-t-il écrit dans Neither Settler nor Native (« Ni colon, ni autochtone »).
En 2021, pendant la guerre de onze jours entre le Hamas et Israël déclenchée par des tensions à Jérusalem, Mahmood Mamdani a écrit sur le réseau social X : « Les Palestiniens ont le droit de résister. Il s’agit d’une occupation coloniale, pas d’un conflit ! »
Trois jours plus tard, alors qu’Israël et le Hamas échangeaient missiles et frappes aériennes, Mahmood Mamdani écrivait que le conflit n’opposait pas Israël au groupe terroriste palestinien, mais qu’il s’agissait plutôt de la naissance d’une troisième Intifada.
« La résistance a cette fois commencé à Jérusalem, puis s’est propagée à Gaza, en Cisjordanie et dans les communautés palestiniennes au-delà. Il ne s’agit pas d’un conflit entre Israël et le Hamas », avait écrit Mahmood Mamdani dans un message publié sur X.
« Nous assistons à quelque chose de bien plus significatif, la naissance de la troisième Intifada contre le colonialisme ! »
En 2002, alors que la Seconde Intifada battait son plein, Mahmood Mamdani avait signé une pétition demandant à l’Université Columbia de se désengager des entreprises fournissant des armes à Israël, affirmant alors que son soutien à cette pétition constituait une « déclaration morale exprimant son inquiétude face à l’exercice du pouvoir par Israël ».
Dans l’interview accordée au Chronicle of Higher Education, Mahmood Mamdani a évoqué le fait d’avoir été le premier membre du corps enseignant à s’adresser aux manifestants anti-Israël qui avaient installé un campement à Columbia en 2024. Selon ses dires, son discours portait principalement sur « les leçons tirées du mouvement de désinvestissement en Afrique du Sud ».
Lors d’une conférence Zoom donnée en 2022 à l’Institut Carter G. Woodson de l’Université de Virginie, Mahmood Mamdani avait fait valoir que, s’il y avait lieu d’apporter un « soutien total et enthousiaste » au mouvement BDS, il a mis en garde contre le risque que ce mouvement étende ses boycotts à l’ensemble de la « société israélienne et pas seulement à ses secteurs sionistes ».
Au cours de sa conférence, Mahmood Mamdani avait également fait valoir qu’Israël devait tirer les leçons de la dissolution de l’apartheid sud-africain, affirmant que la seule voie à suivre dans la région était une « révolution épistémique » en Israël, où l’on prendrait conscience que « l’épanouissement des Juifs et de la vie juive ne nécessite pas un État sioniste ».
« Les Blancs n’avaient pas besoin de monopoliser le pouvoir politique pour avoir un foyer en Afrique du Sud. C’est cette leçon qu’il faut faire comprendre aux Israéliens, autant que possible, à savoir que les Juifs n’ont pas besoin d’un État juif pour avoir un foyer sûr en Israël-Palestine », avait déclaré Mahmood Mamdani.
« En effet, les Juifs sont plus en sécurité à New York qu’en Israël. »
Interrogé sur son soutien à une solution à un seul État, Mahmood Mamdani a récemment déclaré au Chronicle of Higher Education : « Je ne suis favorable qu’à un seul type d’État unique, un État fondé sur l’État de droit et garantissant l’égalité des droits », une position que son fils a reprise pendant la campagne électorale.
« Je m’oppose à toute forme de discrimination. Je m’oppose à toute forme d’apartheid, que je définis comme une distinction légalement imposée entre deux groupes de la société, dont l’un bénéficie d’avantages et l’autre est pénalisé. »
Dans une interview accordée au magazine The Nation en janvier 2024, Mahmood Mamdani critiquait la réaction de l’opinion publique face aux manifestations anti-Israël qui éclataient à travers les États-Unis, assurant que « l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme constituait un danger pour la démocratie ».
« Confondre la critique d’un État avec la critique d’un peuple représente un défi pour la culture démocratique », avait-il déclaré.
Dans une récente interview accordée au Chronicle of Higher Education, Mahmood Mamdani a salué la définition de l’antisémitisme donnée dans la Déclaration de Jérusalem, signée par plus de 200 universitaires, pour la plupart juifs, qui insiste sur le fait que le mouvement de boycott d’Israël n’est pas en soi antisémite.
Selon lui, cette déclaration « établit une distinction très claire entre l’État d’Israël et le peuple d’Israël », contrairement à la définition de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), que son fils a révoqué dès le premier jour de son mandat.
Dans une lettre publiée en janvier 2024 dans le Columbia Spectator, Mahmood Mamdani critiquait l’université pour avoir découragé l’utilisation des mots « Intifada » et « de la rivière à la mer », arguant que leur exclusion « empêcherait tout dialogue constructif sur Israël et la Palestine sur ce campus ».
Il a déclaré au Chronicle of Higher Education que le concept « de la rivière à la mer » apparaît dans le manifeste du parti Likud au pouvoir en Israël, qui déclare que « entre la mer [Méditerranée] et le Jourdain [fleuve], seule la souveraineté israélienne prévaudra ».
Il a également assuré qu’il n’avait en réalité jamais entendu le slogan « de la rivière à la mer » scandé dans l’enceinte de Columbia, et qu’il en avait seulement entendu parler.
Zohran Mamdani a également minimisé les propos que de nombreux partisans d’Israël considèrent comme incendiaires.
En juin, il a refusé de condamner l’expression « mondialiser l’Intifada », estimant qu’elle symbolisait « un désir désespéré d’égalité et d’égalité des droits dans la défense des droits humains des Palestiniens ».
Par la suite, Mamdani a déclaré qu’il « découragerait » l’utilisation de cette expression, que de nombreux partisans d’Israël, se souvenant des deux soulèvements violents des Palestiniens en 1987 et 2000 ayant coûté la vie à des centaines d’Israéliens, considèrent comme un appel à la violence.
Lors d’une apparition sur les campus, Mamdani a décrit les accusations d’antisémitisme comme « faisant partie des moyens utilisés par l’administration pour diaboliser ce type de manifestations », selon le Columbia Spectator.
Les critiques de Mahmood Mamdani affirment qu’il minimise la vulnérabilité historique des Juifs et la question de l’antisémitisme, qu’il minimise l’action politique des Palestiniens et leurs divisions internes, et qu’il ignore les différences entre le sionisme et le colonialisme européen. Mais, tout comme son fils, il estime que même les jeunes Juifs adhèrent de plus en plus à sa critique d’Israël et du sionisme.
Dans une interview accordée en décembre à Peter Beinart pour le magazine de gauche Jewish Currents, il a déclaré qu’il pensait que la communauté juive de la Diaspora jouerait un « rôle important » dans les discussions futures sur la « question palestinienne ».
« Les enfants juifs de New York sont de plus en plus sceptiques quant à la direction prise par Israël, de plus en plus déçus par l’efficacité morale et politique de cette voie et de plus en plus ouverts à l’idée d’explorer une alternative », a déclaré Mahmood Mamdani.
Mira Nair, partisane des boycotts culturels
Nair est une cinéaste indo-américaine primée dont le premier film, « Salaam Bombay ! », sorti en 1988, lui a valu une nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère. Elle a également réalisé plusieurs films acclamés, notamment « Mississippi Masala » en 1991, « Monsoon Wedding » en 2001 et « The Namesake » en 2006.
Née en Inde, elle a rencontré Mahmood Mamdani en Ouganda en 1989 et ils se sont mariés deux ans plus tard. Nair a également été mariée au photographe juif Mitch Epstein de 1981 à peu avant 1989 ; celui-ci a décliné les demandes d’interview de la JTA.
Nair est aussi une fervente détractrice d’Israël et une partisane des pétitions soutenant le mouvement BDS.
En 2013, Nair avait décliné une invitation au Festival international du film de Haïfa.
« Je ne me rendrai pas en Israël pour le moment. J’irai en Israël lorsque les murs seront tombés. J’irai en Israël lorsque l’occupation aura pris fin », avait-elle alors écrit sur Twitter. Dans un message ultérieur, elle avait ajouté qu’elle soutenait le mouvement BDS.
En mars 2024, Nair a signé une pétition demandant l’exclusion de l’actrice israélienne Gal Gadot de la cérémonie des Oscars, l’accusant de « soutenir les actions militaires d’Israël contre les Palestiniens », selon un message publié par le mouvement BDS sur Instagram.
Après l’élection de Mamdani, Nair a également refusé de s’exprimer sur l’attitude de son fils envers les Juifs et Israël dans une interview accordée au Hollywood Reporter.
« Ce que j’aime tant chez Zohran, c’est qu’il embrasse la multiplicité de nos vies de la manière la plus naturelle qui soit – cette mosaïque qu’est notre ville, mais que personne n’avait vue avant l’arrivée de ce jeune homme », a déclaré Nair au Hollywood Reporter à propos de son fils.
Rama Duwaji, une artiste dotée d’une vision politique
La femme de Mamdani, Rama Duwaji, qu’il a épousée en 2025, a également fait de l’antisionisme un thème central de son travail dans les domaines de la céramique, de l’animation et de l’illustration.
Alors que Duwaji a largement refusé les interviews avec la presse et n’est pas apparue lors d’événements de campagne ou de collectes de fonds, elle a accordé le mois dernier sa première interview post-électorale au magazine The Cut.
« Parler de la Palestine, de la Syrie, du Soudan… toutes ces choses sont vraiment importantes pour moi », a déclaré Duwaji à The Cut.
« Je me tiens toujours au courant de ce qui se passe, non seulement ici, mais aussi ailleurs. Il me semble hypocrite de parler d’autre chose alors que c’est tout ce qui m’occupe l’esprit, tout ce que je veux coucher sur le papier. »
« Tout est politique ; c’est ce dont je parle avec [Zohran] et mes amis, ce qui me préoccupe chaque matin, ce qui n’est probablement pas très bon pour ma santé mentale. C’est de cela dont je parle quand je prends des nouvelles de ma famille restée au pays », a poursuivi Duwaji.
Au cours de cette interview, Duwaji a également évoqué la signification d’une partie de sa tenue portée le soir des élections : un haut noir conçu par Zeid Hijazi, une marque palestino-jordanienne basée à Londres.
« C’est bien d’avoir une petite analyse sur les vêtements, car, par exemple, lors de la soirée électorale, c’était sympa d’envoyer un message sur les Palestiniens en portant une tenue d’un créateur palestinien », a déclaré Duwaji.
Âgée de 28 ans, Duwaji est d’origine syrienne et a grandi au Texas et à Dubaï. Elle publie également fréquemment sur son compte Instagram des illustrations défendant la cause anti-Israël.
Selon son site, ses œuvres ont été présentées dans The New Yorker, The Washington Post, la BBC et VICE.
En août, elle a publié une animation du drapeau « palestinien » accompagnée du slogan « Mettons fin au génocide », puis une autre, le mois dernier, représentant la flottille Global Sumud.
En mars, elle a publié une illustration de Mahmoud Khalil, un activiste anti-Israël étudiant à l’Université Columbia, appelant à sa libération après son arrestation par l’administration Trump dans le cadre de sa campagne de lutte contre l’antisémitisme sur les campus.
« Il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression, qui crée un précédent effrayant pour tous ceux qui défendent ce qui est juste. Résistez », a écrit Duwaji.
« Il est lui-même. »
Dans une interview accordée au New York Times en juin, Mahmood Mamdani a rejeté l’idée que ses opinions politiques auraient influencé celles de son fils de manière disproportionnée.
« Il est lui-même », a déclaré Mahmood.
« Bien sûr, ce que nous faisons en tant que parents fait partie de l’environnement dans lequel il a grandi, et il ne pouvait s’empêcher d’y être exposé. Cela ne signifie pas pour autant que cela reflète notre personnalité. »
Mais Nair a rapidement contredit cette affirmation, déclarant au New York Times que son fils avait « très bien assimilé » les opinions politiques de ses parents, axées principalement sur l’anticolonialisme.
« Je ne suis pas d’accord ! » a déclaré Nair.
« Bien sûr, le monde dans lequel nous vivons, celui que nous décrivons dans nos écrits et nos films, celui auquel nous réfléchissons, est le monde que Zohran a profondément assimilé. »
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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