Des Haredim manifestent contre les autopsies des bébés morts dans une crèche illégale à Jérusalem
La police a affronté des centaines de radicaux qui ont incendié des poubelles et bloqué des routes dans la capitale et à Beit Shemesh ; les parents prévoient de faire appel
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Lundi soir, des centaines d’ultra-orthodoxes radicaux se sont heurtés à la police à Jérusalem et à Beit Shemesh pour protester contre la décision des autorités de procéder à l’autopsie des corps de deux bébés décédés dans une crèche surpeuplée et illégale de la capitale.
La police et le parquet insistent pour que des autopsies soient pratiquées afin de déterminer la cause exacte du décès de Leah Goloventzitz, âgée de quatre mois, et d’Aharon Katz, âgé de six mois, dont les corps ont été découverts lundi matin, en même temps que 53 autres bébés et enfants en bas âge présentant des blessures plus ou moins graves, dans cette crèche haredi.
Ces autopsies permettraient aux enquêteurs de la police de confirmer leur hypothèse selon laquelle les deux bébés seraient morts d’épuisement et de déshydratation, dus à un système de chauffage défectueux, dans cette crèche illégale installée dans plusieurs appartements adjacents de la rue HaMem Gimel, dans le quartier de Romema, à Jérusalem, à majorité haredi.
Les parents des deux bébés décédés s’y opposent toutefois, car les Juifs orthodoxes considèrent toute manipulation d’un cadavre comme une profanation. L’affaire a été portée devant le tribunal de première instance de Jérusalem. Le juge a donné raison aux autorités israéliennes lundi soir, mais les parents ainsi que le service d’urgence ultra-orthodoxe ZAKA ont fait savoir qu’ils comptaient faire appel de cette décision devant la Cour suprême.
Dans un communiqué, la police israélienne a par ailleurs déclaré que ses agents étaient intervenus au carrefour Shmuel Hanavi, à Jérusalem, où des manifestants perturbaient l’ordre public, bloquaient les routes, incendiaient des poubelles, endommageaient des véhicules et troublaient la vie des citoyens. La police a ajouté que les manifestants avaient également entravé la circulation des bus publics et endommagé des voitures.
« Après avoir déclaré la manifestation illégale, les agents ont commencé à disperser les émeutiers qui leur ont résisté », indique le communiqué, ajoutant que les émeutes « mettaient des vies en danger et pouvaient se terminer par une tragédie grave ».
מכת"זית מעיפה ילד – שפוגע בגלגלי רכב: תיעוד מההפגנות בירושלים נגד נתיחת גופות התינוקות שמתו באסון בגן הילדים@HGoldich pic.twitter.com/iU93Pjylwb
— כאן חדשות (@kann_news) January 19, 2026
Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre la police utilisant un canon à eau contre les manifestants à Jérusalem. On y voit une personne, vraisemblablement mineure, être renversée par le jet d’eau, puis projetée sur la route, sous les roues d’une voiture en circulation. Aucun blessé n’a toutefois été signalé.
Des poubelles ont également été incendiées dans la rue Nahar HaYarden, dans la ville voisine de Beit Shemesh, située au centre du pays. Selon la presse israélienne, la police a fait usage de grenades incapacitantes et de matraques contre les manifestants.
Ces manifestations ont eu lieu après la publication d’une directive par le rabbin Moshe Sternbuch, chef des tribunaux rabbiniques de la communauté antisioniste Edah Haredit, à l’intention de ses partisans. Ce document stipule que « chaque personne a l’obligation de descendre dans les rues et de manifester contre l’autopsie et la profanation des morts ».
Les organisateurs de la manifestation auraient annoncé leur intention d’en tenir d’autres mardi.
מאות חרדים מפגינים בירושלים ובבית שמש נגד נתיחת גופות הפעוטות שמתו באסון המעון בעיר@daniel_grovais pic.twitter.com/Ym7226TAOH
— גלצ (@GLZRadio) January 19, 2026
La police a déclaré avoir arrêté trois membres du personnel de la crèche pour les interroger.
Les services d’urgence sont arrivés sur place lundi matin après avoir été alertés par la crèche au sujet de Leah Goloventzitz, 4 mois, qui ne réagissait pas et n’avait plus de pouls.
À leur arrivée à la crèche, les équipes médicales ont constaté qu’Aharon Katz, 6 mois, était également inconscient et dans un état critique.
Les deux bébés ont été transportés d’urgence à l’hôpital Hadassah et au centre hospitalier Shaare Zedek tout en recevant les premiers soins, mais leur décès a été prononcé à leur arrivée.
Selon le site d’information ultra-orthodoxe Behadrei Haredim, il s’agissait du premier jour de crèche pour l’un des deux bébés.
Dans le même temps, les équipes de la police israélienne et des Services d’incendie et de secours ont évacué les 53 autres enfants de la crèche, qui présentaient tous divers symptômes de détresse respiratoire.
Le nombre de bébés confiés à la crèche n’était pas clairement établi pour les services de secours, a déclaré un membre de United Hatzalah à Ynet. Ce n’est qu’après avoir pratiqué la réanimation cardio-pulmonaire sur les deux bébés et entendu des cris provenant de l’intérieur du complexe d’appartements qu’ils ont réalisé la situation.
« Nous avons entendu des enfants crier, nous sommes entrés pour vérifier et qu’avons-nous découvert ? Des enfants dans des placards, dans des poussettes, partout, cachés les uns sur les autres sous des couvertures », a-t-il expliqué.
מזרונים בשירותים, תיעוד מהצפיפות במעון הפרטי בו אירע האסון בירושלים ???????? pic.twitter.com/ogn0R2OFXx
— שילה פריד???????? (@shilofreid) January 19, 2026
Dans un communiqué publié alors que le drame se déroulait, le Conseil national de l’enfance a exigé une enquête immédiate de la police et du ministère de l’Éducation, « non seulement sur la grave négligence, mais aussi sur la question de la licence d’exploitation de la crèche ».
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