Rechercher

D’ici 2050, près d’un Israélien sur quatre sera ultra-orthodoxe – étude

Les haredim représentent 23,5 % des personnes aptes au service militaire et pourraient atteindre 40 % d’ici 2050 ; sans intégration, le PIB risque de chuter de 10 %

Des ultra-orthodoxes étudiant à la yeshiva Ateret Shlomo, à Rishon Lezion, le 11 juin 2025. (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)
Des ultra-orthodoxes étudiant à la yeshiva Ateret Shlomo, à Rishon Lezion, le 11 juin 2025. (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)

D’ici 2050, près d’un Israélien sur quatre sera issu de la communauté ultra-orthodoxe, selon un nouveau rapport publié au début du mois par l’Institut israélien de la démocratie (IDI).

Le rapport examine l’impact d’une population haredi plus importante sur la société israélienne dans son ensemble. Il envisage à la fois un scénario dans lequel les modèles éducatifs et professionnels de la communauté convergent avec ceux de la population juive en général, et un scénario dans lequel ils demeurent proches des tendances actuelles, largement distinctes.

Selon le rapport, les projections les plus récentes du Bureau central des statistiques (CBS) indiquent que d’ici 2050, 24,4 % des Israéliens seront haredim, tandis que les estimations de l’IDI situent cette proportion à 22 %. Actuellement, environ 14 % des Israéliens, soit 1,45 million de personnes, appartiennent à cette communauté.

« La croissance rapide de la population ultra-orthodoxe (haredi) devrait avoir un impact considérable sur l’économie et la société israéliennes, en raison des modèles distinctifs de ce groupe en matière d’éducation et d’emploi », écrivent les auteurs du rapport, le Dr Gilad Malach, le Dr Itamar Yakir et Roe Kenneth Portal.

À l’heure actuelle, le taux de participation des haredim à l’enseignement supérieur et au marché du travail, en particulier chez les hommes ultra-orthodoxes, demeure nettement inférieur à celui de la population juive non haredi.

À moins d’un renversement de tendance, la croissance de la population haredi entraînerait une baisse du nombre total d’Israéliens admissibles aux examens d’entrée à l’université et titulaires d’un diplôme universitaire, ainsi qu’un recul du taux d’emploi en Israël par rapport à aujourd’hui.

Des haredim se préparent pour la fête juive de Pessah à Safed, le 9 avril 2025. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Actuellement, le taux d’admissibilité aux examens d’entrée à l’université dans l’ensemble de la population atteint 71 %, contre 16 % dans la communauté haredi. Si ce taux ne progresse pas, seuls 61,5 % des élèves israéliens en âge de fréquenter le lycée y seraient admissibles en 2050. Si les haredim comblent leur retard par rapport au reste de la population juive, ce taux atteindrait alors 83,6 %.

Par ailleurs, 47,1 % des Israéliens âgés de 35 à 44 ans sont aujourd’hui titulaires d’une licence, contre 13 % des hommes haredim et 38 % des femmes haredim. Selon l’IDI, si la proportion de diplômés au sein de la communauté ultra-orthodoxe demeure stable, la part des Israéliens de 35 à 44 ans titulaires d’un diplôme atteindrait 43,7 % en 2050.

Enfin, si les haredim maintiennent les tendances actuelles, le taux d’emploi en Israël passerait de 78,1 % aujourd’hui à 75,8 %. En revanche, s’ils rejoignent la population active à des niveaux comparables au reste de la population, ce taux atteindrait 79 %.

« La perte de potentiel en termes de PIB par habitant résultant de la non-intégration des haredim pourrait dépasser 10 %, soit environ 160 milliards de shekels sur la base du PIB de 2023 », écrivent Malach, Yakir et Kenneth.

Scène de la vie quotidienne dans le quartier haredi de Mea Shearim, à Jérusalem, le 19 décembre 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Cela fait des dizaines d’années déjà que les experts tirent la sonnette d’alarme sur le manque d’intégration économique des haredim, communauté connaissant la croissance la plus rapide en Israël, avec une moyenne de 6,5 enfants par femme ultra-orthodoxe.

Ces préoccupations ont également influencé le débat sur la conscription militaire à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la plus longue guerre de l’histoire d’Israël. Les hommes ultra-orthodoxes bénéficient depuis longtemps d’une exemption générale de service militaire.

Compte tenu de la situation sécuritaire actuelle, Tsahal affirme avoir un besoin urgent de 12 000 recrues en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve. Environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement aptes au service militaire, mais ont refusé de rejoindre les rangs, bien que la Haute Cour de justice ait déclaré ces exemptions illégales en 2024.

Un homme ultra-orthodoxe, devant un panneau indiquant un bureau de recrutement de l’armée israélienne lors d’une manifestation contre la conscription des Haredim, à Jérusalem, le 1ᵉʳ mai 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un projet de loi actuellement examiné par la Knesset maintiendrait la plupart des exemptions de conscription pour les haredim et a suscité un débat national.

Selon le rapport de l’IDI, les haredim représentent actuellement 23,5 % des personnes désignées pour le service militaire, et cette proportion devrait atteindre 25 % en 2030, 33 % en 2040 et 40 % en 2050.

« Les conclusions soulignent la nécessité urgente d’un nouveau ‘contrat social’ équitable entre l’État et la société ultra-orthodoxe, incluant des changements profonds dans le système éducatif, la conscription et le financement public de la population haredi », écrivent les auteurs.

« La réduction des incitations économiques à la non-intégration dans la société israélienne, ainsi que la conditionnalité de l’aide de l’État à l’étude des matières fondamentales, au service militaire et à la pleine réalisation du potentiel de revenus, constituent des conditions nécessaires pour parvenir aux changements requis », ajoutent-ils.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.