Francesca Albanese craint que les sanctions américaines l’empêchent de voyager
Selon la rapporteuse spéciale de l’ONU, cette décision pourrait avoir un "effet dissuasif" sur les personnes qui collaborent avec elle, mais elle compte "poursuivre son travail"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les Territoires palestiniens a déclaré vendredi que la décision des États-Unis de la soumettre à des sanctions pourrait avoir un « effet dissuasif » sur les personnes qui collaborent avec elle et restreindre ses déplacements, mais qu’elle comptait poursuivre son travail.
Mercredi, le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé que Francesca Albanese serait ajoutée à la liste des personnes sanctionnées par les États-Unis pour ses actions. Selon lui, elle aurait recommandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’émettre des mandats d’arrêt à l’encontre notamment du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Sur le réseau social X, Rubio a dénoncé les « efforts illégitimes et honteux » de Francesca Albanese visant à inciter la CPI à prendre des mesures contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens.
Albanese a déclaré qu’elle était désormais confrontée à un gel de ses avoirs et à d’éventuelles restrictions de voyage, avertissant que la décision américaine pourrait créer un précédent « dangereux » pour les défenseurs des droits de l’homme dans le monde entier.
« Il n’y a plus de lignes rouges… C’est effrayant », a-t-elle déclaré à Reuters par vidéoconférence depuis la Bosnie, où elle assistait à des événements organisés à l’occasion du 30ᵉ anniversaire du génocide de Srebrenica.
« Cela pourrait m’empêcher de me déplacer. Cela aura un effet dissuasif sur les personnes qui collaborent habituellement avec moi, car pour les citoyens américains ou les titulaires d’une carte verte, cela posera d’énormes problèmes. »
« Je compte poursuivre mon action », a-t-elle ajouté.
La rapporteuse aurait pris part à des « activités partiales et malveillantes », Rubio l’accusant « d’antisémitisme décomplexé » et de « soutien au terrorisme ».
Elle aurait également écrit « des lettres menaçantes » à plusieurs entreprises américaines, formulant, selon Rubio, « des accusations infondées » et recommandant des poursuites contre ces entreprises et leurs dirigeants.
En juillet, Albanese avait présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un rapport dans lequel elle étudiait « les mécanismes des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens ».
Today I am imposing sanctions on UN Human Rights Council Special Rapporteur Francesca Albanese for her illegitimate and shameful efforts to prompt @IntlCrimCourt action against U.S. and Israeli officials, companies, and executives.
Albanese’s campaign of political and economic…
— Secretary Marco Rubio (@SecRubio) July 9, 2025
En février, elle avait également dénoncé comme « illégal » et « complètement absurde » le projet d’occupation de la bande de Gaza et de déplacement de sa population annoncé par Donald Trump.
Le président américain avait assuré vouloir prendre « le contrôle » de la bande de Gaza dévastée par la guerre et répété que ses habitants pourraient aller vivre en Jordanie ou en Égypte, malgré l’opposition de ces pays.
« C’est illégal, immoral et irresponsable. C’est complètement irresponsable parce que cela va aggraver la crise régionale », avait déploré l’experte onusienne, qui a réitéré ses accusations de « génocide » israélien à Gaza.
Le président du Conseil des droits de l’homme a affirmé jeudi « regretter » que les États-Unis aient décidé d’imposer des sanctions à Albanese.
« J’appelle tous les États membres de l’ONU à coopérer pleinement avec les rapporteurs spéciaux et les titulaires de mandat du Conseil et à s’abstenir de tout acte d’intimidation ou de représailles à leur encontre », a déclaré l’ambassadeur suisse Jürg Lauber, qui occupe cette année le poste du président du Conseil.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a demandé aux États-Unis de revenir sur leur décision d’imposer des sanctions à la rapporteuse spéciale pour les Territoires palestiniens.
« J’exhorte les États-Unis à lever rapidement les sanctions » à son encontre, a indiqué Volker Türk dans un communiqué, dans lequel il demande aussi que cessent « les attaques et les menaces » contre de personnes nommées par l’ONU ou par la CPI.
Au début du mois, l’administration Trump avait demandé aux Nations unies de démettre Albanese, pour « antisémitisme virulent et soutien au terrorisme », selon une lettre obtenue par le Washington Free Beacon.
Cet avertissement de l’administration Trump fait suite à un nouveau rapport rédigé par Albanese, intitulé « De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide », dans lequel elle accuse de complicité manifeste de grandes entreprises américaines et internationales.
« L’occupation coloniale israélienne s’est transformée en un régime de destruction insidieux, bureaucratique et militarisé, une économie calculée du génocide », a-t-elle écrit.
Les responsables américains, tant sous l’administration Biden que sous l’administration Trump, ont déclaré qu’elle n’était pas apte à remplir son rôle.
Des groupes pro-Israël tels que UN Watch et NGO Monitor ont régulièrement accusé Albanese de partialité anti-Israël, voire d’antisémitisme.
Albanese a notamment déclaré que le « lobby juif » contrôlait les États-Unis, comparé à de nombreuses reprises les Israéliens aux nazis, a rejeté les motivations antisémites de l’assaut sanglant et barbare du Hamas le 7 octobre, a accusé Israël d’être responsable de ce pogrom, a rejeté les préoccupations sécuritaires israéliennes, a condamné l’élimination par Israël du chef terroriste du Hamas Yahya Sinwar et a nié le droit d’Israël à la légitime défense, entre autres déclarations incendiaires.
En février 2024, Albanese a également suscité une vive réaction lorsqu’elle a déclaré que les victimes du pogrom perpétré par le Hamas en Israël le 7 octobre « n’avaient pas été tuées en raison de leur judaïsme, mais en réponse à l’oppression d’Israël ».
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Plus de 57 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
L’armée israélienne affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
la Communauté du Times of Israël !







