Intervention du ministère de l’Éducation suite au refus d’écoles haredi d’admettre des Séfarades
Le ministère a fait savoir que les écoles fautives, à Jérusalem et Beit Shemesh, pourraient se voir « retirer des subventions » et révoquer leur licence d'exploitation
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Mardi, des membres du ministère de l’Éducation ont convoqué les représentants de plusieurs écoles ultra-orthodoxes ayant refusé d’accueillir des élèves d’origine séfarade.
Suivant en cela les instructions des rabbins de la communauté, plusieurs établissements de Beit Shemesh et Jérusalem ont suspendu les cours de leurs élèves de Troisième pour protester contre l’ordre donné par les deux municipalités d’accepter les élèves d’origine moyen-orientale et nord-africaine refusés ailleurs.
Cela fait des années que les élèves séfarades font l’objet de discriminations au sein de la communauté haredi et nombre d’établissements scolaires ashkénazes sont accusés d’imposer des quotas officieux s’agissant des étudiants séfarades, adossés à une forme de racisme envers les familles d’origine moyen-orientale.
Dans une interview accordée au site d’information Ynet, la mère d’un élève d’origine mixte a confié que sa fille était « émotionnellement brisée » après qu’une école « nous a demandé de changer notre nom de famille » pour qu’il ait des consonances plus ashkénazes.
Selon la Treizième chaîne, le rabbin Dov Lando, l’un des dirigeants rabbiniques les plus éminents du courant lituanien de l’ultra-orthodoxie ashkénaze et par ailleurs chef spirituel de la faction Degel HaTorah du parti Yahadout HaTorah, serait à l’origine des instructions données aux rabbins de ne pas accepter ces filles.
Abordant la question lors d’une apparition à Beit Shemesh lundi, le député de Degel HaTorah, Moshe Gafni, a demandé au parti Shas d’ouvrir des écoles pour les étudiants séfarades à Beit Shemesh afin que « vos filles » n’aient pas à « s’entasser dans nos institutions ».
Le parti Yahadout HaTorah représente les Haredim d’origine ashkénaze, ou européenne, et le Shas, ceux d’origine moyen-orientale et nord-africaine.
Plus tard dans la soirée, le rabbin Lando a publié une lettre demandant aux établissements de Jérusalem de rester fermés jusqu’au règlement de la question pour ces élèves.
S’adressant à la chaîne publique Kan, le conseiller municipal de Beit Shemesh, Avi Ehrentreu (Degel HaTorah), a affirmé que cette question n’avait rien à voir avec l’origine ethnique de ces filles, ajoutant qu’il était « naturel pour une personne d’aller dans un établissement d’enseignement auquel elle est affiliée politiquement ».
« Ces derniers jours, on a passé des heures à chercher une solution pour ces filles, afin que chacune d’entre elles puisse faire sa rentrée dans un établissement approprié et respectable », a-t-il écrit plus tard sur X.
Selon le porte-parole de la municipalité de Beit Shemesh, une cinquantaine de filles de cinq établissements scolaires de Beit Shemesh sont concernées.
« Je peux vous assurer qu’il ne s’agit pas seulement des filles séfarades, même si c’est ce qui fait le plus parler dans les journaux. Il y a aussi des filles ashkénazes qui ne sont pas acceptées. Nous comprenons leur détresse, qu’elles se plaignent de ne pas avoir de place, mais au final, les services municipaux sont tenus de trouver une place à tous les élèves et de s’assurer que chacun soit effectivement pris en charge », a déclaré le porte-parole au Times of Israel.
« Voilà pourquoi la ville a pris des mesures. Pour répondre à votre question, la ville a trouvé une place à toutes les filles. A Beit Shemesh, aucune de ces filles n’est laissée pour compte. Toutes les élève ont trouvé une place », a-t-il poursuivi en rappelant que les établissements scolaires devaient « accepter les élèves » et qu’à défaut, le ministère de l’Éducation reverrait leurs subventions à la baisse.
La question des discriminations remonte à des années mais la dernière polémique en date remonte à cet été, lorsque la Treizième chaîne a fait savoir que 440 filles Haredim de Jérusalem, à 73 % séfarades, n’avaient pas trouvé de place à l’école. Raison pour laquelle la ville a décidé d’affecter elle-même les élèves en exigeant des établissements concernés qu’ils les acceptent.
Une entrée séparée
Dans une information donnée en juin dernier, la chaîne avait révélé que l’école Darchei Rachel du réseau Beit Yaakov, célèbre école pour filles haredi de Jérusalem, pensait ouvrir un établissement distinct pour les élèves séfarades, avec une entrée séparée des élèves ashkénazes, suite à l’ordre donné par la ville d’accepter les élèves d’origine séfarade.
Dans un communiqué publié mardi, la municipalité de Jérusalem a assuré avoir « achevé les préparatifs en vue de la rentrée scolaire, tous les élèves de la ville, sans exception, ayant été affectés dans différents établissements. Certains établissements ont décidé de reporter la rentrée scolaire. Si un établissement choisit, pour des raisons qui lui sont propres, de ne pas faire sa rentrée, la question devra être évoquée avec le ministère de l’Éducation, qui est l’autorité en la matière, comme le dispose la loi. »
Interrogé, le ministère de l’Éducation a répondu qu’il « dialoguait avec la municipalité de Jérusalem, les rabbins de la communauté et les établissements afin de dégager des solutions concertées, tout en assurant le respect des règles et en prévenant les discriminations ».
« Le très petit nombre de cas dans lesquels des parents ou établissements ont refusé la place assignée sont traités à part – et pourraient aller jusqu’à la suspension des subventions et la révocation de la licence de l’établissement », a déclaré le ministère.
Ni la municipalité de Jérusalem ni le ministère de l’Éducation n’ont communiqué au Times of Israel la liste des écoles concernées au moment de la publication de cet article, pas plus qu’ils n’ont précisé la situation de l’établissement Darchei Rachel.
Des écoles publiques Haredim
Dans le même ordre d’idées, la radio de l’armée a rapporté mardi que le transfert prévu de sept écoles maternelles ultra-orthodoxes de Beit Shemesh vers le courant éducatif d’État haredi avait été mis en suspendu sous la pression des Haredim.
Selon le conseiller municipal Moti Leitner, membre du parti modéré haredi Derech et partisan des écoles publiques haredi, le projet a été mal interprété.
« Ce sont des maternelles publiques – elles l’ont toujours été et le resteront… Elles resteront des maternelles publiques. Elles se trouveront juste dans le district de Jérusalem du ministère de l’Éducation et non dans le district haredi », a-t-il conclu.
la Communauté du Times of Israël !







