Israël défend sa pratique de nourrir le bétail avec leurs excréments, faute de pâturages
Animals Now a lancé une campagne de sensibilisation contre cette pratique interdite dans plusieurs pays occidentaux
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Israël autorise ses agriculteurs à utiliser les excréments, plumes et restes alimentaires des poulaillers pour nourrir leur bétail, malgré l’interdiction prise en la matière au sein de l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Suisse, au Canada, au Japon, en Namibie, Australie et Nouvelle-Zélande.
Chaque année, le ministère de l’Agriculture autorise la distribution aux veaux et aux vaches de 43 000 tonnes de ce qu’il qualifie de fumier de volaille, selon les données obtenues par l’organisation de défense des droits des animaux, Animals Now, en vertu de la liberté d’accès aux documents administratifs.
Le groupe progressiste Animals Now a lancé ce dimanche une campagne de sensibilisation à cette pratique intitulée « Mangez moins de viande, mangez moins de merde », avec des publications sur les réseaux sociaux et des affiches dans les rues de Tel Aviv et Ramat Gan.
Selon Animals Now, ces 43 000 tonnes de ces matières taboues représentent plus de 1 400 camions stationnés pare-chocs contre pare-chocs tout du long de la trentaine de kilomètres séparant Tel Aviv de Netanya.
Nombre de pays ont interdit cette pratique pour empêcher que les agents pathogènes et résidus des métaux lourds, pesticides et autres antibiotiques ne se retrouvent dans la viande de bœuf.
Cependant, explique Animals Now, les fermes israéliennes productrices de viande à l’échelle industrielle mélangent quotidiennement aux aliments de leurs veaux à viande jusqu’à trois kilogrammes de matières fécales de volailles. Dans le secteur de l’industrie laitière, les vaches sont nourries avec des excréments pendant leurs deux premières années, ajoute l’organisation.
Le mélange — qui doit être traité par marinage ou chauffage thermique avant utilisation — permet ainsi de fournir des protéines bon marché aux bovins.
Les règlements du ministère de l’Agriculture stipulent que les fabricants de fumier de volaille sont tenus d’examiner chaque trimestre ce qu’ils transforment et de déclarer les antibiotiques administrés à la volaille.
Selon la réglementation, ni le séchage ni le de chauffage thermique que doit subir le fumier avant d’être utilisé pour l’alimentation ne détruisent le Clostridium botulinum. Ce qui explique qu’il soit demandé aux éleveurs de vacciner le bétail contre cette bactérie toxique, alors que les vaccins n’offrent pas une protection totale.
Les excréments provenant de poulaillers contaminés par la grippe aviaire ou d’autres pathologies ne peuvent pas être utilisés.
Partisan de l’utilisation des excréments, le ministère de l’Agriculture a déclaré par voie de communiqué : « C’est une pratique courante qui permet d’incorporer à l’alimentation des bovins à viande l’azote nécessaire à la production de protéines. Contrairement aux pays disposant de grandes étendues de pâturage naturel, qui disposent de facto de sources de protéines végétales, Israël est caractérisé par un environnement désertique avec des terres et des ressources limitées en matière de pâturage. Dans ces conditions, des solutions alimentaires adaptées doivent être dégagées. »
la Communauté du Times of Israël !







