Israël, la Grèce et Chypre approfondissent leurs relations militaires via un accord trilatéral
Il s'agit pour ces trois pays de la Méditerranée orientale de renforcer la coordination sécuritaire entre les rivaux régionaux de la Turquie en Méditerranée orientale
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

La semaine dernière, Israël, la Grèce et Chypre ont conclu un plan trilatéral de coopération militaire pour 2026, a annoncé l’armée israélienne, dans le cadre d’une initiative qui approfondit davantage la coordination sécuritaire entre les rivaux régionaux de la Turquie en Méditerranée orientale.
L’accord, signé à Chypre, inclut également des plans de travail bilatéraux entre Tsahal, les forces armées grecques et la garde nationale chypriote, avec des exercices et formations conjoints, des groupes de travail dans divers domaines et un dialogue militaire stratégique sur les défis communs en matière de sécurité, a précisé l’armée israélienne.
La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accueilli à Jérusalem le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et le président chypriote, Nikos Christodoulides, profitant de l’occasion pour adresser un message clair à Ankara. Les trois dirigeants ont également signé un accord visant à renforcer la coopération en matière de sécurité maritime et à faire avancer les projets d’interconnexion énergétique.
Aux côtés des deux dirigeants, Netanyahu avait ainsi déclaré que « ceux qui s’imaginent pouvoir rétablir leur empire et leur domination sur nos terres » feraient bien « d’oublier » – une allusion à peine voilée à la Turquie.
Début décembre, les médias grecs ont rapporté qu’Israël, la Grèce et Chypre envisageaient la mise en place d’une force militaire conjointe de réponse rapide dans l’est de la Méditerranée, dans un contexte d’inquiétudes croissantes, à Athènes, face à l’expansion du dispositif militaire turc.
L’armée israélienne estime que ces tout nouveaux plans vont renforcer « la stabilité, la sécurité et la paix en Méditerranée orientale ».
En 2026, la Grèce, Israël et Chypre intensifieront donc leurs exercices aériens et navals conjoints en Méditerranée orientale, renforçant ainsi leur coopération en matière de défense, ont fait savoir lundi des responsables militaires grecs et une source haut placée.
Cette dernière décennie, ces trois pays de la Méditerranée orientale se sont rapprochés grâce, également, à des achats dans le domaine de la défense et une coopération énergétique. Une évolution suivie de près par la Turquie, leur rivale régionale.
L’état-major des forces armées grecques (GEETHA) a annoncé – mais sans toutefois donner davantage de détails – que des hauts responsables militaires des trois pays avaient signé la semaine dernière, à Chypre, un plan d’action commun de coopération en matière de défense.
Selon un haut responsable grec proche du dossier, l’accord militaire portera sur des exercices navals et aériens conjoints ainsi que sur le transfert de savoir-faire d’Israël vers la Grèce et vers Chypre, afin de faire face aux menaces « asymétriques » et « symétriques ».
« La Grèce et Israël intensifieront leurs exercices conjoints après le cessez-le-feu à Gaza, avec la participation de Chypre », a précisé le responsable, ajoutant que la Grèce prévoyait de se joindre à l’exercice naval israélien Noble Dina dans les mois à venir en Méditerranée orientale.
Si le gouvernement chypriote n’a encore fait aucun commentaire, un parti d’opposition clé, le parti communiste AKEL, a toutefois fait part de ses inquiétudes : « M. Christodoulides continue d’approfondir la coopération militaire et politique avec Israël sans tenir compte des risques et des conséquences de ce choix », a-t-il souligné dans un communiqué.
La Grèce et Chypre ont déjà acheté à Israël des systèmes de missiles pour un montant de plusieurs milliards d’euros. Athènes mène également des pourparlers en vue d’acheter à Israël des systèmes de missiles antiaériens et antibalistiques à moyenne et longue portée destinés à un système de défense aérienne et anti-drone multicouche appelé « Achilles Shield », dont le coût est estimé à environ 3 milliards d’euros.
Ce mois-ci, le Parlement grec a approuvé l’achat à Israël de 36 systèmes d’artillerie de roquettes PULS qui permettront de renforcer les défenses le long de la frontière nord-est de la Grèce avec la Turquie ainsi que sur les îles grecques de la mer Égée.
la Communauté du Times of Israël !







