Israël va envoyer des vols spéciaux en Roumanie pour les pèlerins d’Ouman bloqués
Des centaines de pèlerins bloqués à Tulcea en raison d'annulations de vols par des compagnies étrangères ; El Al : la décision a été prise après des discussions entre le chef du Shas, Regev et Smotrich
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Vendredi, les compagnies aériennes israéliennes El Al et Israir ont fait savoir qu’elles allaient affréter des vols spéciaux, afin de rapatrier les centaines de pèlerins israéliens bloqués en Roumanie après leur pèlerinage annuel dans la ville ukrainienne d’Ouman.
El Al a annoncé la mise en place samedi soir, après la fin du Shabbat, d’un vol de 300 places de Bucarest à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv. Israir a pour sa part déclaré que, à partir de dimanche matin, elle proposerait trois vols pour 540 passagers depuis les aéroports roumains de Bacau et Bucarest à destination d’Israël.
Quelque 40 000 personnes, pour la plupart des Israéliens, ont participé au pèlerinage dans cette ville ukrainienne de 80 000 habitants, où est enterré le maître hassidique Rabbi Nachman de Breslov (1772-1810). Ce pèlerinage a lieu chaque année à l’occasion de Rosh HaShana, le nouvel an juif, qui a été célébré cette semaine entre lundi soir et mercredi soir. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en 2022, il faut impérativement transiter par les pays voisins pour se rendre sur place.
Des centaines de hassidim qui avaient rejoint Ouman via Tulcea, en Roumanie, se sont retrouvés bloqués après que leurs vols de retour vers Israël prévus sur des compagnies aériennes étrangères eurent été annulés, en raison de l’encombrement et des retards importants aux postes-frontières, a rapporté El Al.
C’est à la suite d’une discussion entre la ministre des Transports Miri Regev, le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le député Aryeh Deri, le chef du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas, que la décision d’affréter un vol spécial a été prise, a indiqué la compagnie aérienne.
Cette année, le pèlerinage à Ouman a été marqué par la polémique. Le Shas et son homologue ashkénaze, Yahadout HaTorah, ont en effet fait pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour que les étudiants des yeshivot réfractaires à la conscription puissent y participer sans risquer d’être arrêtés à l’aéroport Ben Gurion.
Cette demande est intervenue suite à la campagne de répression menée par l’armée israélienne contre les réfractaires haredim qui, au même titre que tous les réfractaires, ne sont pas autorisés à voyager à l’étranger. La procureure générale Gali Baharav-Miara a affirmé qu’accorder un traitement préférentiel aux haredim souhaitant se rendre à Ouman serait illégal.
La question de ce voyage a en outre provoqué des réactions négatives dans le contexte de la guerre à Gaza. Les critiques ont ainsi reproché au gouvernement de subventionner la sécurité et d’autres dispositions nécessaires à un pèlerinage à l’étranger, alors que la plupart des participants sont issus d’une communauté qui, dans l’ensemble, ne sert pas dans l’armée.
Le pèlerinage de Rosh HaShana a été instauré par les disciples de Rabbi Nachman, conformément aux instructions qu’il avait données alors qu’il était encore en vie, selon lesquelles tous ses disciples devaient le rejoindre à Ouman pour cette fête à laquelle il se sentait particulièrement attaché, selon l’encyclopédie juive Da’at du Herzog College.
Rabbi Nachman est le fondateur d’une branche particulièrement extatique du hassidisme, une branche du mysticisme juif établie par son arrière-grand-père, le Ba’al Shem Tov (1700-1760). Nachman est devenu célèbre à Breslov – la prononciation en yiddish de la ville ukrainienne moderne de Bratslav -. Il s’est installé à Ouman plusieurs mois avant sa mort, invoquant son désir de prier pour les âmes des Juifs tués lors des pogroms survenus dans cette ville.
Sam Sokol a contribué à cet article.
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