Israël va investir 350 milliards de shekels en 10 ans pour son industrie d’armement
Face aux restrictions en armement imposées à l'État juif, et en raison des leçons tirées des combats menés depuis le 7-Octobre, Israël va bâtir une industrie indépendante
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé mercredi que son pays allait dépenser 350 milliards de shekels au cours des dix prochaines années pour construire une « industrie d’armement indépendante », l’armée israélienne ayant été impliquée sur plusieurs fronts régionaux ces deux dernières années.
Netanyahu a expliqué qu’en raison des leçons tirées des combats menés au cours des deux dernières années, Israël s’efforce d’acquérir autant d’indépendance que possible dans la production d’armes.
« J’ai approuvé, en collaboration avec le ministre de la Défense et le ministre des Finances, une enveloppe de 350 milliards de shekels pour la prochaine décennie afin de bâtir une industrie israélienne indépendante dans le domaine des munitions », a déclaré le Premier ministre lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux pilotes de l’armée de l’air israélienne.
« Nous avons établi notre statut de puissance régionale – et dans certains domaines, de puissance internationale », a-t-il poursuivi, ajoutant : « La paix se fait avec les forts, et non avec les faibles. »
« Nous voulons réduire notre dépendance à l’égard de tous les acteurs, même nos amis », a-t-il ajouté, alors que les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et d’autres alliés ont tous imposé diverses restrictions sur les ventes d’armes à Israël depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Pourtant, de nombreux pays à travers le monde, dont l’Allemagne, « veulent nous acheter de plus en plus de systèmes », a-t-il déclaré.
Et dans une référence à peine voilée à la volonté de la Turquie d’obtenir des avions de chasse F-35 auprès des États-Unis, Netanyahu a promis qu’Israël « empêcherait quiconque de recevoir ces instruments ».
Netanyahu a souligné que « la supériorité aérienne d’Israël au Moyen-Orient est la pierre angulaire de notre sécurité nationale » et qu’elle repose sur les pilotes qualifiés d’Israël et « les meilleurs avions du monde ».
Au cours du premier mandat de Donald Trump, les États-Unis avaient exclu la Turquie, alliée de l’OTAN, de leur programme phare d’avions de chasse F-35, après qu’Ankara eut acheté le système de missiles sol-air S-400 à la Russie. Soucieuse de renforcer sa puissance aérienne, la Turquie a proposé à ses partenaires européens et aux États-Unis des moyens d’obtenir rapidement ces avions de chasse afin de combler son retard sur ses rivaux régionaux, comme Israël.
La Turquie est l’un des plus fervents détracteurs d’Israël au monde. Au cours des deux dernières années, le président Recep Tayyip Erdogan a presque constamment accusé Israël de commettre un « génocide » tout en défendant publiquement les terroristes du Hamas.
Netanyahu a par ailleurs promis qu’Israël « réagirait en conséquence » aux violations du cessez-le-feu à Gaza par le Hamas, notamment à l’officier de Tsahal blessé par un explosion à Rafah, mercredi.
Il a souligné que ni le Hamas ni le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah n’avaient l’intention de déposer les armes.
« Nous nous occupons également de cela », a déclaré Netanyahu à propos du Hezbollah, ajoutant qu’Israël avait encore des comptes à régler avec les Houthis du Yémen et avec la République islamique d’Iran.
Après ses propos musclés, Netanyahu a souligné que « l’élargissement du cercle de la paix restait notre priorité absolue ».
Il a également promis de ramener en Israël le corps du dernier otage mort encore à Gaza, le sergent-chef Ran Gvili.
Si Israël est le premier bénéficiaire de l’aide militaire américaine et se fournit également auprès de plusieurs pays européens, le pays est également confronté à des restrictions imposées par ses partenaires concernant les livraisons d’armes, en raison de la guerre à Gaza déclenchée par l’assaut barbare et sanglant du 7-Octobre.
Selon des chiffres du Congrès américain, Washington a fourni au moins 3,3 milliards de dollars de financements militaires à Israël en 2025.
En 2026, l’enveloppe allouée à la défense représentera 16 % du budget préparé par le gouvernement, soit 35 milliards de dollars.
Un deuxième front s’est ouvert dans le nord d’Israël dès le 8 octobre 2023, lorsque le Hezbollah a commencé à attaquer l’État juif presque quotidiennement.
En septembre 2024, Israël est entré sur le sol libanais afin d’assurer la sécurité du retour chez eux de quelque 60 000 habitants déplacés par les attaques du groupe terroriste chiite libanais.
Cette guerre ouverte de deux mois s’est interrompue par la conclusion d’un accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024.
Une guerre de douze jours a également opposé Israël à l’Iran en juin.
Cette guerre avait débuté le 13 juin par le lancement de l’Opération « Rising Lion » en Iran.
Israël affirme que son opération de grande envergure contre les principaux dirigeants du CGRI, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était nécessaire pour empêcher la République islamique, qui a juré de détruire l’État juif, de se rapprocher de la fabrication d’armes atomiques.
La République islamique a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Elle a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et a renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques. Israël a averti que Téhéran avait récemment pris des mesures en vue de militariser ce programme.
L’Iran avait riposté aux frappes israéliennes en lançant plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones en direction d’Israël.
Selon les autorités sanitaires, ces attaques ont fait 32 morts et plus de 3 000 blessés en Israël.
La plupart de ces projectiles ont été interceptés, mais au moins 36 missiles balistiques ont touché des zones peuplées et un drone a frappé, endommageant 2 305 habitations dans 240 bâtiments et privant plus de 13 000 Israéliens de leur logement.
Les missiles ont également endommagé des infrastructures critiques, notamment une centrale électrique dans le sud d’Israël, une raffinerie de pétrole à Haïfa, et l’Institut Weizmann.
L’AFP a contribué à cet article.
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