Kushner est intervenu pour qu’Israël libère un ado palestino-américain – sources
Le gendre de Donald Trump a ouvert un canal de communication avec le bras droit de Mahmoud Abbas pour remercier l'AP d'avoir soutenu la motion du plan Trump au Conseil de sécurité
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Israël a accepté de libérer fin novembre un adolescent palestino-américain détenu depuis plus de neuf mois, après l’intervention en sa faveur de Jared Kushner, le principal conseiller du président américain Donald Trump, ont indiqué au Times of Israel un responsable américain et une source proche du dossier.
Mohammed Ibrahim avait été arrêté en février par Israël, accusé d’avoir jeté des pierres sur des soldats israéliens en Cisjordanie, une accusation que sa famille réfute. Il n’a jamais été inculpé, mais avait été placé en détention administrative.
La détention administrative est un outil controversé qui permet de détenir sans inculpation ni jugement les Palestiniens et, beaucoup plus rarement, les Juifs soupçonnés de terrorisme. Cet outil est généralement utilisé lorsque les autorités disposent de renseignements liant un suspect à un crime, mais n’ont pas suffisamment de preuves pour que l’accusation tienne devant un tribunal.
Malgré les objections de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, le ministre de la Défense, Israel Katz, avait annoncé l’an dernier mettre fin à cette pratique pour les résidents d’implantations de Cisjordanie. Cela signifie qu’Israël n’utiliserait cette politique controversée de détention sans inculpation que contre les suspects palestiniens soupçonnés de terrorisme.
Ibrahim a eu 16 ans en prison, et sa famille a déclaré que sa santé s’était considérablement détériorée, puisqu’il avait perdu plus de 9 kg et contracté la gale, deux conséquences courantes pour les prisonniers palestiniens, selon le bureau du défenseur public israélien. Résidant en Floride, Ibrahim rendait visite à sa famille en Cisjordanie lorsqu’il a été arrêté.
La famille Ibrahim a fait pression sur les élus américains pour obtenir sa libération, et le cas du garçon a finalement été porté à l’attention de Kushner, qui a contacté de hauts responsables israéliens pour exiger sa libération, selon le responsable américain et la deuxième source. Washington a particulièrement critiqué le fait qu’un citoyen américain soit détenu sans inculpation par un pays allié, ont déclaré les sources.
Ce développement intervient alors que l’administration Trump s’implique progressivement davantage dans les affaires de la Cisjordanie, après s’être principalement concentrée sur les questions liées à la bande de Gaza en raison de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Des responsables américains se sont prononcés contre la violence effrénée et incontrôlée de résidents d’implantations radicaux, exprimant leur inquiétude quant à un éventuel effet domino sur Gaza.
Après avoir largement ignoré l’Autorité palestinienne (AP) cette année, les États-Unis ont commencé à dialoguer avec ses dirigeants au cours des deux derniers mois, reconnaissant ostensiblement que le soutien de Ramallah au plan de paix Trump pour Gaza sera essentiel pour rallier les pays arabes, même si Washington ne souhaite pas que l’AP joue un rôle immédiat dans la gestion de l’après-guerre de la bande de Gaza, à l’instar de Jérusalem.
Suite à l’engagement des États-Unis auprès des Nations unies, l’AP a incité les pays arabes à soutenir une résolution du Conseil de sécurité élaborée par Washington et mandatant le « Conseil de Paix » de Trump pour superviser l’administration de Gaza pendant les deux prochaines années.
Après le vote du 17 novembre, Kushner a appelé Hussein al-Cheikh, adjoint du dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, pour remercier Ramallah de son aide, ont révélé les deux sources au Times of Israel.
Depuis, les deux hommes sont restés en contact, établissant ainsi un canal de communication de haut niveau entre Washington et Ramallah.
Quelques jours après ce vote, Kushner a envoyé Scott Leith, un haut responsable du Département d’État américain chargé du dossier palestinien, rejoindre l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour une réunion avec Hussein al-Cheikh. Les parties ont discuté des moyens d’intégrer l’AP dans la gestion de Gaza après la guerre, notamment dans la formation de la police palestinienne, ont indiqué les sources.
Hussein al-Cheikh a également profité de l’occasion pour aborder la question des plusieurs milliards de dollars de recettes fiscales qu’Israël retient à l’AP en signe de protestation contre ses politiques, la privant ainsi des fonds dont elle a désespérément besoin pour continuer à fonctionner en Cisjordanie.
Quelques jours après la réunion, Kushner a contacté Israël pour exiger la libération d’Ibrahim, qui a eu lieu le 27 novembre.
Tout en reconnaissant l’existence d’un nouveau canal de communication entre Kushner et Cheikh, l’analyste palestinien Ibrahim Dalalsha a estimé qu’il était « trop tôt pour parler d’une nouvelle dynamique dans les relations entre les États-Unis et la Palestine ».
« À moins que M. Kushner ne parvienne à convaincre les Israéliens de changer leur position concernant l’autorisation de la présence de l’AP à Gaza ou de libérer les recettes palestiniennes provenant des droits de douane, ces contacts pourraient n’être qu’un exercice de gestion », a déclaré Dalalsha, qui dirige le groupe de recherche Horizon Center et qui était auparavant conseiller au consulat américain de Jérusalem, depuis fermé.
L’AP affirme qu’Israël retient environ 2,5 milliards de shekels appartenant à Ramallah. Israël perçoit les recettes douanières au nom de l’AP et est censé les transférer chaque mois à Ramallah.
Israël retient une partie de ces fonds, correspondant, selon lui, au montant des allocations versées par l’AP aux familles des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et aux terroristes morts. En février, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas a signé un décret mettant fin au système de paiements aux prisonniers du « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), mais Israël a rejeté cette initiative.
Israël retient également une partie des recettes fiscales qui, selon lui, correspondent au montant des fonds utilisés par l’AP pour payer les fonctionnaires de Gaza, qui, selon Jérusalem, risquent de parvenir au Hamas.
Kushner et Hussein al-Cheikh n’ont pas répondu aux demandes de commentaires officiels concernant cette affaire.
la Communauté du Times of Israël !







