La fille d’un survivant de la Shoah blessé à Sydney : l’Australie a « laissé s’installer » l’antisémitisme
"Nous avons été ignorés. Nous avons l'impression de ne pas être assez australiens. Ne comptons-nous pas pour notre gouvernement ?", a demandé Victoria Teplitsky
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SYDNEY — La fille d’un survivant de la Shoah blessé lors de la fusillade terroriste de Bondi Beach dimanche estime, à l’instar de beaucoup de responsables et de citoyens, que les autorités n’ont pas pris suffisamment de mesures pour éradiquer la haine envers les Juifs en Australie, ce qui a permis à celle-ci de s’envenimer après les événements du 7-Octobre.
Victoria Teplitsky, 53 ans, retraitée et ancienne propriétaire d’une crèche, a déclaré que le père et le fils qui ont tué 15 personnes lors d’une fusillade ayant duré une dizaine de minutes lors d’un événement de Hanoukka avaient été « élevés dans la haine », ce qui a été un facteur plus important dans l’attaque que l’accès aux armes à feu.
« Ce n’est pas tant le fait que ces deux personnes aient eu une arme à feu. C’est le fait que la haine contre la minorité juive en Australie ait pu s’envenimer », a-t-elle déclaré à Reuters dans une interview.
« Nous sommes en colère contre notre gouvernement parce que cela vient d’en haut, et qu’il aurait dû défendre notre communauté avec force. Il aurait dû étouffer la haine plutôt que de la laisser s’installer », a-t-elle déclaré. « Nous avons été ignorés. Nous avons l’impression de ne pas être assez australiens. Ne comptons-nous pas pour notre gouvernement ? »
Les actes antisémites sont en nette augmentation en Australie depuis que le Hamas a lancé son massacre le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre de deux ans à Gaza. L’augmentation de ces incidents au cours des 16 derniers mois a incité le chef de la principale agence de renseignement du pays à déclarer que l’antisémitisme était sa priorité absolue en termes de menace. Les autorités ont qualifié la fusillade de dimanche d’attaque terroriste et antisémite.
« Cela n’a pas surpris la communauté juive. Nous avons averti le gouvernement à maintes reprises », a déclaré Teplitsky.
Victoria Teplitsky, who is the daughter of a victim of Bondi, lays some truth bombs about the biased ABC.#auspol #springst pic.twitter.com/WrY6fHCOzB
— JAKE FLAGPIES23 ???????????? (@IncrediblyBozza) December 16, 2025
« Des synagogues ont été taguées, recouvertes de graffitis, et d’autres ont été bombardées », a-t-elle ajouté, faisant référence à un incendie criminel à Melbourne en 2024.
Le père de Teplitsky, Semyon, 86 ans, a perdu beaucoup de sang après avoir été blessé par balle à la jambe, et doit maintenant subir plusieurs opérations au cours desquelles les médecins vont reconstituer son os à l’aide de ciment, puis retirer ce ciment de sa jambe, qu’il risque toujours de perdre, a-t-elle déclaré.
« Il est de bonne humeur, mais il est aussi très en colère. En colère que cela se soit produit, que cela ait été permis en Australie, le pays où il a emmené ses enfants pour qu’ils soient en sécurité, loin de l’antisémitisme, loin de la haine des Juifs. »
L’ambassadeur d’Israël en Australie, Amir Maimon, a également exhorté le gouvernement australien à faire davantage pour assurer la sécurité des Juifs en Australie.
« Seuls les Australiens de confession juive sont contraints d’adorer leurs dieux derrière des portes closes, sous la surveillance de caméras de vidéosurveillance et de gardes », a déclaré Maimon aux journalistes à Bondi mardi, après avoir déposé des fleurs au mémorial temporaire et rendu hommage aux victimes.
« Mon cœur est déchiré… c’est insensé. »
Maimon a déclaré que depuis son arrivée en Australie il y a près de quatre ans, « j’ai été très clair. Et j’ai été très clair sur les dangers de la montée de l’antisémitisme ».
« Je ne suis pas sûr que mon vocabulaire soit assez riche pour exprimer ce que je ressens », a ajouté l’envoyé israélien. « Mon cœur est déchiré parce que la communauté juive, les Australiens de confession juive, la communauté juive est aussi ma communauté. Mon peuple. Les personnes qui ont été brutalement assassinées ici sont des personnes que je connaissais. Que j’ai rencontrées. »
Si l’Australie a toujours été considérée comme un environnement relativement sûr pour sa minorité juive, une série d’incidents survenus ces dernières années a marqué un changement de dynamique. Le Conseil exécutif des Juifs australiens a publié un rapport début décembre, moins de deux semaines avant la fusillade, mettant en garde contre « une série de harcèlements, de menaces et d’incitations sans précédent ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que le Premier ministre australien Anthony Albanese « n’avait rien fait » pour lutter contre l’antisémitisme.
Albanese a rejeté l’affirmation de Netanyahu selon laquelle la reconnaissance par Canberra d’un État palestinien au début de l’année avait alimenté l’antisémitisme en Australie.
Lors d’une conférence de presse lundi, Albanese a lu une liste des mesures prises par son gouvernement, notamment la criminalisation des discours haineux et de l’incitation à la violence, ainsi que l’interdiction du salut nazi. Il s’est également engagé à augmenter le financement destiné à la sécurité physique des groupes communautaires juifs.
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