La Nouvelle-Zélande suspend sa reconnaissance de la Palestine, qui serait « imprudente » pour l’heure
À l'ONU, le Premier ministre grec met en garde Israël contre le risque de perdre ses derniers alliés ; les Premiers ministres irlandais et pakistanais dénoncent un "génocide"
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Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, a déclaré vendredi à New York que son pays ne reconnaîtrait pas un État palestinien pour le moment, mais qu’il restait attaché à une solution à deux États.
« Avec la guerre qui fait rage, le Hamas qui reste le gouvernement de facto de Gaza et aucune certitude quant à la suite des événements, trop de questions subsistent quant à l’avenir de la Palestine pour que la Nouvelle-Zélande puisse annoncer sa reconnaissance à ce stade », a déclaré Peters dans son discours à l’Assemblée générale des Nations unies.
« Nous craignons également que, dans les circonstances actuelles, l’accent mis sur la reconnaissance ne complique les efforts visant à assurer la conclusion d’un cessez-le-feu en poussant Israël et le Hamas à adopter des positions encore plus intransigeantes », a ajouté Peters.
Cette position place la Nouvelle-Zélande en désaccord avec ses partenaires traditionnels, l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni, qui ont tous reconnu un État palestinien cette semaine, aux côtés de la France et de plusieurs autres pays occidentaux.
Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement néo-zélandais a indiqué qu’il espérait reconnaître un État palestinien lorsque la situation sur le terrain offrirait de meilleures perspectives de paix et de négociation.
Le Parti travailliste néo-zélandais, dans l’opposition, a critiqué cette décision et affirmé qu’elle placerait le pays du mauvais côté de l’histoire.
Peeni Henare, le porte-parole du Parti travailliste pour les affaires étrangères, a déclaré que la Nouvelle-Zélande se sentirait abandonnée par le gouvernement.
« Il n’y aura pas de solution à deux États ni de paix durable au Moyen-Orient sans la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État », a déclaré Henare.
Le Premier ministre grec met en garde Israël contre le risque de s’aliéner ses derniers alliés
Partenaire clé d’Israël au sein de l’Union européenne (UE), le Premier ministre grec, qui n’a pas rejoint les autres pays dans la reconnaissance d’un État palestinien cette semaine, s’est également adressé vendredi à l’Assemblée générale, avertissant qu’Israël risquait de perdre ses derniers amis en raison de la guerre destructrice menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a déclaré qu’Israël avait le droit de se défendre après le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre actuelle, mais qu’il ne pouvait « justifier la mort de milliers d’enfants ».
« La Grèce entretient un partenariat stratégique avec Israël, mais cela ne nous empêche pas de parler ouvertement et franchement », a déclaré Mitsotakis.
« La poursuite de cette ligne de conduite finira par nuire aux intérêts mêmes d’Israël, entraînant une érosion du soutien international », a ajouté le dirigeant de centre droit.
« Je dis à mes amis israéliens qu’ils risquent d’aliéner tous leurs alliés restants s’ils persistent dans une voie qui détruit le potentiel d’une solution à deux États. »
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dans un discours enflammé prononcé vendredi à l’ONU a accusé les dirigeants occidentaux d’attiser l’antisémitisme, a survolé la Grèce alors qu’il empruntait un itinéraire détourné pour se rendre à New York, en raison du mandat d’arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale (CPI).
La Grèce et Israël ont des intérêts communs en raison des tensions que les deux pays entretiennent avec la Turquie, qui a considérablement étendu son influence en Syrie depuis la chute du dictateur Bashar al-Assad en décembre.
Cependant, Israël fait également l’objet de vives critiques de la part de l’opinion publique grecque. Alexis Tsipras, le prédécesseur de Mitsotakis, issu de la gauche, a quant à lui appelé à la reconnaissance d’un État palestinien.
« Une atteinte à la dignité humaine et à la décence »
Le Premier ministre irlandais, également membre de l’UE, a sans surprise critiqué Israël lors de son discours devant l’Assemblée générale, peu après l’intervention de Netanyahu devant le forum, qualifiant les actions d’Israël à Gaza de « renoncement à toutes les normes, à toutes les règles et à tout le droit international ».
« Ce qui se passe à Gaza ne peut être ni justifié ni défendu. C’est un affront à la dignité humaine et à la décence. C’est un renoncement à toutes les normes, à toutes les règles et à tout le droit international », a déclaré le Premier ministre irlandais Micheal Martin.
L’Irlande, qui a reconnu un État palestinien l’an dernier, est l’un des pays les plus critiques à l’égard d’Israël.
Martin a accusé Israël d’utiliser la faim comme une arme.
« Des bébés meurent de faim tandis que l’aide humanitaire pourrit à la frontière, des gens sont abattus alors qu’ils cherchent désespérément de quoi nourrir leur famille », a-t-il déclaré, réitérant ses accusations selon lesquelles Israël commet un « génocide ».
Martin a ajouté que si le Hamas « doit répondre de ses crimes » et « n’a aucun rôle à jouer dans la gouvernance future de la Palestine, aucun crime, aussi odieux soit-il, ne peut justifier un génocide ».
Israël rejette vigoureusement les accusations de « génocide » et affirme que la crise alimentaire à Gaza est due à l’incapacité de l’agence des Nations unies à acheminer l’aide humanitaire, ainsi qu’aux pillages commis par le Hamas.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a également dénoncé Israël depuis la tribune de l’Assemblée générale, affirmant que « l’offensive génocidaire d’Israël a déclenché un terrorisme indescriptible à l’encontre des femmes et des enfants, d’une manière que l’on n’avait jamais vue dans les annales de l’histoire ».
Sharif faisait partie des hauts responsables de huit pays arabes ou musulmans qui ont rencontré Trump en marge de l’Assemblée générale de l’ONU cette semaine afin de discuter d’une stratégie visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas et à libérer les otages détenus par les terroristes palestiniens à Gaza. Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte de réchauffement des relations entre les États-Unis et le Pakistan.
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