La procureure générale assouplit sa position sur le projet d’implantation E1
Elle a abandonné sa demande d'ajourner l'échéance de la soumission des appels d'offres au lendemain des élections d'octobre - retardant toutefois la décision d'attribution des contrats
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Lundi, la procureure générale Gali Baharav-Miara a revu sa position au sujet du polémique projet d’implantation E1, abandonnant sa demande de report de la date limite de soumission des appels d’offres à l’issue des prochaines élections et se contentant d’interdire l’attribution des marchés avant le scrutin.
Dimanche, la procureure générale avait ordonné que la date butoir de remise des propositions soit repoussée d’un mois, de crainte que le processus d’appel d’offres ne soit utilisé à des fins de propagande électorale par le gouvernement en vue de l’élection du 27 octobre prochain.
Les offres devaient initialement être clôturées le 19 octobre, soit une semaine avant le scrutin.
Le maire de Maale Adumim, Guy Yifrach, qui avait déposé un recours devant la Cour suprême contre la position initiale de Mme Baharav-Miara dimanche, s’est dit satisfait du rétablissement de la date limite d’origine et a appelé promoteurs et entrepreneurs à « accomplir un geste sioniste avec nous en devenant partenaires de la construction et de l’agrandissement de Maale Adumim mais aussi de son raccordement à Jérusalem, notre capitale ».
En revanche, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, fervent partisan du développement du projet E1, a rejeté la dernière position de la procureure générale, affirmant qu’elle tentait toujours de retarder la procédure d’appel d’offres dans l’espoir que l’opposition remporte les élections et annule le projet.
« Elle a un seul but : faire en sorte que l’appel d’offres ne se finalise pas sous notre mandat [gouvernemental], afin que la gauche arrive au pouvoir et annule les constructions », a accusé M. Smotrich, ajoutant que le processus d’appel d’offres, y compris l’attribution des contrats, devait être mené à terme pour la date prévue à l’origine.
Le projet E1 prévoit la construction de milliers de logements dans le prolongement de la ville-implantation de Maale Adumim, entre les limites occidentales existantes de Maale Adumim et de Jérusalem-Est, rompant de facto la continuité territoriale entre les principaux centres de population palestiniens – notamment Ramallah, Jérusalem-Est et Bethléem.
Du point de vue des Palestiniens et de nombre d’Etats occidentaux, ce projet rendrait impossible la création d’un État palestinien d’un seul tenant en Cisjordanie – ce dont M. Smotrich et d’autres Israéliens d’extrême droite se réjouissent.
M. Smotrich s’était félicité de la validation du projet, l’an dernier, y voyant une « étape importante qui réduit à néant la chimère des deux États ».
Le plan E1 avait été autorisé au mois d’août 2025 après des années de retards, causés pour l’essentiel par de vives objections de la communauté internationale, y compris des États-Unis.
En août dernier, le ministère du Logement a lancé un appel d’offres pour sept complexes résidentiels – ce qui représente 1 234 logements – dans la zone E1, avec une clôture des offres qui était prévue à l’origine le 19 octobre, soit une semaine avant le scrutin.
Plus tôt ce mois-ci, le tribunal de district de Jérusalem a rejeté la demande de plusieurs organisations de défense des droits humains qui appelaient au gel de la procédure d’appel d’offres, lui permettant de se poursuivre le temps d’examiner d’autres recours plus conséquents.
Un second appel d’offres pour 2 167 logements s’est ajouté au mois de septembre, portant le nombre total de logements couverts par les deux appels d’offres à 3 401, selon l’organisation de défense des droits humains Ir Amim.
Ce nouvel appel d’offres sera ouvert le 25 octobre prochain, soit deux jours avant les élections. Selon Ir Amim, ce calendrier est la preuve de la volonté du gouvernement de faire avancer le projet et de créer sur le terrain une situation irréversible avant que les électeurs ne se rendent aux urnes.
En août dernier, le service diplomatique de l’Union européenne a condamné la décision d’Israël de lancer des appels d’offres pour le projet E1, avertissant que ces constructions allaient « diviser la Cisjordanie en deux, isoler Jérusalem-Est » et fragiliser davantage « la viabilité d’une solution à deux États ».
À l’annonce du train de sanctions pris contre les implantations de Cisjordanie, le mois dernier, le Royaume-Uni s’est justifié en évoquant le projet E1, mais aussi les violences récurrentes commises par des résidents d’implantations.
Les membres de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu présentent pour le part ce projet comme le moyen de renforcer le contrôle d’Israël sur la zone située entre Jérusalem et Maale Adumim.
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