Le Congrès américain bute sur une grande enveloppe pour l’Ukraine et Israël
L'envoi d'une aide financière de 10 milliards de dollars à Jérusalem et de 60 milliards de dollars à Kyiv est bloqué ; Biden affirme que les républicains font un "cadeau" à Poutine
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Le Congrès américain a échoué mercredi à avancer sur une grande enveloppe de plus de 106 milliards de dollars réclamée avec insistance par le président Biden, comprenant des fonds pour l’Ukraine et Israël.
L’enveloppe comprendrait environ 60 milliards de dollars pour aider l’Ukraine à maintenir la pression sur la Russie pendant les mois d’hiver rigoureux, ainsi que près de 10 milliards de dollars pour Israël dans son conflit avec le groupe terroriste du Hamas, en plus d’une aide pour Taïwan.
Israël mène une guerre contre le Hamas avec la promesse de renverser son régime dans la bande de Gaza, après que des milliers de terroristes ont pénétré dans le sud d’Israël le 7 octobre, lançant une attaque barbare qui a fait environ 1 200 morts et pris au moins 240 otages à Gaza.
Contrairement à la plupart de ses pairs démocrates, le sénateur Bernie Sanders, socialiste revendiqué, a voté contre l’enveloppe soumise au vote mercredi, exprimant de « vives inquiétudes » sur le fait d’envoyer des fonds au « gouvernement d’extrême droite » du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
L’opposition républicaine a refusé de soutenir ce texte au cœur de tractations très acrimonieuses, réclamant des concessions significatives sur la politique migratoire des Etats-Unis en échange de leurs voix.
Cet échec est une déconvenue pour Joe Biden qui avait exhorté quelques heures plus tôt à l’approbation de ces fonds lors d’un discours très solennel.
Leur blocage serait « le plus beau cadeau » offert au président russe Vladimir Poutine, avait-il prévenu, en affirmant que le maître du Kremlin, s’il parvenait à s’emparer de l’Ukraine, « ne s’arrêtera(it) pas là ».
Le démocrate a clairement évoqué l’hypothèse d’une attaque russe contre un pays membre de l’Otan, ce qui déclencherait l’entrée en guerre des Etats-Unis et donc des « soldats américains combattant les soldats russes ». Une situation qui n’existe pas actuellement et que Washington ne souhaite pas, a-t-il insisté.
« Compromis importants »
Les Etats-Unis sont actuellement le pays fournissant le plus important soutien militaire à Kiev. Le Congrès a engagé plus de 110 milliards de dollars depuis l’invasion russe en février 2022.
Mais la promesse du président démocrate Joe Biden de continuer à appuyer financièrement l’Ukraine est sérieusement mise en péril, un scénario catastrophe pour Kiev, dont la contre-offensive à l’été n’a pas apporté les gains territoriaux espérés.
Les responsables ukrainiens martèlent qu’il leur faut davantage d’armement pour éviter que les frappes russes ne plongent des millions de personnes dans le noir cet hiver, comme l’an dernier.
Mais les élus conservateurs, pourtant encore nombreux à soutenir l’Ukraine en public, conditionnent cette aide à un net durcissement de la politique migratoire face aux arrivées de migrants à la frontière avec le Mexique.
Le président démocrate s’est d’ailleurs dit prêt mercredi à des « compromis importants » sur ce point, afin d’obtenir un soutien des deux chambres au Capitole.
Les négociations continuent.
Aide limitée en attendant
En attendant qu’elles n’aboutissent, Washington a annoncé mercredi une nouvelle aide militaire à Kiev, d’un montant limité de 175 millions de dollars ponctionné sur les réserves de l’exécutif. Le détail inclut des équipements de défense anti-aérienne, des missiles et des munitions d’artillerie.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui devait s’adresser aux membres du Congrès en visioconférence mardi mais a annulé son intervention à la dernière minute, est finalement intervenu lors d’une téléconférence entre les dirigeants des pays du G7.
Vladimir Poutine compte sur l' »effondrement » du soutien occidental à l’Ukraine a-t-il affirmé, admettant que l’armée russe avait « augmenté la pression de manière significative » sur le front.
« La Russie n’espère qu’une chose : que l’unité du monde libre s’effondre l’année prochaine. La Russie pense que l’Amérique et l’Europe feront preuve de faiblesse et ne maintiendront pas leur soutien à l’Ukraine au niveau approprié », a déclaré le président ukrainien.
Anticipant le risque de lassitude du grand allié américain, le président Zelensky s’était rendu à Washington en personne en septembre, rencontrant Joe Biden mais aussi des élus du Congrès avec lesquels il a eu de longs échanges.
Sa visite n’avait toutefois pas eu l’effet escompté: embourbé dans une série de crises internes qui ont mené à la destitution du précédent chef de la chambre basse, le Congrès n’avait finalement pas validé de nouveaux fonds pour son offensive.
la Communauté du Times of Israël !







