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Le Conseil de paix envisagerait des cryptomonnaies stables pour l’économie de Gaza

Il s'agirait d'une "stablecoin", une cryptomonnaie dont la valeur reste relativement stable car liée à un actif ou une commodité fiable comme le dollar américain, selon le Financial Times

Des Palestiniens font leurs achats sur un marché de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2026. (Abed Rahim Khatib/Flash9)
Des Palestiniens font leurs achats sur un marché de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2026. (Abed Rahim Khatib/Flash9)

Des responsables du Conseil de paix, l’organisme dirigé par les États-Unis chargé de superviser la reconstruction de Gaza dans l’après-guerre, envisageraient de créer une cryptomonnaie pour relancer l’économie de l’enclave.

Il s’agirait d’une « stablecoin », une cryptomonnaie dont la valeur reste relativement stable car liée à un actif ou une commodité fiable comme le dollar américain, a rapporté lundi le Financial Times citant plusieurs sources proches de la question.

Selon le Financial Times, ce projet de cryptomonnaie est placé sous la direction de l’entrepreneur technologique israélien Liran Tancman. Ancien des services de renseignement israéliens, Tancman conseille bénévolement le Conseil de paix : il a travaillé avec de hauts responsables américains sur des projets liés à Gaza ces douze derniers mois.

Le projet implique par ailleurs des membres du Comité national pour l’administration de Gaza, organe administratif palestinien qui opère sous l’égide du Conseil de la paix, ainsi que le bureau de Nickolay Mladenov, ex-collaborateur de l’ONU et haut représentant du Conseil dans la bande de Gaza.

Les discussions au sujet de la mise en place de cette monnaie, qui serait indexée sur le dollar américain, n’en sont qu’à leurs débuts, et de nombreux détails restent à déterminer, apprend-on dans le Financial Times.

« Il n’y aura ni ‘pièces gazaouïes’ ni nouvelle monnaie palestinienne, juste de quoi permettre aux Gazaouis de faire des transactions digitalisées », explique au Financial Times une personne proche de la question.

Liran Tancman (Autorisation)

Les Gazaouis utilisent normalement des shekels israéliens, lesquels se sont fait rares lorsque l’économie de l’enclave s’est effondrée. Israël a cessé d’autoriser l’entrée d’argent liquide dans la bande de Gaza dès le début de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, dans le but de limiter la capacité du Hamas à acheter des armes et rémunérer ses hommes armés.

En outre, les familles les plus aisées de Gaza ont retiré leur argent de la banque avant de quitter l’enclave lorsque la guerre a éclaté. Face aux doutes qu’inspirait le système financier de Gaza, les entreprises étrangères engagées dans une relation commerciale avec l’enclave en sont venues à exiger que le paiement s’effectue en espèces.

Des Palestiniens font leurs courses dans un marché de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 novembre 2025. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les banques et autres institutions financières de la bande de Gaza ont été fort malmenées, et ceux qui peuvent encore se procurer des shekels imposent souvent des frais très élevés. L’idée, selon la source, est de contourner ces difficultés.

Une autre source a déclaré au Financial Times que le projet avait été lancé afin de « vider Gaza de ses liquidités afin que le Hamas ne puisse plus du tout en avoir. »

Ceux qui connaissent le projet ont nié qu’il s’agisse là d’un moyen de séparer les Palestiniens de Gaza de ceux de Cisjordanie, lesquels utilisent eux aussi le shekel.

Un marchand de légumes palestinien présente des billets israéliens usagés, le 9 juillet 2025, à Gaza-City. (AP/Jehad Alshrafi)

La mise en œuvre de ce projet de cryptomonnaies stables pourrait se heurter à une difficulté, celle de l’état du réseau mobile dans la Bande de Bande, où Israël n’autorise que le service 2G, très lent.

Tancman a déclaré au Conseil de paix, lors de sa réunion inaugurale en début de mois, que le réseau serait « modernisé avec un accès gratuit et un haut débit » d’ici juillet prochain.

Le Conseil de paix et autres organes placés sous sa responsabilité, ont été créés dans le cadre du plan pour Gaza du président américain Donald Trump. Ce plan se trouve à ce jour dans sa deuxième phase, alors même que des éléments-clés n’ont pas encore été mis en œuvre, à commencer par le désarmement du Hamas, normalement accompagné d’un retrait progressif de l’armée israélienne de la bande de Gaza.

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