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Le Festival du film juif d’Atlanta s’excuse d’avoir fait appel à un juré antisioniste

Le consulat israélien affirme que l’évaluateur a partagé du contenu antisémite et retire son soutien à l’événement ; les organisateurs jugent la décision irréversible

De gauche à droite : Meghan Leathers, Jon Bass, Theo Taplitz, Kyra Sedgwick, Method Man, Milana Vayntrub, Adam Mitchell et Daniel Robbins s’expriment sur scène lors de la première du film Bad Shabbos à l’occasion de la 25ᵉ édition du Festival du film juif d’Atlanta, au Cobb Energy Performing Arts Center, à Atlanta, en Géorgie, le 19 février 2025. (Crédit : Derek White/AFP)
De gauche à droite : Meghan Leathers, Jon Bass, Theo Taplitz, Kyra Sedgwick, Method Man, Milana Vayntrub, Adam Mitchell et Daniel Robbins s’expriment sur scène lors de la première du film Bad Shabbos à l’occasion de la 25ᵉ édition du Festival du film juif d’Atlanta, au Cobb Energy Performing Arts Center, à Atlanta, en Géorgie, le 19 février 2025. (Crédit : Derek White/AFP)

JTA – Le Festival du film juif d’Atlanta a présenté ses excuses et annoncé une révision de ses procédures internes après le retrait du soutien du consulat israélien, motivé par la présence d’un juré antisioniste.

Le consulat d’Israël dans le sud-est des États-Unis a annoncé vendredi qu’il retirait son soutien au festival annuel après avoir appris qu’un étudiant membre du jury dans la catégorie des droits de l’Homme « partageait des contenus antisémites et anti-Israël », a déclaré le consulat dans un communiqué.

Le festival a pris acte de cette décision vendredi et a présenté ses excuses dimanche, reconnaissant avoir « failli » dans l’évaluation des jurés.

« Les récentes discussions au sein de la communauté juive montrent clairement que le Festival du film juif d’Atlanta a échoué dans ses processus internes liés à la récente controverse concernant le jury », a indiqué l’organisation dans un communiqué publié dimanche soir. « Cette situation a révélé des lacunes et des problèmes de conformité dans nos procédures et politiques actuelles, notamment en ce qui concerne l’antisémitisme, le mouvement BDS [boycott, désinvestissement, sanctions] et les boycotts culturels. »

Le festival a toutefois précisé que le processus de sélection étant désormais finalisé, le juré concerné ne pouvait être écarté avant la clôture de l’événement, prévue le 15 mars.

Ni le festival ni le consulat n’ont rendu public le nom du juré, mais les médias locaux l’ont identifié comme Anwar Karim, étudiant en cinéma au Morehouse College et boursier Spike Lee à la Gersh Agency.

Les publications de Karim sur les réseaux sociaux ainsi que son portfolio cinématographique évoquent la guerre à Gaza. Dans une vidéo intitulée Devil’s Work, il déclame un poème politique sur fond d’extraits d’actualités et de vidéos diffusées depuis Gaza, parfois juxtaposées à des images de la Shoah. Dans cette même vidéo, il aborde également d’autres thèmes de justice sociale, tels que l’exploitation du cobalt en République démocratique du Congo et la guerre contre la drogue.

Parmi les images figurent le logo Starbucks recouvert d’autocollants représentant le drapeau israélien ensanglanté, une carte montrant la Palestine se réduire progressivement, ainsi que des archives d’intellectuels noirs et antisionistes de premier plan comme Angela Davis et Stokely Carmichael.

« En tant que festival du film juif, nous avons la responsabilité, particulièrement en cette période difficile, de nous opposer fermement à l’antisémitisme et d’affirmer le droit du peuple juif à l’autodétermination », a déclaré le Festival du film juif d’Atlanta dans son communiqué publié dimanche.

Karim n’a pas répondu à notre demande de commentaires.

Le consul général Eitan Weiss a confié au Southern Jewish Life que les membres du consulat avaient été surpris de voir Karim porter un keffieh vert sur sa photo publiée dans le programme du festival. Ils ont ensuite mené des recherches supplémentaires et accordé un délai aux organisateurs pour régler la situation avant de décider de maintenir ou non leur soutien.

Dans un communiqué publié le 20 février, le festival a indiqué avoir « conclu que l’étudiant pouvait participer de manière appropriée aux délibérations ». Le consulat a annoncé son retrait le même jour.

Une salle comble pour la soirée d’ouverture du Festival du film juif d’Atlanta, le 24 janvier 2018. Illustration (Crédit : AJFF)

Six documentaires sont en compétition pour le prix des droits de l’Homme, dont des portraits de Raoul Wallenberg et d’Henrietta Szold, un film consacré à un scandale d’abus sexuels au sein d’une communauté orthodoxe australienne, ainsi que l’histoire d’un Juif qui a tenu tête avec succès à l’antisémitisme d’Henry Ford. Deux œuvres abordent directement Israël : l’une traite de la question de l’avortement, l’autre examine l’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens, qui, selon Israël, a sapé les efforts de paix.

Les deux autres membres du jury dans cette catégorie sont le directeur exécutif d’une organisation promouvant les récits LGBTQ au cinéma et un directeur principal du Carter Center, l’institut des droits de l’Homme fondé par l’ancien président américain Jimmy Carter.

Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, les festivals culturels sont devenus des lieux de confrontation autour de la guerre entre Israël et Gaza, suscitant tensions et divisions entre jurés, intervenants et participants.

En 2024, un festival du livre à Albany a annulé une table ronde avec une auteure juive après le refus de deux de ses co-modérateurs de partager la scène avec elle, invoquant ce qu’ils ont qualifié de positions « sionistes ».

En janvier, le festival du livre d’Adélaïde, en Australie, a été annulé après que près de 200 écrivains ont annoncé leur boycott, pour protester contre l’exclusion d’une auteure palestino-australienne controversée qui justifiait la « lutte armée ».

Et ce mois-ci, le festival du film de Berlin a été secoué par des tensions quand le réalisateur Wim Wenders, président du jury, a répondu à une question sur Gaza en refusant de se joindre aux appels à condamner Israël.

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