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Première polémique à la Berlinale, autour de la guerre à Gaza

"Nous devons rester en dehors de la politique" dont "nous sommes le contrepoids" et "l'opposé", a déclaré le président, Wim Wenders

PHOTO D'ARCHIVES - Arundhati Roy, romancière et militante lauréate du prix Booker, participe à un rassemblement organisé pour permettre aux Cachemiris de célébrer l'Aïd al-Adha loin de chez eux à New Delhi, en Inde, le 12 août 2019. (Crédit : AP/Manish Swarup, Archives)
PHOTO D'ARCHIVES - Arundhati Roy, romancière et militante lauréate du prix Booker, participe à un rassemblement organisé pour permettre aux Cachemiris de célébrer l'Aïd al-Adha loin de chez eux à New Delhi, en Inde, le 12 août 2019. (Crédit : AP/Manish Swarup, Archives)

La question d’un journaliste sur Israël et la bande de Gaza a provoqué une première polémique à la Berlinale, après le refus de membres du jury de prendre position, leur président, Wim Wenders, déclarant vouloir « rester en dehors de la politique ».

Dans un communiqué adressé à l’AFP, l’écrivaine indienne Arundhati Roy a déclaré vendredi être « choquée et écœurée » par la réponse du cinéaste allemand à une question sur Gaza posée lors d’une conférence de presse la veille.

« Ce qui s’est passé à Gaza, ce qui continue de s’y passer, est un génocide du peuple palestinien perpétré par l’État d’Israël […] Si les plus grands cinéastes et artistes de notre époque ne peuvent pas se lever pour le dire, qu’ils sachent que l’histoire les jugera », a estimé Mme Roy dans une déclaration transmise à l’AFP.

Âgée de 64 ans, lauréate en 1997 du prix Booker pour son roman Le Dieu des petits riens, Arundhati Roy est l’une des écrivaines indiennes contemporaines les plus célèbres. Ses engagements militants en ont également fait une personnalité controversée dans son pays.

Elle a annulé sa venue au festival, où elle devait présenter, en tant qu’invitée, une version restaurée du film de 1989 « In Which Annie Gives It Those Ones », dans lequel elle a joué et dont elle a écrit le scénario.

La Berlinale a également confirmé le retrait de deux films restaurés d’une sélection annexe : « Sad Song of Touha », de l’Égyptienne Atteyat Al Abnoudy, et « The Dislocation of Amber », du Soudanais Hussein Shariffe, deux cinéastes aujourd’hui décédés.

Le cinéaste allemand Wim Wenders prononce un discours élogieux lors de la cérémonie de remise du prix d’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie au chanteur allemand Andreas Frege alias Campino et à son groupe « Die Toten Hosen », le 30 octobre 2024 à Duesseldorf, dans l’ouest de l’Allemagne. Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le cinéaste allemand Wim Wenders revient avec « Les clés de la liberté », un court-métrage sur la première signature de la capitulation allemande le 7 mai 1945 dans une école de Reims. (Crédit : INA FASSBENDER / POOL / AFP)

La Cimatheque, un centre de soutien au cinéma indépendant basé au Caire, et « les familles » des deux réalisateurs « ont décidé ensemble de se retirer du festival » en « solidarité » avec le cinéma palestinien, a expliqué la Cimatheque sur Facebook.

Interrogée par l’AFP sur les trois retraits, la direction du festival a dit vendredi soir « respecter ces décisions » et « regretter de ne pas les accueillir, car leur présence aurait enrichi le débat au sein du festival. »

Jeudi, lors de la conférence de presse précédant l’ouverture du festival, le jury avait été interrogé sur le soutien de l’Allemagne à Israël malgré son offensive contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

« Nous devons rester en dehors de la politique » dont « nous sommes le contrepoids » et « l’opposé », avait renchéri Wim Wenders, Palme d’or à Cannes en 1984 avec « Paris, Texas ».

« Nous poser cette question est un peu injuste », a également lancé la productrice polonaise Ewa Puszczynska, pour qui « chacun d’entre nous ici peut avoir d’autres préoccupations et prendre d’autres décisions ».

Ewa Puszczynska, membre du jury, prend la parole lors de la conférence de presse du jury du Festival international du film de Berlin, à Berlin, le jeudi 12 février 2026. (Crédit : Scott A Garfitt/Invision/AP).

Fracture du 7-Octobre

Pendant l’édition 2024 de la Berlinale, plusieurs cinéastes avaient fustigé la réponse d’Israël au pogrom du 7-Octobre. Keffieh – foulard irakien censé protéger du soleil et du sable qui est devenu un symbole du nationalisme palestinien – sur les épaules, le réalisateur américain Ben Russell avait même accusé les Israéliens de commettre un « génocide » – une accusation largement répandue auprès des détracteurs d’Israël et fermement rejetée par l’État juif.

Le cinéaste palestinien Basel Adra, coréalisateur avec l’Israélien Yuval Abraham du documentaire « No Other Land » sur l’expension de la présence juive en Cisjordanie, avait ajouté, sous les applaudissements du public, que les Gazaouis étaient massacrés par Israël.

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