Le ministère sanctionne les écoles haredim qui ont refusé des élèves séfarades
À Jérusalem et Beit Shemesh, 55 élèves restent sans école, alors que l’Éducation convoque des établissements refusant d’admettre des Séfarades à des audiences disciplinaires
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Dix jours après la rentrée scolaire, 55 élèves haredim – 15 à Jérusalem et 40 à Beit Shemesh – n’ont toujours pas trouvé d’établissement, alors que le ministère de l’Éducation s’apprête à sanctionner les institutions qui continuent de bloquer leur admission, a indiqué une source proche du dossier au Times of Israel.
Cette situation traduit un nouvel épisode du conflit latent entre les autorités gouvernementales et le système éducatif ultra-orthodoxe au sujet de pratiques discriminatoires visant les élèves séfarades.
À Beit Shemesh, plusieurs classes de 3ᵉ n’ont pas encore commencé les cours en raison de cette situation, a confirmé un porte-parole de la municipalité au Times of Israel.
Les écoles religieuses accueillent les jeunes filles haredies à partir de la 3ᵉ et proposent aussi des programmes post-scolaires. L’admission y est souvent très compétitive. Comme elles dispensent à la fois des études religieuses et, en tout ou en partie, le programme scolaire obligatoire, elles bénéficient d’un financement public.
La discrimination à l’égard des élèves séfarades est un fléau qui touche la communauté haredi depuis des années. De nombreux critiques accusent des écoles ashkénazes de maintenir des quotas non officiels d’élèves séfarades, par racisme envers les familles d’origine moyen-orientale.
En 2009, la Cour suprême avait statué contre une école ultra-orthodoxe de l’implantation d’Immanuel, en Cisjordanie, lui ordonnant de mettre fin à toutes les pratiques discriminatoires visant les filles séfarades.
Pourtant, au fil des années, des cas de discrimination et de refus d’admission ont continué de se répéter.
Cet été, la Treizième chaîne a révélé qu’environ 440 filles haredi à Jérusalem – dont 73 % étaient séfarades – n’avaient été acceptées dans aucune école. La municipalité avait alors décidé de les répartir elle-même entre différents établissements et avait exigé que les écoles les accueillent. Une situation similaire s’est produite à Beit Shemesh.
Ces dernières semaines, sur instruction des dirigeants haredim des deux villes, plusieurs écoles ont refusé de laisser les élèves de 3e commencer les cours, en signe de protestation contre les décisions municipales.
La semaine dernière, les dirigeants haredim ashkénazes – dont le rabbin éminent Dov Lando – et la municipalité de Jérusalem ont trouvé un accord pour ouvrir deux nouvelles classes dans le « Vieux Beit Yaakov », un prestigieux programme de formation d’enseignantes.
Mais au moins une école de la capitale a refusé de revenir sur sa position.
Selon une source citée par le Times of Israel, le ministère de l’Éducation a déjà approuvé une réduction budgétaire. D’autres écoles ont reçu des lettres d’avertissement les menaçant de perdre leur licence d’exploitation et de subir de nouvelles coupes financières. Les lettres, envoyées mercredi, devaient recevoir une réponse sous 24 heures.
Dimanche, le ministre de l’Éducation Yoav Kisch s’est rendu à Beit Shemesh et a annoncé que les établissements refusant de se conformer seraient convoqués à une audience.
« Je souhaite aborder la question de l’admission des filles séfarades dans les écoles ici à Beit Shemesh », a déclaré Kisch lors de sa visite à l’école Beit Yaakov Netzach Yisrael, un établissement dit mamlachti-haredi, qui dispense l’intégralité du programme scolaire obligatoire en plus des études religieuses.
« Cinq établissements ont été convoqués à une audience parce qu’ils ne se comportent pas comme ils le devraient », a-t-il ajouté. « Nous n’abandonnerons pas. Ce qui compte, c’est la position de la municipalité, et nous validerons toute solution acceptée par les parents. »
Un porte-parole de la municipalité de Beit Shemesh a indiqué mercredi que les discussions se poursuivaient pour trouver une issue.
Les établissements concernés incluent la branche de Beit Shemesh de Darchei Rachel et le « Nouveau Beit Yaakov », l’une des branches du réseau de formation d’enseignantes Beit Yaakov.
Sam Sokol a contribué à cet article.
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