Le ministre saoudien de la Défense aurait dit que ne pas frapper l’Iran « enhardira » le régime
Selon une source, le prince Khalid bin Salman a exhorté Washington à définir un plan et des objectifs clairs avant d'entreprendre toute action
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Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, aurait déclaré vendredi à des responsables américains lors d’une réunion qui a eu lieu à Washington que le régime iranien se sentirait enhardi si le président américain Donald Trump s’abstenait d’ordonner une attaque prenant pour cible la république islamique.
« À ce stade, si cela ne se produit pas, cela ne fera qu’enhardir le régime », a affirmé le ministre de la Défense, selon le site d’information Axios.
Une source proche de la réunion a confirmé au Times of Israel que ces propos avaient bien été tenus – mais elle a ajouté qu’ils devaient être compris dans le contexte d’un appel lancé aux États-Unis en faveur de l’élaboration d’un plan et d’objectifs clairs concernant ce que les Américains souhaitent réellement accomplir en Iran.
La source a déclaré que bin Salman avait également souligné que bombarder l’Iran sans plan précis ne ferait qu’empirer les choses.
Les propos tenus par bin Salman semblent indiquer une divergence par rapport au positionnement plus prudent que les Saoudiens avaient précédemment adopté à l’égard d’une frappe américaine, dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Téhéran.
Des propos similaires ont été formulés par un autre responsable du Golfe lors d’une réunion, dans la journée de vendredi. L’officiel a expliqué qu’une frappe américaine risquait d’avoir des « conséquences néfastes » mais qu’aucune attaque n’entraînerait « un renforcement de l’Iran ».
En réponse à un message posté sur le réseau social X qui était consacré à ces informations, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a écrit : « Les boys saoudiens devraient le savoir ».
The Saudi boys ought to know
— Ambassador Mike Huckabee (@GovMikeHuckabee) January 31, 2026
Le dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, a expliqué, selon certaines informations, au président iranien Masoud Pezeshkian que le royaume ne permettrait pas aux forces américaines d’utiliser l’espace aérien saoudien pour une attaque, et les responsables saoudiens ont répété qu’ils privilégiaient encore une solution diplomatique.
La méfiance saoudienne à l’égard d’une frappe américaine aurait poussé Trump à retarder son passage à l’action.
Axios a fait savoir que la réunion au cours de laquelle le ministre saoudien de la Défense a tenu ces propos avait rassemblé environ 15 experts du Moyen-Orient et des représentants de cinq organisations juives, à la suite de rencontres qui ont été organisées à la Maison Blanche avec des hauts responsables américains, la semaine dernière.
Selon Axios, ben Salmane a quitté Washington sans savoir quelles étaient les intentions finales de l’administration Trump à l’égard de l’Iran.
Vendredi, Trump a déclaré qu’il avait donné à l’Iran un délai pour conclure un accord, sans révéler la date limite de ce délai.
« L’Iran veut toujours conclure un accord. Mais le problème est de savoir quel type d’accord vous voulez conclure. Quel type d’accord l’Iran veut-il conclure et quel type d’accord les États-Unis accepteront-ils ? C’est une très bonne question, et nous ne voyons pas comment les choses pourraient aboutir à ce stade », a confié un responsable du Golfe à Axios.
Les propos de Trump ont été tenus alors que les États-Unis ont déployé d’importants moyens militaires au Moyen-Orient.
Selon des responsables américains, Trump examine ses options, mais il n’a pas encore décidé s’il allait frapper l’Iran.
Trump a menacé à plusieurs reprises d’intervenir si l’Iran continuait à tuer des manifestants dans le cadre de la répression des manifestations nationales contre le régime et contre le coût de la vie – un mouvement de protestation qui s’est depuis apaisé.
Les États-Unis ont expliqué qu’un accord avec l’Iran devra inclure l’interdiction des activités d’enrichissement d’uranium en Iran, le retrait de l’uranium déjà enrichi, un plafonnement des stocks de missiles à longue portée de la république islamique et un recul du soutien apporté par Téhéran à ses proxies dans la région — des conditions que Téhéran a d’ores et déjà déclaré ne pas accepter.
Le reportage d’Axios a aussi indiqué que le ministre saoudien de la Défense a rejeté les critiques formulées lors de la réunion qui laissaient entendre que Ryad s’éloignait d’Israël pour se rapprocher des Frères musulmans.
« Il a répété à plusieurs reprises que c’était absurde. Plus il le disait, moins cela semblait rassurant », a dit à Axios un participant à la réunion.
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