Le père d’un otage tué appelle à « toutes les sanctions » pour garantir le retour des dépouilles
Les parents d'un ancien soldat emmené en captivité ont aussi appelé la création d'une commission d'enquête nationale sur le 7 octobre lors du rassemblement hebdomadaire sur la place des Otages de Tel Aviv
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Samedi soir, des milliers d’Israéliens se sont rassemblés à travers le pays pour réclamer la restitution des dépouilles des 13 otages qui se trouvent toujours entre les mains du Hamas – ce qu’Israël considère comme une violation de l’accord de cessez-le-feu conclu entre l’État juif et le groupe terroriste, accord qui a mis un terme à la guerre à Gaza et qui a ouvert la porte à la remise en liberté des captifs.
Le rassemblement principal a eu lieu sur la place des Otages à Tel Aviv, où les proches des otages vivants ou décédés ont pris la parole. Alon Nimrodi, qui a récemment enterré son fils Tamir, soldat assassiné, après que son corps sans vie a été restitué dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, a appelé Israël à garantir le retour des 13 otages tués dont les corps sans vie se trouvent toujours dans la bande de Gaza.
Selon lui, le pays devra « recourir à toutes les sanctions possibles contre l’organisation terroriste du Hamas, qui a violé l’accord à maintes reprises, et exiger d’elle le plein respect de la première clause : le retour de tous les otages ».
« Je déteste dire que j’avais raison », a déclaré Nimrodi. « À chaque réunion à laquelle j’ai assisté avec des ministres, des membres de l’armée et du Shin Bet, et même avec des opposants à l’accord, j’ai dit, j’ai exigé qu’ils signent l’accord, et qu’ensuite nous nous occuperions du Hamas. J’ai dit que j’étais convaincu que le Hamas violerait immédiatement l’accord », dit-il. « Et j’avais raison. »
En vertu de l’accord négocié par les États-Unis, le Hamas devait relâcher les 20 derniers otages vivants dans les 72 heures suivant le retrait initial d’Israël le 10 octobre – ce que le Hamas a fait – et restituer les corps des otages tués, ou tout au moins fournir des informations les concernant. Israël a accusé le Hamas de retenir des dépouilles auxquels il a accès.
S’exprimant également sur la place des Otages, Noam Katz a estimé que « l’accord qui est sur la table n’est pas parfait, mais il est notre meilleure chance » de récupérer les derniers corps d’otages encore à Gaza, parmi lesquels celui de son père, Lior Rudaeff.
« Si les termes de cet accord ne se concrétisent pas, nous aurons abandonné une opportunité et nous retournerons à un cycle sans fin de sang versé », a-t-elle dit.
« Ces derniers jours ont été une torture », a confié Katz. « Certains jours, lorsque je me lève, mon corps refuse tout simplement de bouger. »
« Et pourtant je me lève, et je me bats pour avoir une tombe où me rendre », a-t-elle poursuivi. « Un endroit où déposer des fleurs, un endroit où parler. »
Sa prise de parole a suivi celle d’Anat et Hagai Angrest, dont le fils soldat Matan a été relâché, le 13 octobre, par le Hamas dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu qui a été conclu entre Israël et le Hamas à Gaza. Ils ont appelé, samedi soir, à la création d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui ont entouré le pogrom commis par le groupe terroriste sur le sol israélien, le 7 octobre 2023, et sur la conduite d’Israël lors des négociations de trêve qui ont suivi.
Remerciant les milliers de personnes qui étaient rassemblées sur la place des Otages à Tel Aviv, Anat, la mère de Matan, a confié qu’elle « respire enfin, en tant que mère, tout comme les mères des soldats au combat qui savent désormais que lorsqu’elles envoient leurs enfants se battre pour leur pays, celui-ci se battra aussi pour eux dans les moments difficiles — si nécessaire, même contre les décideurs messianiques qui ont accepté d’abandonner et de sacrifier ces courageux guerriers ».
« En tant que soldat au combat, Matan a été obligé de subir d’horribles interrogatoires dans les cachots des tunnels, alors qu’il était gravement blessé et qu’il saignait, alors qu’il est resté entre la vie et la mort pendant des mois », a expliqué Anat.
Matan a « respiré le dernier souffle » de ses trois camarades membres de l’équipage du char, qui avaient tous été tués le 7 octobre, et « ses yeux se remplissent de larmes » lorsqu’il se souvient que la dépouille de l’un d’entre eux, Itay Chen, se trouve toujours à Gaza, a-t-elle ajouté.
« Nous ne nous arrêterons donc pas, nous continuerons jusqu’à ce que tout le monde revienne », a dit Anat, qui a ajouté qu’un accord de cessez-le-feu conclu à temps aurait pu « sauver la vie des 44 otages » qui ont été tués pendant leur captivité.
« Nous appelons, nous aussi, à enquêter sur les événements du 7 octobre et à former une commission d’enquête nationale afin de comprendre pourquoi un nombre si démesuré de citoyens ont été assassinés, mutilés et enlevés », a-t-ele poursuivi. « Nous demandons l’ajout d’une clause supplémentaire afin d’enquêter sur la conduite des négociations et sur les décisions qui ont prolongé la plus longue guerre de l’histoire du pays ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté les appels en faveur d’une commission d’enquête nationale, affirmant qu’une telle commission serait partiale à son égard dans la mesure où elle serait placée sous l’autorité du système judiciaire, que lui-même cherche à affaiblir.
Mercredi, la commission du contrôle de l’État de la Knesset, où les membres de sa coalition détiennent la majorité, a rejeté la dernière tentative de l’opposition de former une commission d’enquête nationale.
Le militant pacifiste Maoz Inon, dont les parents, Bilha et Yakov Inon, ont été assassinés au kibboutz Netiv HaAsarah le 7 octobre 2023, a appelé à l’optimisme devant une centaine de personnes rassemblées devant l’entrée du quartier général de l’armée israélienne, sur Begin Road.
Il a déclaré que son défunt père était « le meilleur agriculteur du monde » et qu’il savait toujours que les choses allaient s’améliorer, quelle que soit la qualité des récoltes de l’année.
« L’année prochaine sera meilleure », a déclaré Inon, citant son père.
Il a ensuite fait l’éloge des « détenus des poubelles » – six opposants au gouvernement qui avaient été arrêtés pour avoir incendié des poubelles et pour avoir accidentellement mis le feu à une voiture aux abords de la résidence de Netanyahu à Jérusalem, le mois dernier.
Les six manifestants sont « en prison, prisonniers politiques d’un régime répressif », a dit Inon. « Mon cœur est aux côtés de leurs familles ».
« Mais mon cœur, qui s’est brisé en mille morceaux le 7 octobre, n’est pas seulement avec eux — mon cœur est aussi avec l’ami palestinien avec lequel mes enfants étaient au camp d’été organisé par le forum des familles en deuil », a-t-il ajouté, faisant référence au Parents Circle-Families Forum, qui rassemble des Israéliens et des Palestiniens qui ont perdu des êtres chers dans le conflit.
L’ami palestinien qu’il a évoqué, et qui est âgé de 15 ans, fait partie des 3 500 Palestiniens environ qui sont actuellement placés en détention administrative – une pratique qui permet aux forces de sécurité israéliennes d’incarcérer des Palestiniens, souvent pendant des mois, sans mise en examen, sans procès et sans accès à un avocat.
« Non aux arrestations politiques d’Israéliens ; non à la détention administrative des Palestiniens sous l’occupation israélienne », s’est exclamé Inon.
« Liberté pour tous, justice pour tous, égalité pour tous », a-t-il ajouté.
Son discours et les propos des autres intervenants ont été difficiles à entendre en raison d’un activiste pro-Netanyahu, qui, muni d’un petit micro, s’est querellé avec les manifestants, accompagné d’un jeune homme qui a filmé les affrontements pour les diffuser sur les réseaux sociaux. Des disputes qui ont continué après la dispersion de la manifestation.
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