Les agents de la police des frontières qui ont fait un barbecue sur leur base à Shabbat condamnés
La peine infligée aux quatre ambulanciers pour « atteinte à la religion et au judaïsme » aurait été réduite de moitié suite aux protestations de leurs proches et d'hommes politiques
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Quatre agents de la police frontalière ont été condamnés à deux semaines de prison militaire pour « atteinte à la religion et au judaïsme » après avoir fait un barbecue sur la base pendant le Shabbat, selon les médias israéliens.
La peine aurait été raccourcie à une semaine suite au tollé de leurs proches et de l’indignation qui a été exprimée par certains hommes politiques.
Les agents en question, qui sont ambulanciers de combat dans une base d’entraînement de l’implantation de Beit Horon, en Cisjordanie, seront libérés lundi et ils retourneront à leur poste, a rapporté jeudi la chaîne N12.
Selon les informations israéliennes, c’est un sous-officier religieux qui a surpris les quatre agents en train de faire un barbecue le vendredi soir, il y de cela deux semaines, dans une zone de la base située loin des casernements.
Selon la halakha – la loi rituelle juive – il est interdit de cuire des aliments ou d’allumer un feu le jour de Shabbat, qui commence au coucher du soleil le vendredi et qui se termine à la tombée de la nuit, le samedi suivant.
Les ambulanciers ont immédiatement éteint le barbecue, a rapporté le diffuseur public Kan.
Le sous-officier a signalé les ambulanciers au rabbin de la base, suite à quoi un officier supérieur les a condamnés à trois semaines de prison militaire à Beit Lid – une peine qui a été réduite de deux semaines dès le lendemain dans le sillage d’un appel, apprend-on de source israélienne.
Lors du procès, l’un des ambulanciers a fait part de ses regrets tout en ajoutant que la sanction était excessive et que ses compagnons et lui-même ignoraient qu’il était interdit de faire des barbecues sur la base le jour de Shabbat, lit-on dans Haaretz.
Keren Peretz, la mère de l’un des ambulanciers détenus, a déclaré à Kan : « Mettre quelqu’un en prison [pour cela] est disproportionné. Pour moi, la prison est réservée aux criminels, ce qu’ils ne sont pas du tout. »
Lors d’une petite manifestation qui a eu lieu devant la prison de Beit Lid mercredi, Peer Elazar, le père de l’un des ambulanciers, s’est adressé à sa fille par mégaphone, en disant « Vous avez juste fait un barbecue » alors que les supérieurs « ont commis un crime ».
« Au final, ils seront punis. Nous nous en assurerons », a dit Elazar.
Le député Gilad Kariv, membre du parti de gauche HaDemocratim et par ailleurs chef du lobby informel des libertés religieuses de la Knesset, a vivement critiqué cette sanction en écrivant mercredi sur X qu’« Israël n’est pas un État régi par la halakha « , ajoutant qu’un membre de la police des frontières n’a pas le droit de punir des agents en raison de dites ‘atteintes à la religion et au judaïsme’. »
Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a également écrit jeudi que les ambulanciers devaient être graciés.
« Le judaïsme n’est une chose qui s’applique de force, par des menaces et des arrestations, dans l’État d’Israël », a écrit Lapid. « Le judaïsme est ce qui nous relie et fait de nous un pays. »
Dans un communiqué cité par Haaretz, la police des frontières a déclaré que les ambulanciers avaient « agi à l’encontre des directives et des procédures, sur la base et en public ».
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