Les doyens d’université doivent s’engager à écarter la politique des campus, dit Kisch
Le ministre de l'Éducation brandit la menace d'un projet de loi accordant au gouvernement le contrôle des budgets des universités si elles ne se conforment pas ; les doyens dénoncent une "manœuvre électoraliste"
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Mercredi, le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a exigé que les doyens d’université s’engagent par écrit à interdire toute propagande politique sur les campus. Il a également menacé de faire adopter une loi prévoyant des sanctions financières à l’encontre de leurs établissements en cas de refus de cette mesure.
L’Association des doyens d’université, qui fédère les universités du pays, a annoncé qu’elle s’opposerait à cette demande, qu’elle a qualifiée de manœuvre électoraliste de la part de Kisch.
Des tensions persistent entre le gouvernement et certains responsables universitaires, qui contestent des mesures controversées qui ont été adoptées par la coalition ultra-conservatrice du Premier ministre Benjamin Netanyahu – parmi lesquelles la tentative de destitution de la procureure générale Gali Baharav-Miara et le vaste projet gouvernemental de refonte du système judiciaire.
Aux termes de la proposition défendue par Kisch, les présidents d’université s’engagent à « s’abstenir d’exprimer des opinions politiques ou de prendre des mesures institutionnelles à caractère politique » ainsi qu’à « veiller à ce que les activités des établissements ne soient pas perturbées, interrompues ou paralysées par des grèves motivées par des divisions ou des campagnes politiques ».
Dans une déclaration, Kisch a mis en garde les responsables universitaires : s’ils refusent, le gouvernement « promulguera un projet de loi porté par Avihai Boaron, député du Likud, qui consacrera dans la loi les limites des activités politiques autorisées sur les campus et qui, si nécessaire, annulera leurs budgets ».
Kisch a recommandé aux dirigeants universitaires désireux de promouvoir un programme politique de « donner leur démission et de se présenter aux élections ».
En réponse, l’Association des doyens d’université a déclaré : « Nous ne permettrons pas au ministre de mêler le monde universitaire à sa lutte pour sa survie politique. »
L’association a souligné que Kisch ne l’avait pas contactée avant de transmettre sa lettre aux médias, ajoutant : « Nous n’accepterons en aucun cas que la liberté d’expression et d’action soit restreinte, ni que l’indépendance de l’enseignement supérieur soit compromise. »
Il est regrettable, a-t-elle poursuivi, « qu’à l’heure où l’enseignement supérieur est victime de boycotts internationaux, le ministre choisisse de le fragiliser de l’intérieur à des fins électorales, dans l’espoir de récolter des voix aux primaires ».
Des élections nationales doivent se tenir en Israël au plus tard en octobre de cette année.
Selon le site Ynet, qui a cité des sources anonymes de l’enseignement supérieur, Kisch aurait, ces derniers mois, tenté de faire échouer le projet de loi, avant de revenir sur sa position – pour des raisons obscures, apparemment liées aux primaires.
Présentée en juillet, la proposition de loi de Boaron permettrait à l’État d’exercer un contrôle accru sur la supervision académique et sur les budgets universitaires. Le gouvernement disposerait d’un contrôle sur le Conseil de l’enseignement supérieur. Le ministre de l’Éducation verrait, quant à lui, ses pouvoirs budgétaires renforcés. Il aurait également la possibilité de remplacer les membres du Conseil de l’enseignement supérieur à l’issue des prochaines élections.
La commission des Lois devait débattre de cette proposition de loi en janvier, mais elle n’a finalement pas donné suite face à la ferme opposition de Kisch, a rapporté le quotidien Haaretz.
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