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Opinion

Les États-Unis et Israël avaient fixé des objectifs de guerre ambitieux, vitaux : aucun n’a été atteint

Les combats cessent alors que le président américain salue ce qui n’est qu’une victoire tactique et il espère, contre toute attente, conclure un accord afin d’imposer ses conditions à un régime iranien affaibli - mais enhardi

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

De gauche à droite: Le président américain Donald Trump, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major interarmées, le général Dan Caine, quittent la salle de presse James S. Brady de la Maison Blanche après s'être exprimés sur le conflit en Iran, le 6 avril 2026, à Washington, DC. (Crédit: Brendan SMIALOWSKI / AFP)
De gauche à droite: Le président américain Donald Trump, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major interarmées, le général Dan Caine, quittent la salle de presse James S. Brady de la Maison Blanche après s'être exprimés sur le conflit en Iran, le 6 avril 2026, à Washington, DC. (Crédit: Brendan SMIALOWSKI / AFP)

En lançant, le 28 février, ce qui avait été initialement décrit comme une campagne « préventive » contre l’Iran, les États-Unis et Israël s’étaient fixé une série d’objectifs très ambitieux et, in fine, vitaux. Hélas, alors que le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu et qu’il a revendiqué la victoire, 39 jours plus tard – dans un contexte de succès tactique significatif, certes, mais aussi de planification stratégique insuffisante – force est de reconnaître qu’aucun de ces objectifs n’a été atteint.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a encouragé un Trump qui était manifestement disposé à le suivre à entrer en guerre afin de bloquer définitivement la route à l’armement nucléaire d’un régime vicieux et rapace, avec la volonté de détruire les capacités de la république islamique en matière de missiles balistiques, de démanteler ses proxys et de déjouer ses activités terroristes dans le monde. Et le président a indiqué qu’il restait déterminé à atteindre tous ces objectifs dans le cadre d’un accord de paix « à long terme » en plusieurs points, accord qui est désormais censé faire l’objet de négociations.

Mais pour le moment, l’objectif de guerre qui était le plus important — garantir que ce régime ne pourrait jamais se doter de l’arme atomique — n’a pas été atteint. La « base industrielle » de l’Iran, dans le domaine du nucléaire, a été davantage affaiblie, c’est vrai – mais le régime conserve son stock enfoui d’uranium hautement enrichi. Il pourrait même être aujourd’hui plus enclin à tenter de se doter de la bombe, avec une détermination accrue à détruire Israël. Il pourrait être dorénavant fermement décidé à devenir plus invulnérable encore face à de futures agressions.

De même, si ses capacités en matière de missiles balistiques, capacités qui englobent tous les éléments de fabrication nécessaires, ont été considérablement amoindries — Netanyahu et le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth ont tous les deux affirmé que la république islamique n’était pas capable de construire un plus grand nombre de missiles à l’heure actuelle — le régime a montré qu’il était en mesure de continuer à lancer des attaques tout au long de la guerre, prenant pour cible Israël et ses voisins du Golfe, utilisant également des armes à plus longue portée et des ogives et autres bombes aux effets meurtriers variés.

Au Liban, son proxy, le Hezbollah, a pilonné sans relâche le nord d’Israël, se révélant beaucoup plus puissant que ce que les habitants avaient pu croire après les succès qui avaient été remportés par Tsahal en 2024. Le Hamas s’est tenu à l’écart du conflit, poursuivant discrètement sa renaissance à Gaza, l’attention d’Israël étant principalement tournée vers d’autres fronts.

Trump et Netanyahu s’étaient aussi également fixé pour objectif de créer un climat propice au soulèvement de la population iranienne et au renversement ultime du régime. Toutefois, comme Trump l’a lui-même reconnu cette semaine, les choses sont restées beaucoup trop dangereuses pour les Iraniens qui savaient qu’ils seraient abattus s’ils osaient descendre dans les rues – comme cela a été le cas de dizaines de milliers d’autres avant eux.

Des manifestants pro-gouvernementaux iraniens brûlent les drapeaux américain et israélien lors d’un rassemblement organisé après l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines dans la guerre contre les États-Unis et Israël, sur la place Enqelab-e-Eslami, ou place de la Révolution islamique, à Téhéran, en Iran, le mercredi 8 avril 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Pourtant, le président Trump – perdant le soutien des Américains, ayant sous-estimé la crise énergétique mondiale que l’Iran pourrait provoquer en prenant illégalement le contrôle du détroit d’Ormuz – a affirmé que l’ancien régime avait disparu et qu’il négociait avec de nouveaux leaders iraniens, avec des dirigeants différents.

Et Netanyahu, à la tête d’un Israël qui a perdu le soutien y compris aux États-Unis, qui marche toujours sur la corde raide avec Trump, n’a vu d’autre alternative que de se rallier avec prudence.

Les jeux sémantiques de Trump sur les anciens et les nouveaux régimes symbolisent le plus grand danger en ce moment crucial et décisif. Les combats ont été suspendus de manière fragile – la république islamique continuant d’opprimer son peuple et de chercher à détruire Israël, enhardie par le fait d’être parvenue à survivre à une attaque menée par la plus grande puissance militaire du monde, et sans accords contraignants mis en place pour garantir qu’elle ne pourra pas reconstituer ce qu’elle a perdu.

Et pourtant, le président américain affirme au monde, et à lui-même, qu’il traite actuellement avec des gens « raisonnables » — qu’il a d’ailleurs reçu de leur part « une proposition en dix points », qu’il estime être « une base viable pour négocier », et qu’il espère qu’une période de cessez-le-feu de deux semaines « permettra de finaliser et de conclure l’accord ».

Dans un autre message qui a été diffusé à une heure tardive, dans la nuit de mardi à mercredi, Trump a écrit que ce cessez-le-feu marquait « un grand jour pour la paix mondiale ! L’Iran veut que cela se produise, ils en ont assez ! Tout comme tout le monde d’ailleurs ! »

C’est finalement ce « tout le monde », dans ce message, qui est le plus troublant – et le plus révélateur.

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